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De quel savoir s’agit–t-il ? Telle est la question fondamentale que pose Boutros Boutros-Ghali au cours de la conférence qui avait pour titre « Le partage du savoir, toujours pour demain ? ». Savoir du Sud, savoir du Nord, …..en est le sous titre.

Boutros Boutros-Ghali s’inquiète d’une colonisation intellectuelle et culturelle, un envahissement du nord par leurs savoirs, leurs cultures. Il étaye sa démonstration par quelques chiffres. Les pays les moins avancés ne disposent que de 10% des ingénieurs et que de 5% des ordinateurs. Il en rajoute en affirmant que même l’Europe est touchée par cette domination. Le cinéma américain détient une part de marché de 70% en Europe.

L’ancien patron de l’ONU propose trois actions. Il faut d’abord combattre la disparité et valoriser la diversité. La deuxième consiste à assurer une meilleure coordination de l’aide du nord vers le sud. Enfin, il s’agit de favoriser la diffusion des cultures du sud vers le nord.

La réponse de Jacques Attali est un peu différente. Le savoir a été un instrument, Jacques Attali laisse sous-entendre qu’il s’agit d’un savoir de domination. Pour lui, il n’y a pas de « savoir pur » et le savoir a été en premier lieu un savoir religieux, militaire et économique. Aujourd’hui, certains savoirs sont plus ou moins utiles. En revanche, il y a un socle commun de savoir de l’humanité, mais il n y a pas de savoir du nord ou du sud. L’essayiste fait remarquer que le Sud revendique la création du savoir.

Source : Entretiens du XXIe siècle, sur le thème : « le partage du savoir, toujours pour demain ? », UNESCO, Paris, 25 septembre 2006