La réflexion des élus autour du numérique

La réflexion des élus autour du numérique a été présentée au cours d’une session de Ruralitic.

 

Pour Claudy Lebreton, président de l’Assemblée des départements de France (ADF), les mécanismes politiques se trouvent en face de nouvelles organisations pour lesquelles les institutions politiques sont en porte à faux. Il en résulte dans un premier temps des inégalités qui se creusent dans les usages et qui sont fidèles aux inégalités sociales et culturelles. Puis naît une menace relative à l’égalité des territoires.

 

Face à l’ampleur des enjeux du numérique, le secteur public n’est pas capable d’agir seul. Selon Claudy Lebreton, il faut laisser l’initiative au local, l’État doit agir en réseau car la proximité est nécessaire. Le résultat dépend de la qualité et de l’universalité du territoire.

 

Nicole Rouaire (Vice présidente de la Région Auvergne) se propose de séparer la notion des infrastructures de celle des usages, ce qui pourrait paraître une banalité. Un de ses arguments est que la problématique de l’infrastructure nécessaire masque de fait les réflexions en termes d’usage. Le second argument est la spécificité des réflexions sur les usages des technologies de communication. Il faudra ensuite rendre cohérent l’ensemble des actions dans ce domaine, d’autant plus qu’un partenariat fort des acteurs est nécessaire. Une méthode de travail consiste à introduire les TIC dans toutes les actions des régions, idée également proposée par Viviane Artigalas de la Région Midi-Pyrénées. Toutes les deux pensent que tout est à créer car les réponses ne sont pas encore là !

 

Selon John Billard, dans le mandat des maires (2008-2014) sont arrivés la dématérialisation des actions publiques et les sites web communaux. Pour lui, Internet est un des éléments de la démocratisation. Son rêve est que les conseils municipaux soient visibles par les habitants via le réseau. Il voit ainsi la montée en puissance bien réelle de nos réseaux.

 

Il faut se passer de la notion d’acquisition d’objets qui est souvent l’image du numérique  comme le souligne Pascale Luciani Boyer , maire-adjoint de Saint-Maur-des-Fossés dans le Val de Marne, qui distingue trois périodes :

 

Période 1. Les acteurs ne savaient pas comment ils allaient se servir de l’outil. Ils observaient comment cela se transforme. La solution consistait à greffer les nouveaux outils sur l’existant. L’information était principalement descendante.

 

Période 2. Le questionnement a changé. Comment les TIC vont transformer et améliorer le service public ? Les citoyens sollicitent l’administration pour avoir des outils. Nous sommes dans une phase où l’information est essentiellement remontante.

 

Période 3. C’est maintenant l’ère de la culture numérique qui est dans une mutation sociale. Les citoyens communiquent entre eux, ils collaborent et co-construisent dans la cité. Le vrai chantier est de l’intégrer dans la politique et ses institutions. C’est une nouvelle dimension de tous pour tous.

 

Marco Diani part d’un remix des territoires qui engendre à son tour un remix des « présentialités ». Ainsi se construit une nouvelle approche de l’identité qui est associée à une nouvelle écologie du numérique.

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

 

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