Le positionnement d’un Système d’Information Hospitalier sur son territoire, l’exemple du Centre Hospitalier de Dax

L’enjeu d’un Système d’Information Hospitalier (SIH) sur son territoire est bien de couvrir sa propre zone en intégrant les structures les plus éloignées de son siège. C’est un marqueur de qualité de la relation. Il doit donc répondre dans un premier temps aux notions d’égalité des traitements attendues, égalité de moyens pour les professionnels de soins, égalité de traitement pour les patients. Cette diffusion du SIH doit aussi se faire dans une optique de convergence et d’interopérabilité avec les autres acteurs de la santé. Il est alors souhaitable de créer un « hôpital ouvert sur son territoire », disposant de capacités d’échange.

Le CH de Dax, c’est environ 150 Millions d’euros (144 en 2012), 978 lits, 2 700 agents repartis sur l’un des départements les plus étendus de France avec 327 400 habitants. Il faut également remarquer qu’il y a plus d’une heure  de route minimum pour se rendre de l’une des extrémités du département à l’hôpital.

L’hôpital avait son propre réseau MAN (Metropolitan Area Network) sur Dax qu’il s’agissait d’étendre. L’hôpital voulait aller au devant des autres opérateurs de santé, cela passait par l’hospitalisation à domicile (HAD) et par les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) sur le territoire. Pour le cas de l’hôpital des Landes, ce projet a été associé à une réflexion sur le poste de travail, d’où l’idée de l’allégement de ce dernier.

Les enjeux d’un système d’information

 

Type d’enjeux Contenu
Fonctionnels Priorité à l’informatisation des processus centrés sur le patientDématérialisations des circuits médico-économiquesRenforcement de la logistiquePerformance requise des solutions administratives et fonctionnelles
Techniques Augmenter la souplesse du système d’informationUrbaniser et intégrer d’une manière industrielleFaciliter le déploiement de projetMesurer la performance, notamment la disponibilité
Organisationnels Repositionner la Direction des Systèmes composée de spécialistes de SI de Santé et non plus seulement de techniciens de maintenance informatiqueDonner au Directeur de la DSI  un rôle plus affirmé de maître d’ouvrageTenir compte des nouveaux usages et des nouvelles technologies médicales
Financiers Faire plus pour moins cherInvestir suppose de veiller par avance aux coûts d’exploitationInvestir suppose des coûts de maîtrise d’œuvre et de conduite du changement

 

 

Le contexte de 2003 et le projet NAPTSIN 

 

En 2003, le contexte était celui de la vérification du bon passage à l’an 2000 avec un parc croissant. Il était passé de 7 à 23 serveurs, de 240 à 560 postes de travail, de 45 à 250 imprimantes bureautiques, de 7 à 25 imprimantes groupe de travail, avec en outre des périphériques naissants, une grande hétérogénéité des logiciels et des systèmes d’exploitation (Windows NT, Windows 2000, Mac). Il en résultait des coûts de maintenance et de mise à jour onéreux, des niveaux de sécurité et de disponibilité plus acceptables.

De cette réflexion, est né le projet NAPTSIN, soit  Nouvelle Architecture de Poste de Travail et de Systèmes d’Information. Il est fondé sur l’offre Citrix et WMware. Une tranche pilote de 8 secteurs, 2 sites et 70 postes ont permis de tirer des enseignements mis en œuvre à partir de 2006. De 2007 à 2013, la montée en charge s’est déroulée graduellement selon les palmarès d’applicatifs. Tous les serveurs métiers ont été virtualisés et utilisent 24 lames de serveur. Maintenir des PC pour des applications spécifiques a été nécessaire, notamment celles de laboratoire

Les avantages de la solution Citrix sont multiples. Côté utilisateur, outre la faible utilisation dans la bande passante, le client   léger ( Par client léger, il s’agit de terminaux informatique ici)  peut s’installer dans des zones où l’hygiène est importante. Des technologies sans ventilateur ont été utilisées pour les milieux à contrainte d’hygiène. Le déploiement des solutions est rapide, car réplicable : « Ça marche une fois, ca marche partout. ». L’encombrement faible du client léger est un atout. La mobilité est un facteur clé. « L’application me suit partout quand je me déplace ». Du côté de la direction des systèmes d’information, une évolution des métiers est à noter. Elle résulte d’une démarche plus industrialisée avec un recours moindre à l’assistance informatique par les utilisateurs. Enfin, il faut noter un usage plus mesuré de l’énergie électrique pour l’informatique, par l’utilisation des clients légers et la mise en place de mode « auto off » sur les serveurs.

Le projet démontre les effets positifs de la solution Citrix, à l’exception de quelques difficultés. Parmi elles, citons la complication pour les connexions USB, le fait que le PC reste maître dans des domaines fonctionnels. Actuellement, l’hôpital teste des tablettes client léger (Thin Client).

L’avenir

Face à la vague d’ipad et autre Android qui submerge tout, et qui pousse vers la mort du PC au sein du grand public, associée à celle de l’effet du BYOD – soit Bring your own device  ou littéralement « Apportez vos appareils personnels »  mais traduit en français par PAP, abréviation de « Prenez vos appareils personnels » –  la direction des systèmes d’information s’est posé la question de l’utilisation de Xendesktop versus XenAPP. Il semble que que XenApp s’impose comme solution, car il permet les accès distance via le protocole SSl ainsi que le Single Sign On qui est la fourniture automatique des mots de passe applicatifs. Il dispose de Edgesight qui permet de faire du reporting avancé et de Branch Repeater qui se charge de l’optimisation du réseau.

L’ensemble du projet est dimensionné pour répondre à la stratégie nationale de santé proposée par le comité des sages coordonné par Alain Cordier. Cette stratégie introduit le parcours de soins, celui de santé ainsi que le parcours de vie. Parmi les propositions de ce rapport, il s’agit des points 7) 10) 11)  ainsi que le développement de la relation ville/hôpital.

Les points du rapport Cordier importants pour le DSI sont les suivants:

7. Créer un service public de l’information pour la santé

10. Aider à la transmission d’informations entre professionnels de santé

11. Développer la télémédecine à bon escient

Source : 22 ème Journées nationales Athos de Grenoble, 17et 18 octobre 2013,  Secrétariat ATHOS, Tél : 05.62.99.56.98 ou 05.62.99.52.60, Fax. 05.62.99.56.39, e-mail : athos@athos.asso.fr, Adresse : ATHOS Hôpitaux de LANNEMEZAN, 644 Route de Toulouse, BP 167, 65308 LANNEMEZAN, site web : http://www.athos.asso.fr/

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