Peut-on parvenir au développement durable ?

Telle est la question qui était posée dans une conférence qui a eu lieu à l’UNESCO le 25 novembre 2006.

Pour certains experts comme Dennis Meadows, l’évolution des consciences est positive. Dennis Meadows, créateur du club de Rome souligne le changement entre la vision des années 70 et actuellement. En 1972, le club de Rome avait été créé avec une obsession. Il fallait arrêter la croissance. Maintenant, au troisième millénaire, on cherche plutôt à la ralentir et conduire à des phénomènes de décroissance. L’abondance des ouvrages publiés dans ce domaine est un signe. Mostafa Kamal Tolba est égyptien, il rappelle ce qui pourrait apparaître comme une évidence, mais qui n’en est pas. La notion de développement durable est née du fait que le développement n’était pas durable à long terme, c’est ce qu’avait montré le « club de Rome ».

Pour la majorité des acteurs adeptes des théories du « club de Rome », la question est simple. La population, la production et donc la pollution augmentent de façon exponentielle. Il s’agit donc de rechercher une diminution de flux d’énergie selon le nombre de personnes vivant sur terre. Il convient alors de calculer un niveau de satisfaction de ces personnes par an et de calculer des ressources énergétiques par personne, puis de les comparer à ce qui est possible.

Pour Dennis Meadows, le scénario de référence n’a pas changé depuis 1972, preuve que ce n’était ni du fantasme, ni une utopie. Dans la réalité, l’humanité dispose de temps pour résoudre ce problème. Mais, il ne suffit pas d’en parler, il faut le faire. Pour Dominique Voinet, les faits, plutôt les méfaits, sont commentés depuis de nombreuses années. Aujourd’hui les bréviaires avec un titre comme « tout savoir sur l’écologie » sont légion. Les hommes savent ce qu’il s’agit lorsque l’on aborde la question du développement durable. « Il faut en finir avec l économie de cueillette », affirme-t-elle. Mathis Wackernagel du “Global footprint network” ou GFN va plus loin. Il parle du rêve du développement durable. Le calcul est simple, un homme dispose de 1,8 ha de terre productive par personne. C’est le résultat de la division de la surface utile de la terre par le nombre d’être humain.

Pour Dennis Meadows, il faut élargir la visibilité des politiques, ce qui serait une bonne base pour démarrer une dématérialisation nécessaire pour atteindre les objectifs. Mostafa Kamal Tolba rappelle alors que la croissance est une augmentation des biens matériels. Il ne faut donc pas la confondre avec le développement qui cherche seulement à améliorer le bien être. Il analyse les difficultés actuelles en un déséquilibre entre la croissance et la dématérialisation des ressources. Pour lui, le débat se situe autour de deux clés. S’il s’agit d’arrêter la croissance, la réponse est clairement non. Donc, pour avoir une croissance avec un impact faible, cela impose une dématérialisation. Ce sont des actes qui réduisent le besoin en ressources. Il convient alors de faire un bilan en utilisant la notion de matière consommée. C’est pour cela que l’importance de la dématérialisation doit être mesuré par rapport à la croissance.

L’équation fondamentale est alors :

Taux de croissance – taux de dématérialisation = taux de durabilité

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