Bruno
SALGUES



 
L'UMTS a-t-il un mobile ?

Mis en ligne le 29 Janvier 2001 par Solveig Godeluk

Extrait de l'article : L'UMTS a-t-il un mobile ?

Dossier : Les fausses promesses de l’UMTS

Les applications de la téléphonie mobile de troisième génération restent à découvrir et les modalités de facturation à inventer. C’est un marché prometteur pour les start-ups.

"Pas d'application qui tue

Sur l'i-Mode, les applications qui marchent le mieux (on parle de killer applications) n’ont rien de faramineux. Pour deux dollars par mois, on peut recevoir un cartoon chaque jour, s’abonner à des jeux, choisir de nouvelles mélodies pour les appels… Ce n’est pas très high-tech, mais c’est ludique. Rien à voir avec ce que promettent les opérateurs européens, qui ont une vision bizness de l’UMTS. D’après Paul Amsellem, trois catégories de services vont trouver leur public : "D’abord, l’urgence, pour laquelle il faudra réserver de la bande passante, donc payer un supplément. Cela concerne les secteurs de la finance, de la santé, bref, tout ce qui est alerte au sens large. Ensuite, les temps de friction : loisirs, transports en commun, week-end, pendant lesquels on se sert de son mobile pour le plaisir ou pour l’information personnelle. Et enfin, le champ professionnel, avec visioconférence, e-mail, travail collaboratif…" Tout cela est bien beau, mais cela manque terriblement de killer app. Certains prétendent qu’il s’agira de la géolocalisation, c’est-à-dire la capacité à déterminer la position d’un mobinaute par rapport à l’emplacement des cellules téléphoniques. " Je suis dans la voiture, mon téléphone est connecté à un grand écran, je cherche un bon resto… le trois étoiles le plus proche m’envoie justement une bannière publicitaire ! ", s’enthousiasme Alain Blancquart. À d’autres, cela fait l’effet d’une douche froide. Etre pisté ainsi par les opérateurs en cheville avec les marchands n’a rien de rassurant pour la protection de la vie privée. Il est à parier que les Européens se mobiliseront contre le développement de tels services. Sauf exceptions – Alain Blancquart cite le pacemaker UMTS, qui analyse les battements de cœur, localise le malade et avertit le service hospitalier en cas de malaise. Une autre killer app potentielle ? Le télépaiement sur un terminal mobile semble alléchant, quoique rarement évoqué. Selon Bruno Salgues de l’Institut national des télécommunications, cette pratique ne gagnera pas beaucoup de mobinautes : "Il faudrait un accord entre les banquiers et les opérateurs pour faire de la carte SIM une carte bancaire. Sinon, avec les terminaux bifentes, il y a trop de possibilités de fraude." Difficile de croire que l’establishment bancaire se prêtera à la manœuvre. "

 

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