Quel développement pour les usages des TIC en ruralité ?

Marco Diani, sociologue au CNRS, se pose la question du développement des usages sous la forme suivante.

Comment faire en sorte que dans cette phase de développement numérique, on n’en reste pas à faire des vœux pieux et des constats d’installation des réseaux ? Il commence par une remarque : l’opposition territoriale ne passe pas par l’opposition ville/ruralité. D’où une seconde interrogation : que veut dire la ruralité avec le haut débit ? Il se propose donc d’évaluer les nouveaux profils professionnels, les nouveaux contenus qui sont susceptibles d’apparaître. En d’autres termes : quels sont les nouveaux élus du numérique ?

 

Il suggère de traiter ces questions en répondant à quelques points.

 

  1. Nous manquons terriblement d’initiatives et de connaissances  en matière de contenu. Que va-t-on mettre dans ces réseaux ?

 

  1. Tout cela devrait augmenter les interactions ainsi que les pouvoirs venant d’en bas ? Que fait-on avec cette nouvelle forme de pouvoir ?

 

  1. Il convient d’observer l’énorme déficit à apprendre à utiliser. Un grand nombre de personnes n’utilisent donc pas ces technologies. Il s’agit donc de se poser la question de la digitalisation des activités, en particulier pour ce qui est des populations dites traditionnelles, les 30% « d’illettrés ».

 

  1. « Isolement versus présence humaine dans le numérique », y compris dans le domaine public. Que fait-on avec des guichets virtuels ?

 

  1. Quelle est la place de la technologie, forme d’interaction, contenu ?

 

  1. On ne peut se diriger vers le monde numérique en ordre dispersé. Des milliers d’expérimentations sont lancés, peu de coordination sont mises en place et les bilans sont rares.

 

  1. L’absence d’ouverture internationale est certainement une faiblesse.

 

  1. Quels sont les intérêts d’une démocratie des flux, forme de consultation presque constante, rôle de l’immédiateté, forme nouvelle de populisme (empowerment qui a mal tourné !)

 

Pour Marco Diani, les nouvelles formes de relations au numérique doivent être analysées et c’est ce qui importe. Elles créent de nouveaux territoires. Ce sont des nouveaux territoires du « numéralitique », affirme-t-il en créant à cette occasion un néologisme.

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

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