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Le film commence par des rencontres entre femmes et se prolonge par « le manifeste de 343 salopes ». La rencontre avec Gisèle Halimi et la jeune mère est parfois houleuse. « Ce sont des hommes qui vont nous juger, et ce n’est pas le procès des hommes mais celle d’une loi ». Juin 1971, un avortement a lieu.

Le constat a commencé avec cette marche internationale de 1971. Elle rassembla des millions de femmes A cette époque, Angleterre et Suisse permettaient l’avortement. Les Etats-Unis avaient aussi une loi permissive. Quel changement pour toutes avec cette loi. Elle datait de 1920. La loi de 1920 criminalisait l’avortement et réprimait toute propagande contraceptive.

Bravo à ces femmes, et surtout à la mère et à la petite Lea. Dans la réalité, c’est la relaxation de Marie-Claire Chevalier, obtenue le 11 octobre 1972. Le soutien des grands professeurs, comme le professeur Jacques Monod avec sa démonstration toute scientifique. Le professeur Paul Milliez, catholique croyant, six enfants, était touché par les femmes pauvres, mortes des suites d’avortements clandestins. Thème de la différence entre les pauvres et les riches traités par l’avocate Gisèle Halimi.

Les interventions des scientifiques au procès de Bobigny sur l’avortement en novembre 1972 ont été déterminantes. En février 1973, le manifeste des 331 médecins est publié. Ils affirment avoir pratiqué des avortements, et défièrent la loi. En 1973, la fondation du “Mouvement pour la libération de l’avortement et de la contraception” (MLAC) aboutit en 1974 à une réforme de la loi de 1967. Le remboursement de la contraception par la Sécurité sociale et la suppression de l’autorisation parentale pour les mineures rendent la contraception possible.

Le 26 novembre 1974 Simone Veil, ministre de la santé, présentait à l’Assemblée le projet de loi sur l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). le 17 janvier 1975 est celle de la promulgation de la “loi Veil” pour une période de cinq ans. Elle ne sera reconduite à titre définitif qu’en 1979. En 1982, la “loi Roudy” instaure le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale. En 2001, un réforme de la loi de 1975 par Martine Aubry fait passer le délai de recours à l’IVG de dix à douze semaines et autorise les mineures à obtenir une IVG sans autorisation parentale, mais accompagnées d’un adulte de leur choix.

En 1988, l’autorisation de la pilule abortive RU 486 montre un vrai tournant. Son usage, très encadré, est réservé à des centres agréés. En 1999, la “pilule du lendemain”, le contraceptif d’urgence Norlevo est mis en vente libre. Il faudra attendre 2004 pour qu’un décret autorise l’IVG médicamenteuse par la Mifégyne (ex RU 486) en dehors des structures hospitalières.

Des médecins et des structures de soins s’opposent à l’avortement. La “loi Neiertz” de 1993 crée le délit d’entrave à l’IVG . Les premières peines de prison sont prononcées contre les membres d’un commando “anti-IVG “.

Le seul écran de référence à la loi Veil me semble insuffisant pour bien montrer l’évolution. Ils seraient bien que les jeunes se servent de cette loi, non pour combattre seulement la loi, mais pour obtenir des emplois.

Complément d’information :

Il y aurait actuellement 220 000 avortements par an en France.

Jacques Monod, né en 1910 est mort le 31 mai1976 à Cannes. Il n’aura pas vu l’impact de l’application de la loi.

Jacques Chirac, en 1974, affirmait : “L’IVG, c’est une histoire de bonnes femmes. Qu’elles se débrouillent !” (source : Maurice Szafran dans « Simone Veil, un destin »).

Paul Milliez n’est pas à confondre avec Jacques Milliez, qui participe actuellement au débat sur ce sujet

Paul Milliez (1912-1994) est un spécialiste mondialement connu de l’hypertension artérielle. Il fut doyen honoraire de la faculté Broussais-Hôtel-Dieu et aussi médecin engagé dans la Résistance, le combat pour l’avortement et contre toutes les intolérances.

Le film a été présenté par France Télévision le 3 avril 2006

Biographie :

Milliez Paul, Ce que j’espère, Odile Jacob, novembre 1989, 224 pages, ISBN 2-7381-0076-7

Milliez Paul, L’euthanasie du foetus : médecine ou eugénisme?, Paris : O. Jacob, 1999. 288 p, ISBN 2-7381-0682-X.

Monod Jacques: Le hasard et la nécessité. Essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne. Paris, Le Seuil, 1970 -ISBN 2020006189