Archives mensuelles : juin 2012

La réussite d’un système informatique

La réussite d’un système informatique est une histoire de coût

Au début de l’informatique, la part du logiciel était minoritaire. Les experts datent à 1965 le « virage ». Le coût du logiciel représentait 50 % du coût total d’un système informatique. En 1985, la loi des 80/20 est atteinte : la part du logiciel est de 80 %.  Les coûts dus à la correction des défauts et des tests ont été évalués à trois quarts du coût total d’acquisition d’un système depuis les années 80, et la livraison d’un système comportant des défauts est devenue monnaie courante, d’où la nécessité d’améliorer la situation, ce qui est à l’origine d’un vrai marché. Ce marché est actuellement dopé par l’augmentation incessante et croissante de la complexité des applications et du nombre d’interactions entre les logiciels (particulièrement avec le computing). Un défaut dans un autre composant indépendant du logiciel testé peut influencer le fonctionnement pratique d’un autre logiciel ou système.

Le Standish Group dans son CHAOS Report analyse les causes de succès et d’échec des projets informatiques. Le résultat est clair, échec total : 25 %, hors délai ou hors budget, 50 % ; réussite : 25 %. Pour analyser les raisons de cet échec, le même groupe se propose plutôt de mettre en avant les facteurs de réussite. Les trois facteurs de réussite d’un projet les plus importants sont, à la hauteur de 16 % l’implication des utilisateurs, pour 14 % liés au soutien du management, pour 13 % dus à des énoncés clairs des exigences. Ces trois points dépendent de la maîtrise d’ouvrage.

Il est relativement impossible de savoir combien coûte et rapporte un cahier des charges bien écrit. Des enquêtes réalisées montrent qu’une erreur répertoriée pendant la phase d’exploitation alors qu’elle pourrait être découverte en phase de spécification coûte 100 fois plus cher. Mais l’élaboration d’un cahier des charges est un métier qui fait appel à des compétences, des outils et des ressources spécifiques.

Le coût d’un test sérieux est de 30 à 60 % du coût de développement. Il en résulte que toute amélioration de ce coût par une procédure est un gain en termes de productivité.

Des études récentes montrent qu’aucune technique individuelle de test ne permettait de trouver pas plus de 25 à 40 % des défauts d’une application. Ces études recommandent de mettre en œuvre plusieurs techniques complémentaires pour assurer une efficacité de détection autour de 85-90 %. De même, la méthode exhaustive d’inspection du code ne découvre que 30 à 70 % des erreurs selon le cas.