Autrans 2002 : Nouvelles approches des pratiques mobiles… ou WiFi au sommet du clocher

Si le dernier kilomètre est un facteur de blocage pour le haut débit, car c’est un facteur de coût, c’est aussi un point de contrôle majeur que beaucoup d’acteurs n’ont pas envie d’abandonner. Peut-être que cette explication est l’une des causes du faible succès actuel du dégroupage. Une idée couramment avancée est que la concurrence entre les technologies serait une manière de lever l’obstacle.

WLAN, Hiperlan, WiFi (ou 802.11), Bluetooth, LOA sont les noms de guerre des réseaux sans opérateur. Selon Daniel Kaplan de la FING, ils ouvrent des pistes nouvelles : celles du premier kilomètre, celles de l’ouverture aux réseaux alternatifs.

L’emprise de la radio ou WLAN (Wireless Local Area Network)

Autour des projets CANet3, des MAN (Metropolitan Area Network) canadiens et américains à base de fibre, d’autres MAN plus ou moins sauvages, on a vu apparaître des LAN (Local Area Network) collectifs et utilisant une technologie radio. Certains d’entre eux étaient d’une faible portée au point qu’ils furent nommés des PAN (Personal Area Network). L’exemple de Seattle Wireless a été un déclencheur.

Ainsi est né en France le groupement wirelessfr.org. C’est une grande communauté de travail pour tester ces produits. La communauté a commencé à travailler sur le sujet dès mai 2001, a édité un site d’informations sur ces technologies et décidé une mise en commun des ressources (principalement informationnelles).

La firme française de la région lyonnaise MDS propose une solution qu’elle a installé en Ardèche. Son président, M. Ducasse, souhaite parler de W-ADSL plutôt que de WLAN. Les journées de l’ISOC (Internet Society) à Autrans ont été l’occasion de tests grandeur nature. WiFi était installé au sommet du clocher sur la piste de ski. Le développement sauvage de ce type de réseau métropolitain a été le rôle de communautés de passionnés de l’Internet. Par ces solutions, elles cherchent à avoir un accès très haut débit. Ce sont pour l’essentiel de gros consommateurs d’accès, comme des joueurs en réseau ou des graphistes qui avaient besoin de partager des ressources.

De nouvelles formes d’optique

La LOA (Liaison optique atmosphérique) est une solution proposée par la firme française Actipole. Il s’agit d’une liaison point à point optique. La technologie est fondée sur une observation : dès que l’on sort de l’immeuble, il y a un goulet d’étranglement. La fibre optique serait une solution, la solution LOA une solution alternative. La technique permet de faire des liaisons building to building avec des vitesses optiques à 100 Mbit/s. Les demandes initiales proviennent des collectivités locales. Elle désirent relier des centres distants (centre administratif, école) à la mairie.

Après, il s’agit de négocier l’accès haut débit à un opérateur. Par un mix de technologies, on peut s’ouvrir à l’extérieur à moindre coût. La technologie permet de couvrir une distance de 10 à 1.000 mètres, avec une bande passante de 200 Mbit/s. L’avantage principal de cette approche est la rapidité de mise en œuvre. Les autres points favorables sont la liberté d’utilisation (pas de licence) et le coût (un équipement est vendu aux alentours de 150 KF).

Parmi les différentes technologies possibles, que l’on peut classer en trois catégories (sous-sol, sur les toits, satellites), les technologies sur les toits semblent les moins coûteuses, qu’elles soient radios ou optiques.

Quelques problèmes réglementaires…

Les fréquences radio qu’utilisent les systèmes sans fil se situent dans la bande 2,4 et 5 Ghz. Ces fréquences ne sont pas affectées, mais ce sont des bandes utilisées par la défense. Elles sont utilisables sous réserve de non-brouillage. L’Autorité de régulation des télécommunications a lancé une consultation qui cherche à analyser une situation plus restrictive qu’ailleurs dans le monde : les problèmes de sécurisation, l’interopérabilité des systèmes de type 3G et WLAN, les difficultés liées aux différentes technologies, l’utilisation de ces systèmes pour des services ouverts au public (ces fréquences sont réservées aux réseaux indépendants), enfin les redevance sur ces fréquences. De plus, si ce sont des services ouverts au public, il faut être opérateur L33.1, et donc respecter les règles des licences.

L’explosion américaine et nordique…

Environ cinq millions d’équipements auraient été vendus aux Etats Unis. Un système carte PCMIA, base, routeur IP s’achète 700 euros. Seattle, Waghinston, l’état de l’Oregon sont des lieux qui développent des solutions LMDS, MMDS et WLAN et il est évident qu’il y a eu concurrence grâce à la technologie. BAXUG, Nywireless, BCWireless, PdxWireless sont les noms de ces nouveaux réseaux qui sont pour la plus part supportés par des communautés institutionnelles.

Les problèmes les plus souvent mis en avant en ce qui concerne la bande ISM sont la qualité de service, la sécurité, les standards évolutif, la disparité des éléments réglementaires entre les pays. En revanche, l’utilisation d’IP apporte beaucoup de services. A titre d’exemple, la fonction IpV6 roaming offre du roaming dans de tels réseaux, ce qui les transforme en des concurrents mal venus de l’UMTS entaché de tares congénitales.

Bruno Salgues est président du conseil de surveillance de ComparaTEL, le guide d’achat des télécoms

Les journées d’Autrans qui ont eu lieu du 10 au 12 janvier 2002 sont organisées par l’Internet Society France, www.isoc.org. Bruno Salgues participe aux travaux de l’ISOC et de la FING.
Ce texte a été rédigé le 18 janvier 2002.

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