Archives mensuelles : février 2008

Les différents types d’hommes : générique, culturel et singulier

 

 

 

Les hommes en société représentent trois expressions de l’humain : générique, culturel et singulier. 
 

L’homme générique, celui qui a  marché sur la lune, est universel.
 

L’homme culturel est repéré par ces particularismes et ce qui les fait vivre ensemble. Ces différences le situent les uns parmi les autres et réduit chacun à un groupe.
 

L’homme singulier, peut aspirer à être générique, la dialectique de la différence y est à l’œuvre.
 
Derrida s’intéresse à la notion de « différent ». Il est concomitant avec l’arrivée des lumières ou de l’impérialisme. Pour Marc Augé, il est possible d’observer un refus de la situation dans l’histoire des cultures. Le problème provient du maintien des différences culturelles, ce qui introduit des points de blocage. Ainsi, naît un combat entre un idéal égalitaire et une réalité. Marc Augé n’hésite pas à expliquer que les droits de l’homme se heurtent à la société de consommation et ses mensonges. Il insiste sur d’autres points. Les cultures défendent des acquis qui s‘affrontent avec un idéal de modernité
 

 

Source : rencontre avec Marc Augé dans le cadre d’une conférence de la Maison des Metallos à Paris, le 26 janvier 2007

L’effondrement de l’idéologie de progrès

 

  

 

  

Les mythes du progrès ne sont apparus qu’au XVIII siècle. L’amélioration des conditions de vie apparue avec le monde industriel en est sûrement l’origine. Cette idéologie du progrès retombe actuellement. C’est dans ce débat « science » versus « idéologie » qu’il faut se situer. 

 

« La science, c’est mieux que l’idéologie », selon Marc Augé. La priorité absolue est alors celle de l’éducation. Elle peut aboutir à des systèmes fermés mais peut ouvrir les individus à une situation universelle. Les cultures doivent être un horizon, pas un destin. Les plus chanceux se sont enrichis par les parcours et les contacts. Les autres sont soumis à des exclusions. En ce qui concerne culture et science, il y a des grandes inégalités sur terre. 

 

 

Source : rencontre avec Marc Augé dans le cadre d’une conférence de la Maison des Metallos à Paris, le 26 janvier 2007 

Le phénomène Nimby vue par Fleurbaey

Le phénomène NIMBY (Not In My Back Yard) est celui lié à la construction des infrastructures. Tout le monde veut des autoroutes, des aéroports et des décharges, mais pas dans son jardin. La question de la décision d’implantation des infrastructures peut-elle être traitée par le vote pondéré proposé par Fleurbaey.

Pour cet auteur, la bonne façon de regarder le problème est de voir les intérêts en présence. S il faut installer un équipement quelque part, il faudrait regarder ce qui fait le moins mal, et la ou cela fait le moins mal. La fausse question serait de débattre entre l’ici ou ailleurs, affirme-t-il.

La aussi, sa proposition me semble incomplète…

Source :

Rencontre avec Marc Fleurbaey dans le séminaire organisé par le laboratoire Sophiapol de l’Université de Paris X Nanterre le 18 janvier 2008

Bibliographie :

Fluerbaey Marc, Capitalisme ou démocratie? L’alternative du XXIème siècle, Grasset, Paris,  2006.

Pourquoi les entreprises démocratiques dégénèrent ?

 

 

A la question de savoir pourquoi les entreprises démocratiques dégénèrent, Fleurbaey apporte peu d’éléments. Il observe que les coopératives subissent des phénomènes de dégénérescence qu’il explique par la divergence d’intérêts spontanés. Pour augmenter les effectifs, c’est plus avantageux de les embaucher comme salariés que comme « collaborateurs coopératifs ». L’exemple des coopératives de Mondragon en Espagne est criant de ce point de vue, et j’accorde à cet auteur la validité de l’argument.

 

Pour Marc Fleurbaey, il n’est pas possible de faire confiance dans les individus ordinaires pour ce sujet. D’un autre coté, il ne faut pas croire que travailler dans une coopérative, c’est travailler au paradis…

 

Il serait intéressant de s’intéresser à la disparition des « coops », à l’évolution de la FNAC (Fédération Nationale des Achats des Cadres), ou aux structures parentales comme l’AFM ou les crèches.

 

Source :

 

Rencontre avec Marc Fleurbaey dans le séminaire organisé par le laboratoire Sophiapol de l’Université de Paris X Nanterre le 18 janvier 2008

 

Bibliographie :

 

Fluerbaey Marc, Capitalisme ou démocratie? L’alternative du XXIème siècle, Grasset, Paris,  2006.

 

Quel étendu pour la vie démocratique ?

 

 

La question de l’étendu de la vie démocratique est importante. Quel doit être son périmètre ? Marc Fleurbaey s’intéresse par exemple aux entreprises en se posant la question de l’allocation équitable du pouvoir dans les entreprises capitalistes actuelles.

 

Quel mode de propositions démocratiques peut on choisir ? La nationalisation n’est pas la bonne solution. Mais, dans le cas des émissions polluantes qui dépassent le cadre local et souvent national, Fluerbaey s’en remet à l’Etat.

 

Pour cet auteur, il s’agit de dépasser le capitalisme actuel et de penser l’après-capitalisme. Pour y parvenir, il n’imagine qu’une solution: utiliser la démocratie. En effet, ce serait la seule solution conforme au marché, donc décentralisée, qui puisse permettre de rejeter le capitalisme.

 

Source :

 

Rencontre avec Marc Fleurbaey dans le séminaire organisé par le laboratoire Sophiapol de l’Université de Paris X Nanterre le 18 janvier 2008

 

Bibliographie :

 

Fluerbaey Marc, Capitalisme ou démocratie? L’alternative du XXIème siècle, Grasset, Paris,  2006.

 

 

La pulsion démocratique a-t-il mis en danger le capitalisme ?

 

 

Fleurbaey est un de ces auteurs qui se pose la question de savoir si la pulsion démocratique peut mettre en danger le capitalisme. Encore faut-il commencer par un rappel historique. La démocratie fût le moteur du capitalisme et du développement de marché. Cette thèse est avancée par Fitoussi, auteur pour lequel le capitalisme n’a survécu que grâce à la démocratie.

 

La pulsion démocratique a secoué les évolutions du capitalisme. La social-démocratie classique a été pervertie car elle a été centralisée par l’appareil politique. En effet, elle repose sur l’intervention de l’état (donc centrale) où la négociation centrale entre les acteurs sociaux. Elle se heurte donc au marché qui fonctionne bien seulement avec des décisions décentralisées. La social-démocratie est aussi un compromis historique où on laisse aux élites le pouvoir d’agir et de négocier, ce n’est donc plus de la démocratie.

 

Fleurbaey s’intéresse au milieu de l’entreprise. Une entreprise démocratique n’est pas une entreprise nationalisée comme le suppose les sociaux-démocrates. Ce serait selon cet auteur, plutôt de se situer dans le cas d’une plus grande symétrie entre le travail et le capital.

La loi le chapelier qui a interdit les corporations est le fait historique, l’association est redevenue possible avec Napoléon, mais de façon plus réduite. Les salaries ont dû attendre pour avoir le droits de s’associer, l’ère récente.

 

Il serait possible d’imaginer que les travailleurs agissent en prenant du pouvoir. Cette situation correspondrait à la codétermination des entreprises allemandes qui n’a jamais vraiment décollé car les apports de capitaux ont été trop valorisés.

 

Un débat qui s’avère de plus en plus actuel.

 

Source :

 

Rencontre avec Marc Fleurbaey dans le séminaire organisé par le laboratoire Sophiapol de l’Université de Paris X Nanterre le 18 janvier 2008

 

Bibliographie :

 

Fluerbaey Marc, Capitalisme ou démocratie? L’alternative du XXIème siècle, Grasset, Paris,  2006.

 

 

Les deux conceptions de l’autonomie

 

 

L’autonomie de rapports sociaux, pour Marc Fleurbaey, s’oppose à l’autonomie qui permet de disposer de ressources suffisantes.

 

Il s’intéresse en premier lieu à la vision négative liée à la vulnérabilité. Pour lui, le rapport avec l’autre passe par des contrats. Ainsi, l’autonomie financière du salarié par rapport à l’autre (l’employeur) passe par le contrat de travail. Le contrat de travail protège le salarié car il est vulnérable face à la toute puissance du patron.

 

La conception positive s’intéresse à l’ensemble de ressources qui peuvent permettre l’autonomie. Ainsi, ceux qui ont gaspillé des ressources deviennent moins autonomes. La solution consiste à augmenter l’autonomie de ceux qui en disposent de moins. Marc Fleurbaey y voit une limite. Ce principe ne peut être réalisé avec celui de la participation en proportion de l’intérêt que l’on a dans la décision. En effet, ceux qui sont moins autonomes, ont peut de chance d’avoir un haut niveau d’intérêt. L’idée fondamentale est bien de donner le plus d’autonomie à des individus plus faibles. Dans un système démocratique, quand tout le monde est contrôle par tout le, monde, l’autonomie est diluée…

 

Source :

 

Rencontre avec Marc Fleurbaey dans le séminaire organisé par le laboratoire Sophiapol de l’Université de Paris X Nanterre le 18 janvier 2008

 

Bibliographie :

 

Fluerbaey Marc, Capitalisme ou démocratie? L’alternative du XXIème siècle, Grasset, Paris,  2006.

 

Glissement de la notion égalité des chances

 

 

De plus en plus, dans la classe politique, la notion égalité des chances évolue vers l’égalité des résultats. Cette thèse est proposée par Marc Fleurbaey, elle est vérifiée très régulièrement. Ainsi, le contrat de  réussite de l’école est bien un contrat de l’égalité des formations à la sortie de l’école maternelle.

 

A partir de cette thèse, Marc Fleurbaey fait quelques remarques pertinentes. Il n’est pas sain de comparer à des points de départs inégaux. Pour cela, il cite l’exemple des femmes plus diplômées que les hommes en moyenne mais dont les salaires sont moins élevés.

 

La conception de l’égalité des chances, imposerait une seconde chance, cela suppose que l’on ait aussi une conception longitudinale de cette égalité, ce qui n’est pas non plus le cas. Malgré tout, les écoles de la deuxième chance mobilisée par Edith Cresson sont reprises dans le discours actuel.

 

En fait, il y a un curseur, avec une progression de plus en plus égalitariste, sans que l’on sache réellement s’il s’agit d’une attitude conservatrice ou une « moindre chose », un « moindre mal ». Pour d’autres encore, il ne s’agit que d’un gommage, celui de l’effet du « génie naturel » qui ne serait être qu’inégalitariste.

  

Un sujet de débat donc…..

 

Source :

 

Rencontre avec Marc Fleurbaey dans le séminaire organisé par le laboratoire Sophiapol de l’Université de Paris X Nanterre le 18 janvier 2008

 

Bibliographie :

 

Fluerbaey Marc, Capitalisme ou démocratie? L’alternative du XXIème siècle, Grasset, Paris,  2006.

 

Apprivoiser le marché

 

 

Pour Fluerbaey, le marché est une bête sauvage qu’il faut arriver à calmer et à rendre plus manipulable. C’est son objectif premier.

 

Il note que les français sont particulièrement rétifs au marché et au libéralisme. Cette situation est souvent explicitée et contestée dans les medias. Il faut accepter le marché de façon plus importante.  Le marché est important car il faut permettre que les agents économiques fassent des échanges, cela les concernent et mais cela ne concerne pas ou peu les autres personnes.

 

Pour cet auteur, un fonctionnement démocratique de l’économie ne peut être planifié,  même si le plan est réalisé par des élus. D’où l’idée d’un besoin d’économie décentralisée, dont le seul moyen que l’on connaît actuellement est l’économie de marché. Malheureusement, il faut s’y résigner.

 

Les « réticences » du « français moyen » face aux problèmes générés par le marché sont réelles et légitime. Ils sont en effet nombreux. La solution semble donc de « domestiquer » le marché. L’un des points qui peut servir d’exemple proviendrait du fait que le marché fonctionne mal par manque de transparence, l’information sur le prix ne suffit pas pour faire fonctionner le marché. Autre point, le marché ne fait rien pour imposer des redistributions, autrement dit, les riches restent riches. Il y a donc deux besoins ; la redistribution et la transparence.

 

Le marché peut être critique car il « viole » souvent le principe démocratique. Ces éléments sont particulièrement visibles. Le premier provient des inégalité de dotation, le mieux doté acquiert un pourvoir sur l’autre. Cette situation peut s’analyser en remarquant que le moins bien doté devra accepter des dotations qu il refuserait en situation d’égalité. Cette approche s’apparente aux théories de la menace où théorie de la coercition. Ainsi, la contrainte economique est équivalente à une contrainte physique.

 

Marc Fleurbaey pense que l’on assiste à la fin du salariat ordinaire, via des contrats de travail, qui comporteront plus de clause de type « production » que celles consacrées aux seuls horaires. Les grandes décisions de l’entreprise ne dépendront pas de son travail ni de sa voix, mais le climat social jouera un rôle important, ce qui est la clé du système.

 

Source :

 

Rencontre avec Marc Fleurbaey dans le séminaire organisé par le laboratoire Sophiapol de l’Université de Paris X Nanterre le 18 janvier 2008

 

Bibliographie :

 

Fluerbaey Marc, Capitalisme ou démocratie? L’alternative du XXIème siècle, Grasset, Paris,  2006.

 

Approfondir la notion démocratie

 

 

L’articulation de la démocratie avec la justice sociale est un enjeu car on relègue trop cette justice sociale selon Max Fleurbaey vers la sphère politique. Il s’explique par un projet. Pour lui, la définition habituelle de la démocratie est fondée sur l’égalité, une personne égale une voix. Pour lui, cette égalité n’est en fait qu’un cas particulier du principe de proportionnalité. Ce principe s’appuie de façon large dans la réalité sur les plus fort.

 

A partir de là, l’auteur fait plusieurs remarques. Dans des élections municipales, l’élection du maire est une violation du principe d’égalité. Ce sont des décisions où des personnes sont exclues car on pense qu’elles n’en sont pas concernées. D’où cette notion juridique d’intérêt à agir. Par exemple, ceux qui travaille tout les jours à Paris et habitent en banlieue ne participent pas à l’élection du maire de la capitale.

 

 

Le problème qu’il voit, il le nomme  « la tyrannie de la majorité ». Cette tyrannie existe même si les gens sont peu concernés par cette décision. L’autre problème est l’incohérence liée à l’exemple de Condorcet. Si trois projets A, B et C sont classés par trois personnes, on peut avoir des situations d’égalité totale. Pour lui, ces exemples d’incohérence sont souvent liés à des cas de tyrannie de la majorité.

 

Fluerbaey se propose de trouver une solution. Pour réduire ce problème de tyrannie de la majorité, on pourrait donner des nombres de voix différents en fonction de leur implication économique et sociale. Cette idée n’est pas complètement nouvelle, certains auteurs y avaient pensé pour favoriser les gens formés, ou pour les gens concernés par les décisions spécifiques.

 

La question est alors de savoir comment est défini l’intérêt. Pour cet auteur, il existe une notion « pre-institutionnelle » d’intérêt qui est à définir, le risque est que les intérêts soient très difficiles à obtenir des individus, où bien , que le problème est tellement clair que la bonne décision n’a pas  besoin du partage du pouvoir. Le consensus est souvent facile à obtenir sur le niveau d’intérêt.

 

Source :

 

Rencontre avec Marc Fleurbaey dans le séminaire organisé par le laboratoire Sophiapol de l’Université de Paris X Nanterre le 18 janvier 2008

 

Bibliographie :

 

Fluerbaey Marc, Capitalisme ou démocratie? L’alternative du XXIème siècle, Grasset, Paris,  2006.