La dématérialisation pour atteindre un développement durable

Une conférence qui a eu lieu à l’UNESCO le 25 novembre 2006 s’intéressait au développement durable. Certains spécialistes de la question comme Mostafa Kamal Tolba voient dans la dématérialisation la solution pour atteindre cet objectif.

Il est important de noter que la technologie dématérialise toujours, c’est encore plus vrai avec les technologies de l’information et de la communication. Mais les nouvelles technologies utilisent plus de matériaux. C’est pour cela qu’il est important de faire des bilans. De plus, même si la technologie est une bonne chose dans la durabilité, elle a plus d’influence sur la croissance que la dématérialisation.

La lutte contre la pollution est différente d’une production plus propre qui repose sur la dématérialisation des technologies. Cette forme de dématérialisation dépend à la fois de la concurrence et de la croissance. Mostafa Kamal Tolba note que le fossé entre dématérialisation et l’énergie n’a pas été comblé, même dans les périodes de crises énergétiques, comme pour le choc de 1973.

Le foyer principal de dématérialisation se situe dans l’information. Pour les économistes, ce sont souvent des externalités. Mais pour Mostafa Kamal Tolba, les efforts de développement durable doivent s’écarter des schémas de développements actuels. En effet, ce qui va changer notre vie est la puissance de connexion. Le nombre de personnes connectées atteint 500 millions en 2005. Il existe actuellement plus de 7 milliards de processeurs en service dans le monde, ce qui est plus que d’hommes sur la terre. Le globe est colonisé par les processeurs.

Si le transfert vers plus de dématérialisation ne se fait pas, la seule arme sera la dépollution, elle aura un coût très élevé. A titre d’exemple, la pollution a augmenté de 20 fois en 400 ans. Il en découle qu’une production plus propre est donc difficile à atteindre. En revanche, les technologies de l’information et de la communication augmentent la productivité, ce qui permet de réduire la pollution liée à la production. La conséquence de ce constat est simple. La croissance dépendra plus ou moins de ces matériaux, et donc des ces technologies.

Deux exemples

La relation entre le Nord et le Sud est un problème des plus complexe. Il se pose sous la forme de la question suivante. Quelle est la responsabilité que le nord doit assumer pour que le sud connaisse la croissance ? C’est le fameux 0,7% du PIB consacré au Nord pour le Sud. La deuxième question est alors la suivante. Peut-on chiffrer ce que le Nord doit faire ? Si on divise le monde en deux blocs avec un revenu par tête annuel de 10000 dollars comme limite, la durabilité exige que dématérialisation égale la croissance. D’où l’intérêt des technologies de l’information et des discussions du Sommet Mondial pour la Société de l’Information (SMSI, WSIS). Le sud pourrait multiplier sa croissance de 4,4 à 11, la différence entre le Nord et le Sud de 4 à 1 passerait de 1,5 à 1. La réponse est de chiffrer ce que le nord doit donner, ce serait donc 1% seulement de dématérialisation en plus.

Le problème du changement climatique est un autre cas intéressant. Pour faire face à l’impact catastrophique actuel, une stratégie de dématérialisation pourrait réduire les émissions de CO2, si on arrivait à limiter les déplacements physiques. Il s’agit là d’un moyen positif.

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