Bruno
SALGUES



 
Aurez-vous besoin d'un téléphone UMTS ?

Mis en ligne sur le site web ORT du sénateur Trégouet, www.tregouet.org, lettre numéro 130 du 20 au 26 Janvier 2001

"Comment vivre aujourd'hui sans son portable GSM ? Un Français sur deux en possédait un fin décembre 2000, selon l'Autorité de régulation des télécoms (ART). Enorme succès pour cette norme européenne qui, en France, il y a cinq ans exactement, n'avait conquis, toujours selon l'ART, que 2,2 % de Français. Le GSM a rendu la voix mobile pour moins de 200 francs par mois. Mais les opé rateurs de télécommunications s'apprêtent à lancer de nouvelles normes, le GPRS (General Packet Radio Service), un GSM amélioré, dès cette année, mais surtout, l'UMTS (Universal Mobile Telecommunications System), dès 2002, norme de « troisième génération » (3G). Le terminal UMTS sera à la croisée des chemins du PC (Internet et les hauts débits) et de la voix. En théorie, ce devrait être une merveille d'engin. Mais en pratique, à 800 francs le forfait mensuel au début de cette technologie, selon Bruno Salgues, chercheur à l'Institut national des télécoms (ou 400 francs, selon les analystes de l'Idate), accepterons-nous de troquer un GSM qui rend vaillamment ses services de voix contre un objet plus lourd, qui offrira la connexion Internet dont nous disposons déjà sur notre PC ? Sans compter que les Européens restent sur une première expérience In ternet mobile malheureuse, celle du GSM-WAP. L'UMTS, en aurons-nous donc tout simplement besoin ? Tous les opérateurs de télécoms européens engagés dans l'obtention d'une licence (chaque pays de l'Union en accorde entre 3 et 6) sont pourtant forcés, et à cours terme, d'imposer l'innovation technologique au marché. La Commission européenne a en effet pressé les régulateurs des télécommunications nationaux de délivrer les licences d'ici à 2002 (l'ART doit désigner les quatre futurs opérateurs UMTS français dès le 1er juin 2001). Cette nouvelle norme, les opérateurs vont devoir la rendre indispensable car elle va leur coûter fort cher. La seule obtention des licences ponctionnera les opérateurs européens de presque 950 milliards de francs, selon la Banque de France. Et encore les quatre candidats français déclarés, France Télécom, Cegetel, Bouygues Telecom et Suez-Lyonnaise des eaux, auront-ils la chance de n'avoir pas eu à décrocher leur licence aux enchères, comme ce fut le cas au Royaume-Uni et en Allemagne l'année dernière. Chaque réseau UMTS devrait coûter environ 13 milliards d'euros, selon Lars Godell, spécialiste du secteur au cabinet Forrester. Enfin, les opérateurs vont se trouver dans une situation compétitive délicate. Ils devront d'abord composer avec la concurrence du GPRS, qui, pour n'être qu'une étape vers l'UMTS, permettra aussi, avec un débit d'environ 100 kbits/s, la connexion mobile à Internet, et risque de lui faire une ombre fatale. Difficile de se relever de pareille analyse. Et pourtant, les opérateurs n'en mourront pas, au pis, ils se feront racheter. Les pouvoirs publics leur viendront probablement en aide, en multipliant les allégements fiscaux, comme vient de le faire le gouvernement français. Pour limiter les dégâts, profiter d'un marché des services 3G, tout de même évalué à 164 milliards de dollars par l'UMTS Forum en 2010, les futurs acteurs 3G devront pourtant trouver des services vraiment « dé coiffants ». La géolocalisation de l'abonné et la fourniture de services de proximité sont souvent évoqués comme des applications majeures".

 

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