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CORTIÇOS est un spectacle inspiré du roman “O Cortiço”, d’Aluísio Azevedo, il a été joué par la Cie. Luna Lunera  pendant SIANA 2009 à Brésil.

Voici le résumé

À la fin du XIXe siècle, les “cortiços” étaient une façon d’agglomérer

des logements précaires pour accueillir les populations défavorisées :

un ancêtre de la ‘favela’ dans les bas-quartiers de Rio de Janeiro.

Accueil du public. Pombinha est une jeune femme qui écrit des lettres dictées par d´autres personnes. Pudique, elle se soumet à l’éducation conservatrice de sa mère.

Prologue – Aube dans le “cortiço”. Pombinha parle de son quotidien « toujours en dehors de ce monde ». Son nom signifie “petite colombe”. Elle sait écrire, ce qui n’est pas le cas de la majorité des autres habitants du “cortiço”. Tous chantent la chanson Alvorada (“Aube”, une samba du compositeur brésilien Cartola). « L’aube sur le contreforts du bidonville, quelle beauté ! Personne ne pleure. Il n’y a pas de tristesse. Personne ne sent les déceptions… »

Scène I – La Genése. Le Diable narre la création du Monde et de l’Homme, du “cortiço” et… des quartiers aisés : « Dans cette solitude insupportable, Il (Dieu) voulait créer quelque chose de différent (…) » Il chante une version sui generis de la samba de carnaval Aquarela Brasileira (“Aquarelle Brésilienne”, de Silas de Oliveira), qui énumère les beautés du Brésil. « Voyez ce merveilleux décor. C’est un épisode mémorable, qu’un artiste, dans un rêve génial, a choisi pour ce Carnaval. Et la rue, comme un podium, sera une toile : le Brésil à la façon d’une aquarelle. » Dieu annonce : « Et Dieu a créé le monde en écoutant de la samba ! »

Scène II – Le “cortiço ” et ses multiples personnages. L’acteur qui interprète « Dieu » jouera aussi João Romão, un commerçant venu du Portugal. Il était pauvre, mais très astucieux et ambitieux. L’acteur qui a joué « le Diable » fera aussi la cuisinière Bertoleza, qui vit en concubinage  avec  João Romão.  Elle pense qu’elle est ex-esclave,  affranchie par João Romão.

« L’ Homme » deviendra le Portugais Jerônimo. Sa femme s’appellera Piedade de Jesus. Ils s’installent à la maison numéro 35. João Romão, propriétaire du “cortiço” et d’une carrière de pierres, commente la vie des nouveaux habitants avec Bertoleza: « C´est une blanchisseuse compétente. C´est un homme très fort et dévoué qui pourra travailler à la carrière… »

Scène III – Le travail dans le “cortiço”. Jerônimo et Piedade se rappellent les symboles de leur terre indigène et, ensuite, chantent l’hymne du Portugal. Ils travaillent ainsi que João Romão et Bertoleza. Loin de Bertoleza, João comptabilise leurs gains et rêve d´une vie meilleure. Près d’elle, il se lamente à cause de sa supposée misère.

Scène IV – Les blanchisseuses. Tous les acteurs jouent aussi les blanchisseuses et commentent la vie des habitants du “cortiço”. L’eau est leur bien le plus précieux et ainsi que pour João Romão, propriétaire de la buanderie. Pombinha est déjà fiancée, mais ne se mariera pas tant qu’elle n’aura pas eu ses premières règles. On parle aussi du voisin de la haute société, M. Miranda, qui est devenu baron.

Scène V – Solitude. Pombinha commente la “solitude” des personnages et même la solitude du public. L’acteur au haut de l’escalier préfère parler de ce qu’il considère “sérieux” aujourd’hui.

Scène VI – Dimanche au “cortiço”. Un déjeuner au “cortiço” dans un climat de fête. La samba. Tous s’entraînent pour le Carnaval.

Scène VII – “Saudade”. Face à la culture brésilienne, Jerônimo manifeste de la nostalgie (on dit saudade en portugais) de sa patrie. João Romão n’en ressent aucune. Les acteurs énumèrent leurs nostalgies personnelles et des gens qui leur manquent beaucoup. Pombinha lit une lettre de Bruno, l’un des habitants du “cortiço” qui regrette de s’être séparé de sa femme, qui l’avait trahi.

Scène VIII – “Saudade” de Rita Baiana (femme originaire de l’Etat de Bahia). Rita sera jouée ici par le même acteur qui a joué Bertoleza et le Diable. Cette femme habite de temps en temps au “cortiço” et ensorcelle Jerônimo avec la samba et sa danse séduisante. Jerônimo délire sur les mystères de la terre brésilienne, totalement amoureux de la belle Rita Baiana.

Scène IX – La lettre de Piedade. Piedade essaye de sortir Jerônimo de son délire amoureux. La chanson Acontece commence (“Ça arrive”, de Cartola). « Oublie notre amour, je t’en prie… Parce que cela arrive dans la vie… » Pombinha lit l’une des lettres dictées par le public dans le prologue. Piedade demande à Pombinha d’écrire une lettre à Dieu en parlant de la froideur de son mari. João meurt de jalousie de la réussite du baron.

Scène X – Rita et Jerônimo. Jeu de séduction, relation et Rita domine Jerônimo. Le Diable réapparaît et raconte que Jerônimo préfère la mulâtre Rita à sa femme blanche Portugaise.

Scène XI – Désespoir de Piedade. Dieu incite Piedade à danser désespérément la samba pour reconquérir son homme. « Danse, femme ordinaire, avec déchanché, avec langueur… »

Scène XII – Les règles de Pombinha. Pour la première fois, Pombinha monte sur la scène centrale et raconte des épisodes tragiques du “cortiço” en présence de sa marraine, la courtisane Léonie (personnifiée par trois acteurs). Léonie harcelle sexuellement Pombinha. Pombinha va enfin avoir ses premières règles.

Scène XIII – L’Apocalypse. La décadence du “cortiço”. Pombinha se lance dans cette vie dissolue. Elle deviendra aussi courtisane. Jerônimo assimile les habitudes de certains Brésiliens paresseux, les plaisirs de la chair et sombre dans l’alcool. Piedade se noie dans sa désillusion. João veut se débarasser de Bertoleza pour se marier avec la fille du baron. Bertoleza revendique ses droits. Après avoir découvert qu’elle est toujours esclave, elle préfère se suicider au lieu de se rendre à la police. Le Diable réapparaît et réfléchit sur cette mort. « Dieu est effrayé lorsqu’il voit que sa création n’était pas si bonne. Ceci l’amène à créer la mort, pour ravir de nos regards le caractère de la perfection absolue. Après la mort, nous deviendrons nous aussi une image au regard des survivants. C’est le regard de la mort qui détruit le corps et qui transforme le corps en image. »

Scène XIV – Ascension de João Romão. Comme un dieu, João Romão donne des ordres au “cortiço” : « Je veux de la propreté ici ! ». Mais la vie recommence… On écoute à nouveau une samba, Amor Proibido (“L’Amour Interdit”, de Cartola.) « Tu sais que je vais partir avec les yeux remplis d’eau et avec le coeur brisé. »