Tous connectés en 2005… ou le plan d’Istanbul

Pour connecter tous les villages de la planète avant 2005, le Secrétaire général de l’UIT, M. Yoshio Utsumi, appelle à une offensive majeure tous azimuts à la Conférence mondiale de développement des télécommunications qui s’ouvre à Istanbul.

Le secrétaire général se place dans une position de combat. « Le secteur des télécommunications doit de toute urgence adopter des mesures propres à rendre les télécommunications de base accessibles à tous les habitants de la planète. » Il invite à une réflexion psychologique, une « introspection honnête et nous demander si la grande confrérie des télécommunications œuvre effectivement à la réduction de la fracture numérique ou si, à son insu, elle contribue systématiquement à élargir le fossé. »

Dans le passé, un grand nombre d’initiatives ont été adoptées pour réduire la fracture numérique de la Commission Maitland il y a plus de 15 ans à la DotForce du G8 et au Groupe d’études sur les ICT de l’ONU. L’UIT considère qu’il s’agit de débats avec peu d’intérêt et le secrétaire général ajoute « L’heure est à l’action: il nous faut lancer une offensive tous azimuts pour faire en sorte que tous les villages de cette planète soient connectés avant le Sommet mondial sur la société de l’information », qui aura lieu en 2003 à Genève.

« L’un des principaux problèmes que posent les nouvelles technologies des télécommunications, » a-t-il déclaré, « est que seuls certains pays et secteurs possèdent ces technologies, tandis que les autres n’ont pas accès à la société de l’information et aux possibilités qu’elle offre. Pour atténuer les conséquences négatives de ces différences, les pays en développement doivent prendre des mesures en vue de promouvoir un accès abordable aux services de télécommunication. Un plan d’action, dit Plan d’action de La Valette, a été adopté il y a quatre ans à La Valette (Malte). Ainsi, les Conférences mondiales de développement des télécommunications se tiennent tous les quatre ans et ont pour mandat de rechercher des moyens de favoriser le développement des télécommunications dans le monde. Elles doivent fixer des priorités pour le développement des technologies de l’information et de la communication pour accroître le taux de pénétration des télécommunications et améliorer l’accès dans les pays les plus pauvres.

Au cours de la session spéciale sur la réduction de la fracture numérique, les participants ont adopté une position commune sur la définition de la fracture numérique. L’UIT ne veut pas accepter la fracture numérique comme un phénomène de marginalisation irréversible de ceux qui n’ont pas accès à la connaissance. L’organisation internationale prône une stratégie concertée dans le domaine de l’information, sur la base d’applications comme la télésanté et le téléenseignement. La coopération internationale doit, elle aussi, être renforcée afin de combattre la
cybercriminalité sous toutes ses formes, le but étant de protéger et de préserver la sécurité du réseau et la confidentialité des informations.

Le plan d’Istanbul a conduit à la formulation de diverses propositions concrètes pour réduire la fracture numérique. Il a ainsi été proposé de faire figurer la radiodiffusion numérique dans le Plan d’action et d’encourager la création d’un contenu local. La prise de conscience, la formation et la valorisation des compétences professionnelles sont autant de moyens de réduire la fracture numérique. L’une des solutions plébiscitées a été l’installation d’infocentres publics dans des établissements scolaires, des bibliothèques etc. Il a également été suggéré que l’industrie apporte une contribution, comme elle le fait pour le Fonds national pour le service universel.

Article publié le 15 mai 2002 par Bruno Salgues, pour la parution de la nouvelle série de la lettre de Bruno Salgues, lettre numéro 6. Bruno Salgues était président du conseil de surveillance de Comparatel à cette période.

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