Encore une erreur de raisonnement dans la bagarre Linux-Micosoft

« L’alliance Microsoft-Linux bouleverse l’informatique », tel est le titre du Monde publié le 4 novembre. Naturellement, le grand journal du soir utilise sont correspondant au Etats-Unis, Eric Leser. Il s’agit d’un accord technique et commercial entre Novell et Microsoft. Cette alliance a été dévoilée jeudi 2 novembre à San Francisco par le PDG de Microsoft, Steve Ballmer, et celui de Novell, Ron Hovsepian. Elle durera au moins jusqu’en 2012.

Le journaliste parle d’accord « inattendu » et de « virage stratégique à 180 degrés » . Il s’incline devant la volonté de ses clients d’utiliser aussi le système d’exploitation libre Linux et permettra à la version commercialisée par Novell (Suse) de fonctionner harmonieusement avec son propre système Windows. Les deux sociétés vont créer un centre de recherche commun.

L’alliance portera plus sur de la compatibilité des couches logicielles. L’utilisation des deux systèmes est coûteuse. Il en découle de fait une perte de clientèle qui est de plus ne plus préjudiciable à Linux plutôt qu’à Microsoft.

Le journaliste écrit plus loin. « Pour les analystes, la décision de Microsoft ne doit pas être interprétée comme un aveu de faiblesse pour un groupe qui peine à s’imposer sur Internet face à Google, dans la musique face à Apple, et se trouve même menacé dans son bastion des logiciels bureautiques par une alliance Google, Sun, Oracle ». Là encore, le journaliste n’a pas compris l’art de la guerre. On ne peut la mener sur tous les fronts. D’ailleur, il écrit quelques lignes plus loin : « L’accord avec Novell devrait beaucoup bénéficier aux logiciels pour serveurs de Microsoft en assurant aux entreprises qu’elles peuvent investir sans risques à la fois dans Linux et Windows. Ces deux systèmes n’ont cessé de prendre des parts de marché, pas vraiment l’un à l’autre, mais surtout au détriment des mini – et même des grands – systèmes utilisant Unix ».

En revanche, Matthew Szulik, le directeur général de Red Hat, a lui tout compris. « Linux est maintenant un composant essentiel de l’infrastructure de la technologie de l’information », a-t-il déclaré, qualifiant aussi Novell de « société fragilisée et vulnérable ».

Source :

Article d’éric Leser dans le Monde paru dans l’édition du 05.11.06.

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