Question de modèle dans les TIC : interaction versus intension

 

La première question serait la suivante : comment améliorer les modèles d’adoption et de diffusion ? Face au succès du téléphone mobile, cette question n’a pas de sens. Mais il convient tout de même d’analyser ces modèles de diffusion, ce que nous ferons.

 

Les modèles traditionnels d’adoption des technologies ne sont guère pertinents quant aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Dès que l’on veut appliquer ces modèles dans le monde réel, les acteurs du marketing se heurtent à des difficultés. En outre, le facteur culturel ne semble pas être, dans ces cas, un facteur  déterminant du  succès du produit. Nous étudierons donc par la suite ces méthodes et ces approches issues du marketing.

 

Sur la planète, plus de deux humains sur trois (soit près de cinq milliards d’individus) utilisent un téléphone portable à la norme GSM, et trois milliards d’entre eux en possèdent un dans leur poche. Ils le nomment cellular, cellulaire, handy, telefonino ou portable selon les langues, ce qui pourrait laisser penser que les usages et cultures associés sont très différents. À peine plus d’un milliard d’adresses Internet sont actives dans le monde, ce qui concerne par conséquent un pourcentage de la population mondiale bien plus faible. Les fabricants de cartes à puce en ont vendu 4,3 milliards en 2007, ceci représentant plus de 4,5 milliards d’utilisateurs dans le monde  : il s’agit de ces fameuses cartes SIM qui permettent de  faire fonctionner les téléphones mobiles. Malgré ce succès fulgurant, force est de constater que certaines personnes sur la planète n’ont pas accès à cet outil, ou n’ont pas la possibilité d’utiliser toutes les fonctionnalités. Nous étudierons la réalité de la fracture numérique et ses conséquences.

 

Une des caractéristiques de ces technologies est l’interaction qu’elle permet.

 

Définition : l’interaction est le terme utilisé pour désigner à la fois la forme que prend le dialogue entre l’utilisateur et l’appareil, et le fait que plusieurs personnes peuvent communiquer par l’intermédiaire de cet appareil.

 

Cette notion d’interaction renvoie à une discussion sur la passivité de l’utilisateur dans la communication. Ces technologies ne sont utilisées que si un individu a l’intention d’y avoir recours, et si une forme d’individualisation en résulte.

 

Il n’est pas possible de se fonder sur une seule théorie de l’intention. Rappelons la définition de l’intention :

 

Définition : L’intension est la raison pour laquelle on communique. Elle est attribuée en général au destinateur.

 

Pour que cela soit vrai, il faudrait que chaque humain ait subitement voulu communiquer en masse avec le téléphone mobile, ce qui n’est bien évidemment pas le cas.

 

 Le téléphone mobile a longtemps été analysé en termes anthropologiques comme une « prothèse ». L’ensemble du marketing des constructeurs de matériel et des opérateurs se sont donc positionnés dans cette voie. Mais il est possible de l’analyser comme un processus d’individualisation, ce que nous retiendrons.

 

Définition : L’individualisation est un processus qui apparaît lorsque les individus utilisent ces technologies avec une interaction particulière.

 

Nous chercherons à qualifier ce processus d’individualisation. Auparavant, nous montrerons les faiblesses des analyses économiques, des modèles marketing et stratégiques d’adoption, puis nous expliciterons les nouvelles notions qui deviennent déterminantes. Ensuite, nous chercherons à définir une nouvelle approche de développement de ces produits.

 

 Source : enquête et études du Cabinet Eurosmart pour le Salon Cartes de Paris qui a eu lieu du 13 au 15 novembre 2007

 

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