Acteur : celui (individu ou groupe) qui participe à une action et qui a des intérêts communs pour cette action.  On ne peut donc donner une liste a priori d'acteurs dans une entreprise.  Il faut les énumérer à partir de l'action envisagée.  Un même groupe peut être un acteur unique, lorsqu'il fait bloc face à l'extérieur, ou éclaté en plusieurs acteurs.  Un individu, même très haut placé dans la hiérarchie, ne constitue pas forcément un acteur. Pour un type d’acteur donné, il est possible de définir des alias. Par exemple, à opérateur, on pourrait voir associer l’alias PTT ou « les gens de France Telecom ».

 

Analysant : la personne qui décode le discours de l’analysé à l’aide de la grille d’analyse.

 

Analysé : la personne interviewé dont le discours fait l’objet d’un traitement par la grille d’analyse.

 

Autorité : confiance que l'on fait à quelqu'un, qu'il soit dans une position hiérarchique, ou non, et dont on suit l'ordre ou le conseil. « Il a de l'autorité » veut dire que sa séduction ou sa compétence engendre une action conforme à son désir sans contrainte et avec confiance.

 

Différence : lorsque l’analysé compare une TIC à une autre (ex : téléphone mobile vs téléphone fixe, télévision vs livre), ou formule une comparaison avec une autre pratique communicationnelle, pas forcément médiatée par une TIC (ex : télévision vs théâtre).

 

Enjeu : valeur que chacun attribue à une action, ce qu'il peut gagner ou perdre au-delà des objectifs de cette action.  Gagner l'estime des autres en réussissent une action difficile est un enjeu.  Dans un conflit, il y a toujours des enjeux (de pouvoir) plus ou moins cachés  derrière les objectifs déclarés.

 

Exception : tous les commentaires qui paraissent exceptionnels à l’analysant par rapport à sa connaissance des usages des TIC.

 

Explication : les raisons poussant un analysé à affirmer une règle, un fait, une exception ou une différence. L’explication peut être également une règle, une exception ou une différence. Cela peut-être une explication complète, ou des éléments d’explication.

 

Explication insuffisante : les raisons estimées comme incomplètes par l’analysant, poussant un analysé à affirmer une règle, un fait, une exception ou une différence. L’explication insuffisante peut être également une règle, une exception ou une différence

 

Fait : une information purement objective sur une pratique ou un usage (ex : « je téléphone 3 fois par jour », « je regarde la télévision en mangeant »), ou bien une affirmation.

 

Fonction : les tâches que l'organisation attribue formellement à un individu ou à un groupe, y compris celle de commander.

 

Influence : capacité à peser sur des acteurs sans avoir forcément ni autorité, ni fonction. C'est une forme atténuée de pouvoir.

 

Pouvoir : capacité d'un acteur de se rendre capable de faire agir un autre acteur.  Le pouvoir n'est donc pas lié automatiquement aux ressources de contrainte que peut donner une position hiérarchique supérieure.  Il y a des chefs sans pouvoirs réels et des individus ou groupes qui ont beaucoup de pouvoir sans avoir une position hiérarchique.  Les ressources du pouvoir sont la compé­tence, la maîtrise des relations à l'environnement, la maîtrise des communications, les connaissances des règles de fonctionne­ment.

 

Projet : Ce que je projette de faire dans l’avenir avec les technologies proposées. Cette catégorie suppose une volonté d’action ou une volonté d’usage de l’analysé. Elle ne se confond pas entièrement avec la catégorie d’usage « avenir » puisque cette dernière englobe aussi les jugements généraux  sur le futur des TIC; jugements qui sont plus de l’ordre de la représentation.

D’autre part, un projet peut très bien être une non intention. Si une personne ne désire pas se servir d’un visiophone mobile, c’est qu’elle a le projet de ne pas le faire. L’important pour cette catégorie d’usage, c’est avant tout d’avoir des intentions. Le processus de construction de l’acte ou de l’usage se dessine dans l’hésitation. Il est important que l’argumentaire de ces hésitations apparaissent dans une perspective projective. Seront donc concernées par la rubrique « projet » les intentions, les non intentions et hésitations.

 

 

Rationalité : capacité d'ajuster les moyens aux fins. Il n'y a jamais, dans une entreprise, une seule rationalité car il y a toujours plusieurs moyens pour atteindre les objectifs recherchés.  Rationalité et rationnel sont devenus des termes quasi magiques dans les sociétés développées, où le modèle de pensée dominant est mathématique et cartésien à la fois. Traiter une décision ou un comportement d'irrationnels, c'est sous-entendre qu'il n'y a même pas à les discuter. Or, toute conduite obéit toujours à une rationalité partielle. Le mythe de la science, de la scientificité et du progrès a la vie dure ...

 

Règle : les affirmations qui impliquent un effort de synthèse ou/et une vision surplombante sur une question particulière de la part de l’analysé. Ces informations ont souvent une portée généralisante. Une règle n’est, en aucun cas, la généralisation d’un fait qui apparaîtrait régulièrement au cours de l’analyse.

 

Responsabilité : mission confiée à un individu ou à un groupe. La responsabilité a un aspect global et général.  Elle suppose une définition des fonctions et des moyens.

 

Système : la relation entre les éléments d'un ensemble est aussi importante que les qualités propres de ses éléments.  Un système est défini par l'interdépendance de ses parties. L'interaction est l'action des parties pour réaliser cette interdépendance. Interac­tion et interdépendance devraient aller de pair. Ce n'est pas toujours le cas.

 

Système d'action concret : ensemble de relations qui se nouent entre les membres d'une organisation et qui servent à résoudre les problèmes concrets quotidiens. Ces relations ne sont pas prévues par l'organisation formelle et les définitions de fonctions. Ces règles informelles sont nécessaires au fonctionnement de l'entreprise et sont généralement bien connues.  Elles doivent absolument l'être par quiconque veut introduire des change­ments.

 

Type : catégories d’usages

 

Zone d'incertitude : toute organisation est soumise en perma­nence à des masses d'incertitudes très élevées (techniques, commerciales, humaines, financières, etc). Celui qui les maîtrise le mieux par ses compétences et son réseau de relations ­communications, qui peut donc prévoir ces incertitudes, détient la plus grande ressource de pouvoir. Ses comportements sont alors imprévisibles. L'incertitude existe toujours à tous les niveaux, conférant par là même de l'autonomie aux acteurs.  L'incertitude étant, par définition, mal définie, on préfère parler de zone d'incertitude pour délimiter les lieux où il va /ou  il peut / se passer quelque chose. »