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En Thaïlande vient de se dérouler un coup d’Etat dans la tranquillité. C’est-à-dire « sans effusion de sang ». Mais comme dans tout coup d’Etat, les militaires sont désormais au pouvoir.

D’après la presse, ils ont étendu leur pouvoir de Bangkok à l’ensemble de la Thaïlande. Ils promettent un retour à la démocratie. Le général Sonthi Boonyaratglin dirige le nouveau conseil militaire.

Pour tous, ce coup d’Etat a bénéficié de l’assentiment du roi Bhumibol Adulyadej. Le conseil militaire a démenti que le roi soit à l’origine ou derrière le coup d’Etat. Il se retranche sur le fait que “l’armée a agi conformément aux vœux de la population.” Ce coup d’Etat est d’autant plus acceptée que le « Prime Minister Taksin Shinawatra n’est que très peu populaire », affirme un de mes étudiants sur place. Celui-ci était à l’ONU pour l’Assemblée Générale et est arrivé à Londres.

La constitution a été abrogée. Le Sénat, la Chambre des représentants et le gouvernement, sont dissous. Le Conseil militaire a interdit tout rassemblement de plus de cinq personnes. Les frontières avec les pays voisins (Laos et la Birmanie) sont fermées. Selon les agences de presse, Chidchai Vanasathidya, le vice-premier ministre, considéré comme un fidèle lieutenant de M. Thaksin, était détenu au quartier général de l’armée depuis mardi soir.

Les états du bloc occidental ont condamné ce coup d’Etat (Etats-Unis, Union européenne, Australie et Nouvelle-Zélande).

La Thailande est à son dix-huitième depuis l’instauration de la monarchie constitutionnelle, en 1932. Cette pratique qui devient courante s’appelle pudiquement une « Réforme » localement.

Le Roi ne joue aucun rôle politique mais est le bon père, généreux et intouchable des Thaïlandais. Il aurait sans aucun doute participé de près ou de loin à l’opération, ou tout du moins l’aurait cautionnée. Mais c’est quasiment une obligation politique. Ceci dit, en France, quand on veut changer de gouvernement, à défaut d’envoyer les chars, on envoie les manifestations! C’est culturel dirons nous… telle est la réflexion de l’un de mes étudiants.