De l’information-relation à l’information vivante en démocratie

 

Différents types d’information doivent être mis en œuvre pour procéder à la mise en place des outils électroniques de la démocratie. Chacune d’entre elles dispose de caractères particuliers.

 

Information de relation

 

Comme il a été observé dans les révolutions arabes, la nouvelle société est a-territoriale, mais elle propose des heures et des lieux de « regroupement ». Les outils électroniques ont permis la création de ces relations. Force est de constater que les hommes politiques essayent de casser les liens, dans le seul objectif de se maintenir au pouvoir, souvent sous le couvert de la sécurité. L’outil électronique sert  à générer une information de relation.

 

Information de positionnement

 

Dans un premier temps, les mouvements en question ont vu la nécessité de reconstruire ou de reconquérir des lieux. Malheureusement, ce sont le plus souvent des points focaux. Il s’agit alors de mettre en œuvre des informations de positionnement. Ce type d’information fait l’objet d’un débat important dans le sens où ces outils permettent une traçabilité, traçabilité liée au fait que se sont des outils d’inscription comme le propose Ferraris.

 

Information valorisante

 

Dans un deuxième temps, il faut en finir avec le mythe de la bonne gestion. Le bon déficit des finances publiques proposé « au nez » et « au doigt mouillé » d’un fonctionnaire devra être réexaminé ou disparaître[1]. Le débat actuel sur les « déficits » est intéressant car il s’agit en outre d’une bonne gestion imposée… Les indicateurs de bonne gestion sont le signe de réussite lorsque les objectifs sont atteints. Les questions sont alors, simples. Au titre de quoi ? De qui ?

 

 

Guy Abeille, chargé de mission issu de l’Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique (ENSAE) raconte comment il a été l’inventeur de ces 3 %. Il travaillait à l’époque au ministère des Finances, dans l’aile Richelieu du Palais du Louvre, et son chef de bureau était  Roland Galouzeau de Villepin[2] (ENSAE, lui aussi). Fin 1981, il a été chargé avec son chef de bureau par François Mitterrand d’établir un critère économique utilisable dans ses discours.  Il avoue que cette règle ne repose sur aucune théorie économique mais permettait à François Mitterrand de faire barrage à des ministres trop dépensiers. Selon une de ses interviews, « on a imaginé ce chiffre de 3 % en moins d’une heure, il est né sur un coin de table, sans aucune réflexion théorique. Mitterrand avait besoin d’une règle facile qui puisse être opposé aux ministres qui défilaient dans son bureau pour lui demander de l’argent. [...] On avait besoin de quelque chose de simple. 3 % ? C’est un bon chiffre, un chiffre qui a traversé les époques, cela faisait penser à la Trinité ». Dans un article publié sur La Tribune en 2010, ce même Guy Abeille avoue qu’ « en aucun cas il n’a titre à servir de boussole ; il ne mesure rien : il n’est pas un critère ». Dans une autre interview citée par Atlantico « 1 % aurait été trop maigre, 2 %, trop ‘plat’, ‘tandis que trois est un chiffre solide’ », précise la Tribune. Ce taux, ainsi sorti d’une soirée de réflexion  est entré dans les critères du traité de Maastricht en 1992.

 

Pour en savoir plus : http://www.atlantico.fr/pepites/deficit-public-regle-3-est-coup-soir-496410.html#v0Gpw3kJkS8olVjs.99

 

Encadré 1: Origine de la règle des 3 %

Parmi les actes des gouvernants, ce sont assurément les choix d’infrastructure qui s’avèrent être les attentes les plus fortes.  Bien souvent, le citoyen observe la mise en place de solutions qui ne lui conviennent pas sans avoir d’action possible. Le plus délirant, ce sont les panneaux qui ont été placés à côté de ces travaux en cours sur lesquels on peut lire : « Pour améliorer votre sécurité, le … limite votre vitesse », ou encore « Pour améliorer vos trajets quotidiens, nous supprimons la seconde voie », ou bien par ailleurs « On travaille pour votre qualité de vie : aménagement du cimetière ». Ces phrases exaspèrent le citoyen qui a souvent le réel sentiment d’être pris pour un imbécile.

 

L’information valorisante, celle issue des gouvernants et du management n’est pas la seule qu’il s’agit de produire. Ce terme d’information valorisante est proposé par Romano Alquati et désigne une forme d’information descendante, laquelle renvoie aux panneaux évoqués précédemment et qui en font partie.

 

Information morte versus information vivante

 

Matteo Pasquinelli nous propose de faire la distinction entre l’information vivante –  information qui doit être transformée – et l’information morte qui est cristallisée dans les machines et les procédures. Les médias traditionnels comme la presse et la télévision produisent essentiellement de l’information morte. Le médiatisé est gavé d’informations mortes, elles le suffoquent et l’empêchent de produire de l’information vivante. L’enjeu des formes nouvelles de démocratie utilisant l’électronique est de mettre en avant, puis d’utiliser et valoriser cette information vivante, sans aboutir à une société de surveillance encore plus forte.



[1] C’est notamment le cas pour la règle des 3 % imposés au niveau européen.

[2] Il s’agit du cousin de Dominique de Villepin, homme politique plus connu.

 

Extrait d’une communication

6éme rencontres
Actualité de la Pensée de Marx et nouvelles pensées critiques
Les 4, 5, 6 décembre 2013 à l’Université Montesquieu (Bordeaux4)
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