Bruno
SALGUES



 
Le "bon usage"

Chaque période de l'histoire a fait naître des notions de bon et de mauvais. Au XVII iéme siècle, le "bon usage" a été défini à la Cour en forte réaction à la vulgarité et la grossièreté existante sous le règne d'Henri IV.

Au XVIII iéme siècle, las des raffinements et des exactions de la civilisation, les intellectuels ont célébré le mythe du bon sauvage. Au XIX siècle, on a mis en avant la "bonne guerre". AU XX siècle, Valérie Giscard D'Estaing lança, le 17 Janvier 1978, dans le discours de Verdun sur le Doubs, l'expression devenue célèbre "le bon choix".


Le grammairien Vaugelas a formalisé dans son célèbre ouvrage, "Remarque sur la langue française" paru en 1647 ce que devait être le bon usage en particulier dans la langue.
"Il est nécessaire d'expliquer ce que c'est que cet usage dont on parle et que tout le monde appelle le roi ou le tyran, l'arbitre ou le maître"

"Il y a sans doute deux sortes d'usages, le bon et le mauvais. Le mauvais se forme du plus grand nombre de personnes, qui presque en toutes choses n'est pas meilleur, et le bon au contraire est composé non pas par la pluralité, mais de l'élite des voix, et c'est véritablement celui qu'on nomme le maître des langues, celui qui faut suivre pour bien parler et pour bien écrire en toutes sortes de style, si vous en exceptez le satirique, le comique en sa propre et ancienne signification, et le burlesque, qui sont d'aussi peu d'étendue que peu de gens s'y adonnent. Voici donc comment on définit, c'est la façon de parler la plus simple partie de la Cour, conformément à la façon d'écrire de la plus sainte partie des auteurs du temps".
"Ce qui est bon maintenant sera mauvais dans quelques années, et ce qui est mauvais sera bon."

Paul Hazard, dans" la pensée européenne au XVIII iéme siécle", affirme que le "bon sauvage sortait des mains de la nature. Il ajoute : "on voulait, hélas!, lui imposer les coutumes absurdes des Européens"