Bruno
SALGUES



 
Trois questions à …

Mobiles Filaires, numéro 43, Décembre 2000

Trois questions à … Bruno Salgues

Enseignant-chercheur à l'Institut national des télécommunications

DMF : Tous les services annoncés seront-ils techniquement réalisables ?

BS : Je ne crois pas. On fait rêver le public en annonçant des débits proches de 2Mbit. On peut espérer, dans les meilleur des cas, 384 kbits en position fixe dans une zone très bien couverte, c'est à dire dans des conditions optimales. De fait, ces limites techniques qu'un représentant de NTT DoCoMo a d'ailleurs soulignées récemment, ne permettront pas de déployer les mirifiques services multimédias qu'on nous promet. N'annonçons pas ce que nous serons pas capables de mettre en œuvre.

DMF : Quels sont les services qui, selon vous, ont un véritable avenir ?

BS : Je pense que les applications " communautaires ", celles qui permettront une communication autre que vocale entre porteurs de mobile, en mode synchrone (messageries instantanées, chat) ou asynchrone (SMS, e-mail), seront parmi les plus utilisé. Le trafic généré sera porteur de recettes pour autant qu'on résolve les problèmes de facturation qui ne manqueront pas de se poser. Quant aux services offerts par des fournisseurs de contenus, ils ne seront pas rentables pour la plupart d'entre eux, car le business model n'existe pas.

DMF : Quid des mobiles ?

BS : Il y aura une large gamme de téléphones, et l'utilisateur en possèdera probablement plusieurs en fonction des usages. La phase de transition entre GSM/GPRS et UMTS risque d'être longue. Faudra-t-il changer de numéro ? Il y a tout lieu de le craindre . Y aura-t-il des mobiles bimodes ? Hélas, je ne le crois pas : ce n'est ni dans l'intérêt des constructeurs, ni dans celui des opérateurs ou des fournisseurs de contenu.

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