
METHODOLOGIE D’ENQUETE
Cette méthodologie a été
mise au point par le laboratoire par :
Bruno SALGUES
en association avec
des doctorants : Olivier Galibert, kamel Harfaoui, Augustin Radu, Thomas
Stenger. Elle est complétée par des exemples.
1 Contexte méthodologique général
Ce texte décrit la méthodologie utilisable pour le
projet.
1.1 Analyse de la question de départ
Dans le contexte, la question initiale doit être exploré.
1.2 Rappel des
objectifs de départ
Les
entretiens exploratoires n’ont pas pour objectif :
-
ni
de vérifier des hypothèses,
-
ni
d’analyser des données de façon précise.
En
revanche, ils doivent permettre d’ouvrir les portes de la réflexion, de prendre
conscience des différents aspects du problème auxquels on n’aurait pas pensé spontanément.
Dans le cas particulier de notre démarche, ils doivent conduire à des scénarios
qui seront testés par la suite. Ces scénarios correspondent à des usages, des
scripts de services. Le discours traité est une source d’information.
L’entretien vise à faire exprimer l’interviewé sur sa perception, ses idées sur
les questions qui nous intéressent.
1.3 Analyse de la
pertinence a posteriori de la question initiale
La passation du guide d’entretien a pour premier
objectif de tester la pertinence de la question initiale et éventuellement de
proposer des modifications.
|
Critère |
Analyse |
Commentaires |
Clarté
|
Précision |
= |
|
Clarté |
Concision |
= |
|
Clarte |
Univocité
|
= |
|
Faisabilité |
Réaliste |
= |
|
Pertinence |
Vraie question |
= |
|
Pertinence |
Étude de ce qui existe |
= |
|
Pertinence |
Fonder l’étude du changement sur celle du fonctionnement et de l’usage |
= |
|
Pertinence |
Intention de compréhension ou d’explication, ni moralisatrice ni philosophique |
= |
2 Le guide
d’entretien
Un guide d’entretien sera construit en collaboration
avec le commanditaire.
Après avoir présenté notre guide d’entretien tel
qu’il a été passé, nous détaillerons dans cette partie les remarques que la
passation a suscitées. Ces réflexions sont issues de notre pratique quotidienne
du guide. Elles ont été récoltées grâce à une méthode proche de celle du
journal de bord, puis synthétisées.
2.1
Présentation du guide
d’entretien
(énonciation
du guide tel qu’il sera été diffusé)
2.11
Exemple de guide d’entretien déjà utilisé
Les TIC : technologies
de l’information et de la communication
|
Thème et action |
Question |
Mode de relance |
|
TIC 1 Téléphone Fixe |
|
|
|
Vérifier
éventuellement l’accessibilité aux services |
Comment et où utilisez vous le téléphone |
Quel type de téléphone utilisez-vous ? Nombre d’appareils ? Nombre de lignes ? Comment et où utilisez-vous le téléphone ? Quels sont les services que vous utilisez (annuaire, numéros spéciaux comme les 3668, numéros d’appel gratuits, conférence à trois, identification de l’appelant) ? Quelle est la fréquence d’utilisation du téléphone (par jour) ? Pendant quelle durée téléphonez-vous en moyenne ? Comment voyez-vous l'évolution du service téléphonique ? |
|
|
Que pensez-vous du téléphone ? |
Quelles peuvent être les motivations d’achat d’un nouveau téléphone ? Qu’est ce qui vous gêne dans son utilisation ? Quels sont les avantages du téléphone ? Quels sont les inconvénients du téléphone ? Pourquoi les autres achètent des nouveaux téléphones ? |
Montrer
image du téléphone
|
Comment voyez-vous l’évolution de l’utilisation des services téléphoniques ? |
|
|
Thème et action |
Question |
Mode de relance |
|
TIC 3 Fax |
|
|
|
|
Possédez-vous un fax ? à la maison , dans votre résidence secondaire ou en vacances , sur le lieu de travail |
|
|
Si non utilisation,
alors passer cette question |
Comment utilisez-vous le Fax ? Qu’est ce qui vous gêne dans son utilisation ? |
Quelle est votre fréquence d’utilisation du fax ? Combien de pages en moyenne envoyez-vous ? Comment voyez-vous l'évolution du Fax ? |
|
|
Que pensez-vous du fax ? |
Comment l’utiliseriez-vous ? Quels sont les avantages du fax ? Quels sont les inconvénients du fax ? Pourquoi les autres achètent des fax ? |
Montrer image du Fax
|
Comment voyez-vous l’évolution du Fax ? |
Que pensez-vous du support papier ? Le Fax a-t-il un avenir ? |
Thème et action |
Question |
Mode de relance |
TIC 4 Téléphone mobile
|
|
|
|
|
Possédez-vous un téléphone mobile ? pour vous , pour des usages professionnels , pour les 2 |
|
|
Si non utilisation,
alors passer cette question Vérifier problème de
couverture |
Comment et où utilisez-vous le téléphone mobile ? |
Quels sont les services que vous utilisez ? (annuaire, numéros spéciaux comme les 3668, kiosques, numéros d’appel gratuits, conférence à trois) ? Quelle est la fréquence d’utilisation du téléphone mobile (par jour)? Quelle durée l’utilisez-vous ? Vers quelles destinations ? |
|
|
Que pensez-vous du téléphone mobile ? |
Quelles peuvent être les motivations d’achat d’un téléphone mobile ? Qu’est-ce qui vous gêne dans son utilisation ? Quels sont les avantages du téléphone mobile ? Quels sont les inconvénients du téléphone mobile ? Pourquoi les autres achètent selon vous des téléphones mobiles ? |
Montrer photo
|
Comment voyez-vous l’évolution du téléphone mobile ? |
Couverture de votre réseau ? Forfait ? Services à développer de type messagerie, Internet, etc.. ? Design du terminal ? |
|
Thème et action |
Question |
Mode de relance |
TIC 5 Minitel
|
|
|
|
|
Possédez-vous un Minitel ? pour vous , pour des usages professionnels , pour les 2 |
Tester si la
personne l’utilise réellement |
|
Si non utilisation,
alors passer cette question |
Comment utilisez-vous le Minitel ? |
Quelle est la fréquence d’utilisation du produit ? Avec quelle durée ? moyenne ? |
|
|
Que pensez-vous du Minitel ? |
Que pensez-vous des services d’informations ? Quelles peuvent être les motivations d’usage d’un tel service ? Qu’est ce qui vous gêne dans son utilisation ? Quels sont les avantages ? Quels sont les inconvénients ? Pourquoi les autres utilisent le Minitel ? |
Montrer photos
|
Comment voyez-vous l’évolution des services Minitel ? |
Quels services aimeriez-vous voir se développer : Jeux, Transaction, Météo, 3615, 3617, Les utilisez-vous déjà ? |
|
Thème et action |
Question |
Mode de relance |
|
TIC 6 Internet, services en ligne et messagerie |
|
|
|
Tester le niveau de
connaissance de ces produits |
Utilisez-vous une messagerie
électronique ? Chez vous , pour des usages professionnels , pour les 2 Utilisez-vous Internet ? Chez vous , pour des usages professionnels , pour les 2 Utilisez-vous les services en ligne ? Chez vous , pour des usages professionnels , pour les 2 Possédez-vous un micro-ordinateur ? pour vous , pour des usages professionnels , pour les 2 Ces équipements sont-ils connectés au réseau (Internet) ? pour vous , pour des usages professionnels , pour les 2 |
|
|
Si non utilisation,
alors passer cette question Vérifier le mode de raccordement au réseau |
Comment l’utilisez-vous ? |
Quels services utilisez-vous ? E-mail, newsgroup, web, Jeux Sonder le type de
jeux
Commerce électronique Sonder dans ce cas si
l’usage est plutôt informatif, avant-vente ou vente, type d’achat et moyen de
paiement |
|
|
Comment y accédez-vous ? |
Mode d’accès ISP ? payant ou gratuit ? |
|
|
A quelle fréquence et durée ? |
Heures de connexion ? |
|
|
Que pensez-vous de ces produits ? |
Que pensez-vous de la messagerie électronique, d’Internet ? Quelles peuvent être les motivations d’usage de la messagerie électronique, d’Internet ? Qu’est ce qui vous gène dans leurs utilisations ? Quels sont les avantages de la messagerie électronique , d’Internet ? Quels sont les inconvénients de la messagerie électronique , d’Internet ? Pourquoi les autres utilisent une messagerie électronique , Internet ? |
Montrer photos
|
Comment voyez-vous l’évolution d’Internet et de la messagerie ? |
Que pensez-vous du publipostage sur Internet ? Quel portail ? A quelle communauté voudriez vous appartenir ? Combien d’adresses électroniques estimez-vous nécessaires ? Qu’améliorerez-vous sur les moteurs de recherche ? |
2.12 Les NOC : nouveaux
outils communicants
|
Thème et action |
Question |
Mode de relance |
|
NOC 1 Lecteur CD Rom/ Audio et Video Portable |
|
|
Montrer photo
|
Que pensez-vous de ce produit ? |
|
|
|
A quoi peut-il servir ? |
Quelles peuvent être les motivations d’achat ? Qu’est ce qui vous gène dans son utilisation probable ? Quels seraient les avantages et les inconvénients du produit ? |
|
|
Seriez-vous un utilisateur ? Pourquoi ? |
A quel prix seriez-vous prêt à l’acheter ? |
|
Thème et action |
Question |
Mode de relance |
NOC 2 Ordinateur mobile connecté à
Internet
|
|
|
Montrer photo
|
Que pensez-vous de ce produit ? |
|
|
|
A quoi peut-il servir ? |
Quelles peuvent être les motivations d’achat ? Qu’est ce qui vous gène dans son utilisation probable ? Quels seraient les avantages et les inconvénients du produit ? |
|
|
Seriez-vous un utilisateur ? Oui Non Pourquoi ? |
A quel prix seriez-vous prêt à l’acheter ? |
|
Thème et action |
Question |
Mode de relance |
NOC 3 Appareil photo et camera
connecté à Internet
|
|
|
Montrer photo
|
Que pensez-vous de ce produit ? |
|
|
|
A quoi peut-il servir ? |
Quelles peuvent être les motivations d’achat ? Qu’est ce qui vous gène dans son utilisation probable ? Quels seraient les avantages et les inconvénients du produit ? |
|
|
Seriez-vous un utilisateur ? Oui Non Pourquoi ? |
A quel prix seriez-vous prêt à l’acheter ? |
|
Thème et action |
Question |
Mode de relance |
NOC 4 Agenda électronique connecté
à Internet
|
|
|
Montrer photo
|
Que pensez-vous de ce produit ? |
|
|
|
A quoi peut-il servir ? |
Quelles peuvent être les motivations d’achat ? Qu’est ce qui vous gène dans son utilisation probable ? Quels seraient les avantages et les inconvénients du produit ? |
|
|
Seriez-vous un utilisateur ? Oui Non Pourquoi ? |
A quel prix seriez-vous prêt à l’acheter ? |
|
Thème et action |
Question |
Mode de relance |
NOC 5 Montre bracelet relié à
Internet
|
|
|
Montrer photo
|
Que pensez-vous de ce produit ? |
|
|
|
A quoi peut-il servir ? |
Quelles peuvent être les motivations d’achat ? Qu’est ce qui vous gène dans son utilisation probable ? Quels seraient les avantages et les inconvénients du produit ? |
|
|
Seriez-vous un utilisateur ? Oui Non Pourquoi ? |
A quel prix seriez-vous prêt à l’acheter ? |
|
Thème et action |
Question |
Mode de relance |
NOC 6 Télévision portable
miniature
|
|
|
Montrer photo
|
Que pensez-vous de ce produit ? |
|
|
|
A quoi peut-il servir ? |
Quelles peuvent être les motivations d’achat ? Qu’est ce qui vous gène dans son utilisation probable ? Quels seraient les avantages et les inconvénients du produit ? |
|
|
Seriez-vous un utilisateur ? Oui Non Pourquoi ? |
A quel prix seriez-vous prêt à l’acheter ? |
|
Thème et action |
Question |
Mode de relance |
NOC 7 Vidéo téléphone portable
|
|
|
Montrer photo
|
Que pensez-vous de ce produit ? |
|
|
|
A quoi peut-il servir ? |
Quelles peuvent être les motivations d’achat ? Qu’est ce qui vous gène dans son utilisation probable ? Quels seraient les avantages et les inconvénients du produit ? |
|
|
Seriez-vous un utilisateur ? Oui Non Pourquoi ? |
A quel prix seriez-vous prêt à l’acheter ? |
|
Thème et action |
Question |
Mode de relance |
NOC 8 Téléphone, Internet, Minitel
portable
|
|
|
Montrer photo
|
Que pensez-vous de ce produit ? |
|
|
|
A quoi peut-il servir ? |
Quelles peuvent être les motivations d’achat ? Qu’est ce qui vous gène dans son utilisation probable ? Quels seraient les avantages et les inconvénients du produit ? |
|
|
Seriez-vous un utilisateur ? Oui Non Pourquoi ? |
A quel prix seriez-vous prêt à l’acheter ? |
2.2 Le guide d’entretien « en pratique »
2.21 Le
choix du terrain d’enquête
Définition géographique du terrain d’enquête
Le terrain restait assez
indéfini par le cahier des charges initial de l’enquête. Seuls étaient précisés
les impératifs d’une prise en compte des populations .
2.22 Le choix des interviewés et la prise de
rendez-vous
Pour mener à bien les
objectifs du projet, nous avons décidé d’interroger ce que nous avons appelé
des individus au « profil atypique ». Afin de récolter le plus
d’informations possible d’une enquête terrain sur les usages différenciés de
l’ensemble des Technologies de l’Information et de la Communication pour en
déduire les besoins et attentes probables, nous avons développé une stratégie
simple afin d’identifier des profils atypiques au sens large, c’est-à-dire des
individus qui, par leur activité professionnelle ou leurs pratiques
communicationnelles quotidiennes et privées, feraient émerger le plus d’usages,
de représentations d’usages et de projets d’usages divergents.
Sphère privée
Il nous a été possible
d’identifier et d’approcher ces profils atypiques grâce à la médiation de tiers
(membres du laboratoire, de l’entourage de l’interviewé). L’interviewé
potentiel est ainsi mis en confiance. Il cerne mieux les raisons de
l’interview, les enjeux. Il peut positionner l’enquêteur, ce qui le met en
confiance.
Sphère professionnelle
Les pratiques de
communication en situation de travail sont fréquemment médiatées par un support
technique. Il existe des métiers ou des secteurs d’activités qui sont soumis traditionnellement à des usages
précis et variés, en tout cas vital pour la bonne marche de l’activité. Au-delà
de ses professions et activités, tout le monde est plus ou moins concerné par
l’usage professionnel des TIC. De nouvelles perspectives d’usage émerge dans
des métiers traditionnellement réfractaires à la médiation technique puisque
les possibilités techniques croissent de manière exponentielle, faisant
apparaître de nouveaux besoins, en particulier en terme de mobilité. La
communication organisationnelle évolue en parallèle de l’usage de nouveaux
supports techniques dans un mouvement dialectique : cela influence ceci, et
ceci influence cela, le tout sans équilibre bien défini.
Pour interroger le terrain
professionnel, il nous a fallu choisir des individus représentatifs de
l’activité à sonder. Tous les secteurs d’activité sont concernés, ce qui
augmente considérablement la dilution des réponses. Autrement dit, il est hors
de propos ici de chercher une quelconque représentativité statistique.
Pour clore l’explication de
notre stratégie de sélection des interviewés dans le cadre de la sphère
professionnelle , il nous semble utile d’en rappeler les principales
étapes :
1) Public traditionnellement concerné par les TIC
|
Etape 1 Identification
des syndicats professionnels, politiques ou corporatistes, nous permettant
d’obtenir une opinion centralisée et surplombante des pratiques de
communication liées à un métier |
Etape 2 Identification
et visite d’un responsable du syndicat ou de la fédération prêt à nous
répondre, et nous paraissant sensible au TIC (rôle de prescripteur ou
d’expert en la matière) |
Etape 3 Identification, au cours de l’entretien avec le responsable du syndicat, et visite d’un praticien « innovateur » au niveau de son usage des TIC |
2) Public dont le métier n’est pas, a priori,
traditionnellement impacté par les TIC, mais qui touche directement ou
indirectement le monde rural
|
Etape 1 Identification
de syndicats ou de fédérations innovante par rapport à leur activité |
Etape 2 Identification
et visite des prescripteurs ou des responsables de ces associations |
Etape 3 Identification et visite d’un praticien innovant dans son métier |
Etape 4 Identification
et visite des syndicats ou associations majoritaires et/ou institutionnelles
pour avoir un avis « moyen » |
2.23 Optimisation du guide
Malgré les tests, le guide
d’entretien validé révelera quelques petites imperfections. Non pas sur des
problèmes de fond, mais plutôt sur la formulation de certaines questions. Ces
imperfections ne pouvaient apparaître que sur la longueur, grâce notamment à la
flexibilité et la réactivité de l’interviewer qui a pris l’initiative de reformuler,
d’évincer, mais aussi de rajouter des questions de relance.
.
2.231 Exemple :
Modifications effectuées sur les questions de relance du guide, classées par
TIC
TIC 1 Le téléphone
Questions supplémentaires
§
« Pourquoi,
pour quelles raisons utilisez-vous le téléphone ? »
§
« Avez-vous
un répondeur ? »
Questions reformulées
§ « Qu’est-ce qui vous gène dans son utilisation ? » -> « Voyez-vous des limites dans le téléphone ? »
TIC 2 La télévision
Questions supplémentaires
§
« Est-ce
que vous avez un usage différencié de la télévision selon la pièce où vous la
regardez ? » (ex : différence entre chambre et séjour ?)
§
« Est-ce
que vous possédez un magnétoscope ou un camescope ? Pour quel
usage ? »
§
« Regardez-vous
des chaînes de télévision sur Internet ? Pourquoi ?
Comment ? »
§
« Utilisez-vous
le Télétex ? » (Test de connaissance, usage, perception)
§ « Est-ce que vous voyez une application professionnelle à la télévision ? » (Différenciée selon une logique de flux « synchrone » (ex : programme des chaînes de télévision, diffusion d’un journal d’entreprise sur des moniteurs situés dans les bureaux de la société) et une logique éditoriale « asynchrone » (ex : une cassette vidéo louée, une vidéo de formation)
§
« Le
cinéma a-t-il un avenir ? » (en référence à la photo de relance)
TIC 3 Le fax
Questions
supplémentaires
§
« Est-ce
que votre fax fonctionne avec du papier traité ou du papier
normal ? »
§
« Que
pensez-vous du format (A4) du fax ? »
§
« Est-ce
que vous utilisez le Télex ? Pourquoi ? »
TIC 4 Le téléphone mobile
Questions supplémentaires
§
« Si
pas de mobile, pourquoi ? » (permet de faire la transition avec le
questionnement sur la perception de l’objet)
§
« Est-ce
que votre téléphone est pris en charge par votre employeur ? Si non, le
souhaiteriez-vous ? Si oui, qu’en pensez-vous ? »
§
« Que
pensez-vous de votre opérateur de terme de couverture, services, tarifs,
contenus, saturation du réseau ? »
TIC 5 Le Minitel
Questions supplémentaires
« Avez-vous déjà eu une
expérience de commerce électronique sur Minitel ? » (ceci nous permet
de relativiser la lenteur du développement du e-commerce en France qui est la
norme dans tous les discours sur Internet).
« Quelle est, selon
vous, la plus-value d’Internet par rapport au Minitel ? » (nous
permet de mettre en perspective les deux supports au niveau de la richesse des
interfaces, mais aussi de différencier les pratiques. Cela nous permet
également d’avoir des éléments sur lesquels rebondir lorsqu’on travaille en
particulier sur les inconvénients et les avantages d’Internet. On oblige ainsi
l’interviewé à se mettre en cohérence et à développer un discours réflexif
propre à l’introspection et à l’approfondissement. Tout cela enrichira
qualitativement le contenu).
Questions modifiées
La question « Que
pensez-vous des services d’information » n’a presque jamais été posée à la
suite de l’incompréhension qu’elle suscite pour un interviewé landa. Elle est
devenue «Que pensez-vous des services du Minitel ? »
TIC 6 Internet
Messagerie électronique vs Web
Internet est déjà un support
de convergence technique. Il nous fallait tenter de clarifier, plutôt d’isoler
certaines de ses fonctionnalités. Deux cas de figure se présentent :
§
Dans
le premier, l’interviewé n’est pas usager du Net. On peut alors suivre le
protocole traditionnel qui stipule de passer directement au thème de la
perception des usages.
§
Dans
le deuxième cas de figure, l’interviewé est un internaute. Dans ce cas, et au
risque de compliquer et de rallonger l’entretien, il nous faut diviser
l’entretien en 2 : d’un côté les usages et pratiques autour de la
messagerie électronique, et de l’autre les usages et pratiques autour du Web.
Ceci est très important puisque le mail est une relation asynchrone le plus
souvent point-point (sauf dans le cas d’une « mailing list » où l’on
se trouve dans le cadre d’une communication point-masse et masse-point), alors
que le Web, définit comme la partie multimédia, informative, marchande ou
ludique d’Internet, se résume principalement à une communication masse-point,
type masse médiatique.
Il nous a semblé juste de
séparer les deux versants, malgré un choix arbitraire et réducteur, notamment
pour les fonctions de dialogue en direct type « chat’ », qui
véhiculent sur le Web une communication synchrone point-point, avec une
dimension affective forte (nous rajouterons d’ailleurs un thème au guide sur ce
sujet). Séparer Web et messagerie nous permet de séparer deux pratiques
diamétralement différentes, bien que complémentaires et faisant partie d’un
tout qui forme l’attrait d’Internet, mais aussi sa complexité d’analyse.
Quand la disponibilité de
l’interviewé l’a permis, nous sommes allés au bout de cette logique de
différenciation, à la fois au niveau de l’usage, mais aussi de la perception.
Lors du questionnement sur l’avenir de ces technologies, nous avons traité le
Net dans son ensemble.
Questions supplémentaires
§
« Visitez-vous
des « chat room » ? Êtes-vous un utilisateur de logiciels de
dialogues en direct type ICQ ? Pourquoi ?
§
« A
quel moment de la journée relevez-vous votre boîte aux lettres ? »
(Permet d’envisager l’insertion de la pratique du Net dans le temps de travail)
§
« Quels
sont vos principaux interlocuteurs en matière de courrier
électronique ? »
§
« Que
pensez-vous d’Internet par rapport au fax ? Au téléphone fixe ou
mobile ? A la télévision ? (permet d’envisager la force de gravité
qu’exerce le Net en terme de convergence technique)
§
« Vous
arrive-t-il d’utiliser le Web pour des activités de loisir ? Même au
travail ? » (Permet d’envisager les usages non productifs du Web sur
le lieu de travail)
Question supprimée
§ « Que pensez-vous de ces produits ? » (Inutile et peu claire)
2.232 Exemple :
Optimisation concernant tous les NOC du guide
Questions supplémentaires
§ Que pensez-vous du visiophone ? (une des applications majeures prévues sur les mobiles 3G. Ce thème du visiophone aura pu être abordé dans les questions sur l’avenir du téléphone ou d’Internet. On peut insister alors sur la mobilité du terminal).
§ Que pensez-vous de la télévision, du fax et de l’Internet sur votre mobile ou en condition de mobilité (envisager la migration de certaines pratiques communicationnelles en condition de mobilité. Par exemple, nous savons qu’il existe un rituel télévisuel important, allant de l’installation confortable sur un canapé, jusqu’à un « laisser-aller » comportemental. Le fait de pouvoir regarder la télévision dans des lieux publics ou des « non-lieux », des lieux de transit type « gare » comme le souligne Paul Virillio).
§ Voyez-vous des applications autour de ce produit ? Comment votre entourage (sphère privée) ou les acteurs de votre métiers (sphère professionnelle) pourraient l’utiliser ? (on est ici en pleine recherche de scripts).
2.233 Optimisation du
questionnement concernant la fiche signalétique
Questions supplémentaires
§ Quel est votre parcours universitaire ou secondaire ? (Le rejet ou l’adoption de certains objets peut être influencé par le cursus universitaire. L’appareil éducatif est très structurant. Son poids institutionnel, comme l’explique Pierre Bourdieu, participe très fortement à la définition du capital culturel et social de l’individu).
§ Quel est votre parcours professionnel ? (cette question donne des éléments de compréhension des réactions, dans le cadre d’un conditionnement postulé du parcours sur les réponses données.)
2.24 Estimation critique et pratique du guide
d’entretien
2.241
Des précisions nécessaires
Les
photographies
Les photographies induisent
une réponse puisque la personne interrogée se concentre sur l’objet représenté
et non pas sur l’objet générique, représentant un support avec un ensemble de
pratiques et de contenus. Il nous est arrivé fréquemment de remarquer par
exemple que lorsque l’interviewé voit l’image censée représenter un téléphone
fixe, il précise quasi systématiquement que l’avenir du fixe, c’est le sans fil.
Sphère publique et sphère
privée
La différenciation des
usages entre la sphère professionnelle et la sphère privée n’est pas explicitée
par une relance du guide d’entretien. Et pourtant, cette différenciation était
très difficile à aborder et à gérer pour l’interviewer. Les thématiques que
nous proposons questionnent de manière globale l’ensemble de l’activité de
l’individu. Elles englobent l’activité professionnelle, l’activité quotidienne
et l’activité de loisirs. Nous nous sommes rendu compte, cependant, que la
différence entre l’usage dans la sphère professionnelle et l’usage dans la
sphère privée nécessitait une intervention de l’interviewer pour clarifier la
situation.
Les questions de relance au
niveau des usages
Ce type de questionnement
obstrue et fait perdre de vue la question principale : « comment
utilisez vous cette TIC ? »
2.25
Pérennisation
de l’outil qualitatif : vers un observatoire des TIC ?
Pour avoir une vision
historique de la situation de l’usage des télécommunications lors du passage à
l’UMTS et à l’Internet à haut débit, il serait utile de poursuivre nos
investigations d’ordre qualitatif. Cette opération servira autant aux marketers
qu’aux chercheurs en sociologie de la communication ou aux spécialistes de la
veille stratégique.
La prise en compte de
l’évolution des outils techniques ne peut se comprendre qu’au travers de la
compréhension de leurs usages. Le processus d’appropriation d’une technologie
est certes de plus en plus court puisqu’il suit l’innovation technique, mais il
se conjugue dans un rapport différent au temps. Envisager les usages de la
demande professionnelle et grand public en terme de services, de contenus et
d’équipements télécoms passe au minimum par une étude sur le moyen terme afin
d’autoriser une compréhension fine des processus d’appropriation.
3
Méthodologie
d’analyse
3.1
Constitution
et présentation des grilles d’analyse
Les
grilles de lecture ont été conçues selon les méthodologies
« initiales » de sciences sociales. L’ouvrage de référence utilisé
est celui de Madeleine Grawitz, Méthodes de sciences sociales, publié chez
Dalloz.
Les
autres ouvrages listés dans la bibliographie ont permis d’affiner la
méthodologie.
3.11 Grille « Contenu
Structure du discours »
La
première des grilles est dite « Contenu - Structure du discours ».
Elle analyse le contenu du discours et repère ses conséquences sur l’évolution
de la pensée de l’interviewé. Chacun des points du discours est alors repéré en
projet, établissement de faits, explication, explication insuffisante (demandant
d’autres explications), différence, exception à des règles. Le concept
d’occurrence est le nombre de fois où ce contenu est apparu dans les
questionnaires. Il repère aussi les interviews concernées. Cette grille est
indépendante des contenus, en effet, un même élément peut apparaître dans
différents contenus. Les connaissances du domaine nous permettent de repérer de
façon exhaustive les occurrences. Notre connaissance des pratiques de
télécommunications nous permettra d’identifier les arguments forces du contenu.
La forme de cette grille est la suivante :
|
Contenu |
Projet |
Faits |
Explication |
Explication insuffisante |
Différence |
Exception |
Règle explicitée |
Occurrence |
|
x |
x |
x |
x |
x |
x |
x |
x |
x |
|
x |
x |
x |
x |
x |
x |
x |
x |
x |
Le comptage des informations selon leur type est une
donnée importante des résultats. Cette première grille est à vocation plus
quantitative. Cependant, il n’y aura pas de volonté de généralisation du fait
de la taille des échantillons mais il s’agira simplement de faire émerger de
grandes tendances.
Les grilles suivantes seront des détails de
« l’analyse du contenu » issue de cette grille.
3.12 Grille
de différentiation
Cette
grille analyse les différents points de vues adoptés, les convergences, les
divergences et leurs complémentarités. Un même point de vue peut faire l’objet
de plusieurs approches : par exemple, historique, macro-économique,
culturel, organisationnel, ou sociologique. Il convient de les regrouper
indépendamment des textes dans le même document en analysant la
différentiation.
|
Point de Vue |
Convergence |
Divergence |
Complémentarité |
|
x |
x |
x |
x |
3.13 Grille des thèses
défendues
Dans leurs discours, les interviewés sont conduits à
défendre des thèses. Ce document cherche à vérifier si les différents
interviewés défendent des thèses conciliables ou inconciliables entre elles.
|
Thèses défendues |
Convergence |
Divergence |
Complémentarité |
|
x |
x |
x |
x |
3.14 Listing des pistes et idées nouvelles
Il s’agit d’une liste
d’informations non directement liées à la question initiale mais qui peuvent
faire l’objet d’analyses futures. Ceci peut être des pistes nouvelles, des
angles d’approche pertinents. Ces idées nouvelles seront mesurées par un degré
d’étonnement.
3.15 Interaction de Bales
Bales tente d’analyser l’interaction annoncée entre
les individus. Il fournit 12 types de comportements que nous analyserons dans
le document. On établit ses profils par individu et pour l’ensemble des
enquêtés. Cette valeur sera subjective puisque de nombreux entretiens ont été
réalisés avec un seul interviewer. Cette analyse sera fondée sur la base de
quelques contenus et profils qui seront jugés intéressants.
|
Profil |
Regroupement d’ordre 1 |
Regroupement d’ordre 2 |
|
Montre de la solidarité, encourage les autres, cherche à soutenir le moral des troupes |
Affectivité |
|
|
Se montre détendu, manifeste de la satisfaction |
Affectivité |
|
|
Approuve, montre tacitement son adhésion |
Affectivité |
|
|
Suggère, indique une direction, un but |
Positive |
|
|
Donne une opinion, émet un vœu, évalue |
Positive |
Évaluation |
|
Demande des informations, et orientations |
Positive |
Orientation |
|
Demande une évaluation, une opinion |
|
Orientation |
|
Demande une direction, un but ou une cible |
|
Évaluation |
|
Désapprouve, refuse sa participation |
Négative |
Décision |
|
Manifeste une tension, une gêne, une inquiétude, une frustration |
Négative |
|
|
Manifeste une agressivité, cherche à baisser le moral des troupes |
Négative |
|
3.16 Listings des inférences relevées
Il s’agit de façon analogue au point 2.2.2 de
mesurer les inférences du discours. Le tableau correspondant est alors le
suivant. On compte aussi les occurrences de ces inférences.
|
Idées, réalités |
Type d’inférence |
Résultat de la
causalité |
Occurrence |
|
x |
x |
x |
x |
3.17 Grille du marketing
La grille du marketing est
utilisée pour chacun des individus et de façon globale. Pour chacun des types
d’opinion, on analysera la variabilité et leur répétition.
|
|
Niveau |
Liste des points
soulevés |
|
|
Opinion |
x |
|
|
Attitude |
x |
|
|
Représentation |
x |
|
|
Besoin |
x |
|
|
Désir |
x |
|
|
Attente |
x |
|
|
Demande, comportement |
x |
3.18 Test de
l’hypothèse méthodologique
Au moment de la conception du questionnaire, l’idée
est venue de tester cinq approches ou encore cinq articulations dans le
développement de la discussion sur les TIC.

1-
Représentation
2-
Usage
3-
Projection
4-
Accessibilité
5-
Acceptabilité
Ces cinq approches ont évolué selon la grille
matricielle suivante qui tient maintenant compte de l’intérêt pour un opérateur
d’investir dans une solution. Ces éléments sont déterminés par notre
connaissance de ce marché.
|
|
Représentation |
Usage |
Projection |
|
Accessibilité pour le client |
|
|
|
|
Acceptabilité pour le client |
|
|
|
|
Attractivité pour l’opérateur |
|
|
|
3.19 Analyse
des acteurs
Dans cette phase, on cherchera à analyser les
stratégies des différents acteurs. Pour cela, on tentera de déceler dans les
analyses les différents éléments que propose Bernoux.
La question ici traitée consiste à lister les acteurs énoncés ainsi que leur relations avec l’interviewé. Ces relations découlent de l’autorité (confiance), des enjeux, des fonctions, des influences, du pouvoir, des rationalités, des responsabilités, des systèmes et des zones d’incertitudes. Pour chacun des acteurs, on définira la relation et le type de la relation selon la liste de Bernoux.
Acteur : celui (individu ou groupe) qui participe à une action et qui a des
intérêts communs pour cette action. On
ne peut donc donner une liste a priori d'acteurs dans une entreprise. Il faut les énumérer à partir de l'action
envisagée. Un même groupe peut être un
acteur unique, lorsqu'il fait bloc face à l'extérieur, ou éclaté en plusieurs
acteurs. Un individu, même très haut
placé dans la hiérarchie, ne constitue pas forcément un acteur. Pour un
type d’acteur donné, il est possible de définir des alias. Par exemple, à
opérateur, on pourrait voir associer l’alias PTT ou « les gens de France
Telecom ».
Autorité : confiance que l'on fait à quelqu'un, qu'il soit dans une position
hiérarchique, ou non, et dont on suit l'ordre ou le conseil. « Il a de
l'autorité » veut dire que sa séduction ou sa compétence engendre une action
conforme à son désir sans contrainte et avec confiance.
Enjeu : valeur que chacun attribue à
une action, ce qu'il peut gagner ou perdre au-delà des objectifs de cette
action. Gagner l'estime des autres en
réussissent une action difficile est un enjeu.
Dans un conflit, il y a toujours des enjeux (de pouvoir) plus ou moins
cachés derrière les objectifs déclarés.
Fonction : les tâches que l'organisation attribue formellement à un individu ou à
un groupe, y compris celle de commander.
Influence : capacité à peser sur des acteurs sans avoir forcément ni autorité, ni
fonction. C'est une forme atténuée de pouvoir.
Pouvoir : capacité d'un acteur de se rendre capable de faire agir un autre
acteur. Le pouvoir n'est donc pas lié
automatiquement aux ressources de contrainte que peut donner une position
hiérarchique supérieure. Il y a des
chefs sans pouvoirs réels et des individus ou groupes qui ont beaucoup de
pouvoir sans avoir une position hiérarchique.
Les ressources du pouvoir sont la compétence, la maîtrise des relations
à l'environnement, la maîtrise des communications, les connaissances des règles
de fonctionnement.
Rationalité :
capacité
d'ajuster les moyens aux fins. Il n'y a jamais, dans une entreprise, une seule
rationalité car il y a toujours plusieurs moyens pour atteindre les objectifs
recherchés. Rationalité et rationnel
sont devenus des termes quasi magiques dans les sociétés développées, où le
modèle de pensée dominant est mathématique et cartésien à la fois. Traiter une
décision ou un comportement d'irrationnels, c'est sous-entendre qu'il n'y a
même pas à les discuter. Or, toute conduite obéit toujours à une rationalité
partielle. Le mythe de la science, de la scientificité et du progrès a la vie
dure ...
Responsabilité :
mission
confiée à un individu ou à un groupe. La responsabilité a un aspect global et
général. Elle suppose une définition
des fonctions et des moyens.
Système : la relation entre les
éléments d'un ensemble est aussi importante que les qualités propres de ses
éléments. Un système est défini par l'interdépendance
de ses parties. L'interaction est l'action des parties pour réaliser cette
interdépendance. Interaction et interdépendance devraient aller de pair. Ce
n'est pas toujours le cas.
Système d'action concret : ensemble de relations qui se
nouent entre les membres d'une organisation et qui servent à résoudre les
problèmes concrets quotidiens. Ces relations ne sont pas prévues par
l'organisation formelle et les définitions de fonctions. Ces règles informelles
sont nécessaires au fonctionnement de l'entreprise et sont généralement bien
connues. Elles doivent absolument
l'être par quiconque veut introduire des changements.
Zone d'incertitude : toute organisation est
soumise en permanence à des masses d'incertitudes très élevées (techniques, commerciales,
humaines, financières, etc). Celui qui les maîtrise le mieux par ses
compétences et son réseau de relations communications, qui peut donc prévoir
ces incertitudes, détient la plus grande ressource de pouvoir. Ses
comportements sont alors imprévisibles. L'incertitude existe toujours à tous
les niveaux, conférant par là même de l'autonomie aux acteurs. L'incertitude étant, par définition, mal
définie, on préfère parler de zone d'incertitude pour délimiter les lieux où il
va /ou il peut / se passer quelque
chose. »
3.2
La grille en pratique
3.21
Explication des catégories
de la grille « structure/contenu »
a) Point terminologique
Analysé :
la personne
interviewé dont le discours fait l’objet d’un traitement par la grille
d’analyse
Analysant : la personne qui décode le discours de l’analysé à l’aide de la grille
d’analyse.
Autant que faire se peut, l’analysant ne sera pas le même individu que l’interviewer dans un
souci de distanciation.
b) Descriptif des catégories
de la grille
Fait : une information purement
objective sur une pratique ou un usage (ex : « je téléphone 3 fois
par jour », « je regarde la télévision en mangeant »), ou bien
une affirmation.
Exception :
tous les
commentaires qui paraissent exceptionnels à l’analysant par rapport à sa connaissance
des usages des TIC.
Différence :
lorsque
l’analysé compare une TIC à une autre (ex : téléphone mobile vs téléphone
fixe, télévision vs livre), ou formule une comparaison avec une autre pratique
communicationnelle, pas forcément médiatée par une TIC (ex : télévision vs
théâtre).
Lors de la répartition des contenus dans la grille,
nous inscrivons la catégorie « différence » à chaque développement de
l’argumentation visant à comparer la TIC « générique », c’est-à-dire
celle qui donne son nom à la rubrique, à une autre ou bien à tout autre objet.
Nous éviterons ainsi les confusions lors des nombreux tris que nous serons
obligés d’effectuer puisque les contenus risquent d’être séparés de leur
contexte d’énonciation. Par exemple, si dans la rubrique télévision, l’analysé
vient à parler des avantages de l’Internet, il convient de rappeler la
« différence » pour chaque argument afin qu’aucun de ceux-ci ne
soient attribués à la télévision suite à une décontextualisation due à un tri
par l’« usage », la « représentation » ou
l’« image ».
Lors d’une situation de « différence »
dans le type de contenu, il nous semble opportun également de rappeler, en
début d’énonciation, l’objet ou la technique qui est le centre de la
comparaison. Par exemple, si dans l’analyse de la « TIC6/ Internet »
l’analysé compare cette technologie avec le Minitel, nous réécrirons à chaque
comparaison ou développement de l’argumentaire le mot Minitel pour qu’il n’y
ait aucune confusion possible lors des tris que nous effectuerons pour les
besoins de l’analyse. Ces tris risquent de séparer une explication de son fait
de base. Cela peut désolidariser une information de son contexte.
é Développons l’exemple du Minitel en simulant une telle situation :
« TIC6)
Internet :..
1) XX : j’ai un Minitel
2) XX : C’est mieux pour le commerce »
On se rend bien compte ici que si, lors d’un tri par catégorie d’usage, le contenu 1 sera séparé du 2 (1=us ; 2=rep). Il sera alors facile de faire un contresens et d’affirmer qu’Internet c’est mieux pour le commerce.
Règle : les affirmations qui
impliquent un effort de synthèse ou/et une vision surplombante sur une question
particulière de la part de l’analysé. Ces informations ont souvent une portée
généralisante. Une règle n’est, en aucun cas, la généralisation d’un fait qui
apparaîtrait régulièrement au cours de l’analyse.
Explication :
les raisons
poussant un analysé à affirmer une règle, un fait, une exception ou une
différence. L’explication peut être également une règle, une exception ou une
différence. Cela peut-être une explication complète, ou des éléments
d’explication.
Explication
insuffisante : les raisons estimées comme incomplètes par l’analysant, poussant un
analysé à affirmer une règle, un fait, une exception ou une différence.
L’explication insuffisante peut être également une règle, une exception ou une
différence
Projet : Ce que je projette de faire
dans l’avenir avec les technologies proposées. Cette catégorie suppose une volonté d’action ou une volonté d’usage
de l’analysé. Elle ne se confond pas entièrement avec la catégorie d’usage
« avenir » puisque cette dernière englobe aussi les jugements
généraux sur le futur des TIC;
jugements qui sont plus de l’ordre de la représentation.
D’autre part, un projet peut très bien être une non intention. Si une personne ne désire pas se servir d’un visiophone mobile, c’est qu’elle a le projet de ne pas le faire. L’important pour cette catégorie d’usage, c’est avant tout d’avoir des intentions.
Nous avons également indexé dans la rubrique
« projet » les réflexions sur un usage potentiel ou un acte d’achat
éventuel de NOC. Le processus de construction de l’acte ou de l’usage se
dessine dans l’hésitation. Il est important que l’argumentaire de ces
hésitations apparaissent dans une perspective projective. Seront donc
concernées par la rubrique « projet » les intentions, les non intentions et hésitations.
Type : catégories d’usages (cf. remarques)
Int : code des interviewés
correspondant à l’ordre de saisie des entretiens.
c) Remarque sur l’attribution
des catégories
En règle générale, nous estimons qu’il vaut mieux
attribuer plusieurs catégories à un même contenu plutôt que de se restreindre.
L’attribution des catégories est un exercice important pour la suite de
l’analyse, il faut donc y consacrer un temps approprié, sans hésiter à revenir
sur une décision (ex : une explication qui peut devenir une explication
insuffisante en examinant la suite de l’argumentation d’un même analysé).
L’attribution des catégories est profondément
subjective, surtout dans la phase de départ de l’analyse où nous ne possédons
pas d’autres référents que le souvenir de quelques impressions lors de la
saisie ou la passation des entretiens. Impressions cumulées avec nos lectures
des travaux sur les usages et les pratiques des TIC . Ce biais sera peu à peu
amoindri, pour disparaître au cours de l’accumulation d’information. En effet,
une fois le contenu des différents entretiens mis en perspective, nous serons
plus amène d’identifier dans les discours les règles, les différences, les
exceptions, et même les explications insuffisantes.
3.22
Complément au processus
d’analyse
a) La mise en perspective des entretiens
Un problème se pose concernant l’organisation du
travail d’analyse de contenu des entretiens : nous devons travailler sur
un document commun qui s’actualise au jour le jour grâce à toutes les nouvelles
données filtrées dans le peigne de la grille d’analyse. L’organisation logique
des taches voudrait qu’une seule personne analyse en actualisant la grille
« structure / contenu » directement, ce qui est nécessaire pour le
repérage des informations redondantes dans le but du comptage des occurrences.
Malheureusement, ne mettant pas à contribution le
potentiel en force vive du laboratoire, cette solution logique nous est
interdite puisqu’elle nécessiterait trop de temps.
Compte tenu des pressions du calendrier et des
retards déjà pris, Il faut absolument confier la saisie à plusieurs analysants
Nous décidons donc de faire des points d’avancement régulier entre analysant
afin que chaque semaine, tous puissent actualiser la même grille
« structure contenu » qui contiendra la somme de toutes les
informations mutualisées le plus souvent et le plus régulièrement possible.
b) L’indexation par les
niveaux d’usage : les « types »
Cela répond à la logique du guide qui est
d’interviewer les gens sur leurs pratiques et leurs usages propres (niveau
« us » comme « usage »).
Nous les interrogeons également sur l’idée qu’ils se
font de leurs pratiques et usages, ainsi que sur ceux des autres. Nous les
obligeons ainsi à avoir une vision surplombante et généraliste. Ceci nous
permet de faire émerger les opinions et de mesurer le discours mythologique sur
les pratiques de communication médiatées . En effet, il nous faut comprendre
les pratiques futures en gestation dans certaines attitudes ou attentes
explicitées.
Enfin, nous travaillons sur l’imaginaire des
interviewés, autrement dit, la vision de leur pratiques futures.
Nous avons donc décidé d’indexer les contenus sur
ces thèmes. Nous indiquons si le niveau de discours nous paraît de l’ordre de
l’usage (« us »), de la représentation (« rep »), ou de
l’imaginaire (« im »).
Il se peut que tout ce qui soit catégorisé dans
usage, soit des faits quantitativement vérifiables, et non des jugements de
valeur. Les
« usages » sont avant tout des actions décrites.
Les améliorations que les utilisateurs décideraient
d’apporter à leurs TIC sont étiquetées le plus souvent dans
« imaginaire », excepté quand ces améliorations semblent accessibles
rapidement vu l’état du marché, des produits et des services actuellement
disponibles. Quand les améliorations semblent du domaine du possible, y compris
dans le discours de l’analysé, on pourra classer ce type de contenu dans les
« représentations ». « Imaginaire » est donc une indexation
plus large que « projet » (un « projet » peut être dans
« l’imaginaire », mais aussi dans les « représentations ».
Il sera parfois délicat de délimiter une
représentation d’un usage. En effet, lorsque l’analysé affirme que l’usage de
son ordinateur portable n’est pas confortable, il nous fait part de son point
de vue. Nous devrions donc classer ce contenu dans les représentations.
Affirmer que l’utilisation de cet appareil n’est pas agréable constitue,
cependant, un commentaire sans jugement de valeur sur une utilisation. On
pourrait tout aussi bien l’étiqueter « usage ».
Afin de couper court, nous avons décidé, autant que
faire se peut, de respecter la logique de construction du guide d’entretien.
Par conséquent, la structure de la grille d’analyse doit se faire l’écho de
cette logique. Nous insisterons donc pour qu’un commentaire sans jugement de
valeur sur une pratique effective soit catégorisée en « usage ».
De même, lorsqu’un analysé réfléchit sur une photo,
il y a une phase de description. Cette phase doit nous permettre de provoquer
une projection dans le futur. La présence des photos se justifie puisque
celles-ci donnent un support à la réflexion sur l’évolution des objets, ainsi
que les besoins et attentes en terme de NTIC. Mais comment indexer le contenu
descriptif d’une photographie de Nouvel Objet Communicant ? Lorsqu’un
analysé affirme que la montre bracelet visiophone lui apparaît comme fragile,
sommes-nous dans la représentation ou dans l’imaginaire ? La réponse est
consensuelle : un peu des deux.
Toujours dans un souci de respect de la logique du
guide, donc de l’enquête dans son ensemble, nous proposons d’indexer ces
contenus litigieux selon leur positionnement chronologique. Par exemple, pour
le cas de la montre bracelet visiophone, nous nous trouvons dans les NOC, donc
sur un questionnement projectif. Nous considérons que nous avons réglé les
problèmes liés aux usages existants et aux représentations d’usage qui les
accompagnent. Nous les indexerons alors dans la catégorie
« imaginaire » et ceci alors même que nous pourrions parler pour la
circonstance de représentation d’un usage futur.
c) Le problème de la
temporalité de l’enquête
Il faut relativiser nos résultat par le facteur
temps. La date de passation des questionnaires est une information importante
sur le niveau d’expertise des réponses.
d) Remarques diverses
Il semblerait que les utilisateurs aguerris
utilisent davantage le niveau de la représentation que celui de l’usage, comme
si l’usage allait de soi.