Archives mensuelles : avril 2006

Dans dix ans…

Le 30 mai à 14 heures Internet dans dix ans se déplace au Sénat.

Début Janvier, à Autrans, 200 internautes ont travaillé deux jours à la prospective de l’Internet. personellement, j’animais l’atelier « Jeux ». Le 30 mai à 14heures dans la salle Monnerville au Sénat est présentée la synthèse d’Anne-Caroline Paucot sous forme d’un livre « Dans dix ans ». À cette occasion, nous inaugurons le site www.dansdixans… destiné à poursuivre les échanges. Le sujet restera longtemps d’actualité tant les innovations dans les usages bouleversent tous les scénarios d’évolution qu’on peut imaginer. Ce 30 mai sera aussi présentée l’esquisse de la prochaine édition des rencontres de l’Internet d’Autrans en janvier 2007.

Pour vous inscrire:

Vous pouvez maintenant vous inscrire pour la réunion au Sénat du 30 mai en remplissant le petit formulaire
à l’adresse: http://www.autrans.net/senat/

La notion de patrimoine (culturel, …)

La notion de patrimoine apparaît de façon chaotique en France, tel est le point de départ du livre de Jean Pierre Babelon et André Chastel. Ces deux auteurs décomposent sa naissance entre plusieurs phases. Pour Daniel Vander Gucht, ce qui est le plus important, c’est l’extension de cette notion.

Le fait religieux

« Conservatrice dans son essence même, l’église a défini le culte d’objets privilégiés ». La religion enseigne qu’il y a une présence, un mémorial. Il est à la fois sans cesse renouvelé et pourtant identique et conservé. Ce sont ce que les auteurs nomment des « realta » de la foi. Ils entrent sans transition dans le domaine du patrimoine de l’humanité et sont considérés comme une propriété collective. Les auteurs font à ce sujet deux remarques : les reliques sont progressivement retirées du culte, dans de nombreux endroits, la vénération de ces reliques sont les fondations du patrimoine. L’iconoclasme détruira ces édifices religieux alors que le mirabilia les mettra en valeur.

Le fait monarchique

La monarchie ne pouvait durer sans sécréter ses propres objets sacrés qui sont appelés regalia. Ils ont, pour certains, traversé les temps. L’attachement des souverains et des princes aux livres semble être d’une autre nature. Les livres interviennent dans un désir de transmettre et donc disposent rapidement d’une valeur patrimoniale. Ainsi, le dépôt légal auprès du roi des imprimés est apparu dès 1537. Un soucis strictement culturel existe avec François Ier qui met en œuvre une politique de conservation des bâtiments antiques. Cette action sera relancée par l’ordonnance de 1548 du Connétable de Montmorency.

L’éveil de l’opinion

Cet éveil a eu lieu sous la monarchie, mais surtout grâce à la presse naissante. Ainsi, ce constitue un peu avant la fin de l’ancien régime la formation d’une opinion contre les pouvoirs publics pour éviter des destructions de bâtiments et de symboles. Il s’agissait pour l’abbé Grégoire de les soustraire au vandalisme révolutionnaire (Vander Gucht, page 9).

Le fait familial

La généralisation du terme de patrimoine devient réelle. Les tableaux de famille, des objets, des souvenirs et des archives sont les constituants de ces patrimoines familiaux. Ce patrimoine se transmet. L’église se présente comme le patrimoine du pauvre. Des auteurs voyagent en France pour commencer des inventaires de patrimoines.

Le fait national

L’instruction de l’an II sur la manière d’inventorier et de conserver est l’une des premières manifestations du fait national. Depuis cette date, les monuments, les œuvres d’art vont être conservés, et ceci bien qu’ils représentent tous des temps troublés. La convention va ainsi commencer une dépolitisation du problème en réfléchissant sur les relations entre culture, patrimoine et révolution. La notion de musée sera créée en France par un archéologue, Alexandre Lenoir en 1790. A partir de 1793, le musée des monuments français joua son rôle de conservation. Celui-ci permit alors de s’interroger sur les origines de la nation française.

Le fait administratif

En 1790, le terme monument historique est apparu dans un prospectus de Aubin Louis Millin. Un appareil administratif et une institution d’état sont envisagés. La concrétisation a lieu avec le rapport de Guizot du 21 octobre 1830 et la création du comité historique en 1834. L’importance de la municipalité impose une réflexion sur l’aménagement. Le débat s’instaure. Une gare vaut bien une abbaye. Autrement, il faut être moderne. La France est un des rares états ou l’aménagement est rattaché à une idée de progrès. D’où ces débats…

Le fait moderne

Ce niveau n’apparaît pas dans la classification de Babelon et Chastel, mais seulement chez Vander Gucht. La modernité intervient avec l’avènement du rationalisme qui lui sert de syntaxe et de l’encyclopédisme qui lui fournit le lexique. Ainsi, la notion de patrimoine est associée à l’idée d’inventorier, de penser et de classer. Ainsi serait née une manie de l’inventoriage et de l’étiquetage des pratiques culturelles.

Le fait colonial

La période coloniale est aussi mise de coté par Babelon et Chastel. Elle est mise en avant par Vander Gucht. Dans cette phase, la colonisation sollicite l’adhésion des colonisés aux valeurs des conquérants. Les militaires sont censés apporté la paix et la liberté, les fonctionnaires la civilisation et la démocratie. Cet apport se fait avec un échange de trophées arrachés à leur origine et au titre d’un protectorat culturel, ils viennent enrichir les collections des musées nationaux. Vander Gucht insiste sur l’actualité de ce fait avec l’impérialisme américain.

Le fait mémoire

La mise en place de « points de mémorisation » n’est pas bien analysé par Babelon et Chastel, en revanche, Vander Gucht attribue cette idée à Riegl. Ce dernier auteur distingue le mémorial (monumentum) qui est une création délibéré (gewollte en allemand) dont la dimension émotionnelle est assumée à priori et le monument historique qui est investi à postériori soit d’une valeur de témoignage historique, soit d’une valeur d’ancienneté mémorielle et patrimoniale, sans qu’il ait été conçu avec cette intention.

Le fait scientifique

La notion de patrimoine qui s’est forgé de façon affective sort de cette réserve. Deviennent des patrimoines, des « choses qui n’ont pas été conçues pour cela ». Maintenant, les ouvrages, les demeures à conserver sont sélectionnés, puis la conservation est soutenue par des « sociétés ». Mais ce sont aussi des lieux, des villes, des espaces géographiques. Enfin, l’UNESCO lance en 1972 la convention de protection du patrimoine mondial culturel et naturel. La photo aérienne, comme d’autres techniques deviendront des outils de cette approche scientifique.

Cet élargissement du fait scientifique va de pair avec une ouverture du monde privé. Les demeures anciennes s’ouvrent au public. Les tableaux des collections privées sont exposés.

Source :

Babelon Jean Pierre, Chastel André, La notion de patrimoine, Liani Levi éditions, 1994, ISBN 2 86746 376 9, 142p plus annexes.

Reigl A. le culte moderne des muments, 1903, réédité par Le Seuil, Paris, 1984

Vander Gucht Daniel, Ecce Homo Touristicus, Identité, mémoire et patrimoine à l’ére de la musealisation du monde, Quartier libre, édition Labor, Loverval, Belgique, 2006, ISBN 2-8040-2286-2

Remarque : Initialement publié le 26 avril 2006, ce texte a été modifié le 15 juillet 2006

Zhujiajiao, une très vielle ville proche de Shanghai

Cette vielle ville est d’abord lacustre, une sorte de Venise donc. Même principe, des canaux et une visite par des gondoles, mais ici toutes sans moteur. Un calme olympien. La promenade en bateau s’impose.

plan ville ancienne zhoujiajiao

Plan de la ville

Il suffit de s’intéresser au lieu pour savoir que la ville date des années 300, pendant la dynastie Ming, mais les archéologues auraient aussi trouvé des vestiges vieux de 5000 ans. La ville aurait été prospère grâce au marché du riz et des vêtements. Elle comporte des restes de vieux quais à visiter. La vielle ville comporte 9 rues principales, de nombreux canaux et 36 ponts de pierre anciens. Elle comporterait un millier de vielles maisons. Chacun des ponts répond d’une légende locale… le plus célèbre permet d’enjamber la rivière Caogang.

canaux zhoujajiao chine

Une vue des canaux et de ses ponts

Vous pouvez allez prendre un thé à la Ah Po tea House. De nombreuses vielles plaques en bois y sont exposées. C’est aussi un repère où sont passés des chefs d’états à l’occasion de leur visite. La ville comporte aussi un musée de la soie et un temple bouddhiste. Il n’est pas rare de rencontrer des hommes habillés dans un brun caractéristique qui voisine un adulte jouant avec un cerf-volant… Tout un programme.

Pour préparer votre visite :

Site web : www.zhujiajiao.com, tel 021 592 400 77, fax : 021 592400 56

Baixian Lou

Je pensais que cela voulait dire que je faisais l’amour avec Lou, ou descendre Lou, car c’est ce que signifie le nom de ce restaurant dans des patois du sud de la France. En fait, on est en Chine, donc, cela signifie autre chose. En tout cas, vous êtes accueillis par des jeunes filles en robes longues fendues de façon des plus érotiques. Le restaurant est dans un complexe où vous trouverez un hôtel, le Fortune Hôtel, tout un symbole. Les deux sont situés sur la Han Dan Road, prés du tunnel du même nom.

restaurant baixian lou hotel fortune

A l’entrée, un mur d’aquarium et une mini piscine, les deux pleins de poissons et autres bestioles d’eau, vous mettent dans le tempo. Un mur de bouteille de vins sert de séparations pour une salle de taille moyenne. Les petites salles portent des noms de pays, ou se nomme VIP. Pour notre part, lors de mon passage, c’était VIP7.

Je ne peux que vous conseiller ce lieu. Des fèves et des cacahuettes fraîches ne peuvent que ravir vos goûts. Si vous êtes avec un « local », testez la viande que l’on mange avec une feuille de salade et les cuissons à la vapeur. Tâches garanties…Un lapin est présenté sur un lit de piment, donc très épicé.

Baixian Lou, Fortune Hotel. Address: No.399 Han Dan Road, Sganghai, Chine, Tel: (8621)65110000

Le GD365

A Shanghai, je ne sais pas pourquoi il s’appelle comme cela, mais ce restaurant ne contient que des tables tournantes…

Bon ! Stoppons rapidement ces plaisanteries douteuses. C’est un restaurant de bonne facture avec des nourritures multiples. A visiter si vous allez dans cette ville. Il est proche de l’université de Fudan. Il est à l’angle de la Guoding Road et de Han Dan Road.

Des mets chinois assez classiques tout de même, mais présentés avec une carte en anglais. Si vous n’avez pas peur, on vous montrera la tortue que vous mangerez après.

tortue vivante gd365 shanghai

La tortue vivante avant

tortue cuisinee gd 365 restaurant chine shanghai

La tortue dans le plat
Sinon, testez des crevettes ou des écrevisses, elles sont parfaites.

GD365 restaurant, 1F, N°365 Guoding Road, Yangdou District, Shanghai, Tel 0 21 65101599 ou 65102399, fax: 021 65106177

Prendre un thé vert à Shanghai

Le Pavillon Mid Lake est comme son nom l’indique une île dans la zone touristique de Yuyuan à Shanghai. Yuyuan est le nom d’un jardin qui se visite. Cette maison de thé des plus traditionnelles est une des places touristiques de cette ville qui s’enorgueillit d’avoir reçu maintes personnalités, photographies à l’appuie.

Vous y allez pour prendre un thé vert ou pas. Dans le second cas, un protocole surprenant permettra de vous initier à la consommation de ce breuvage.

ceremonie the shanghai

La cérémonie du thé

Ne rater pas lors de votre passage à Shanghai ce lieu construit durant le règne de l’empereur Xianfeng, donc à partir de 1784. Une photo assez ancienne de ce lieu trône dans l’une des salles. Notez aussi dans la zone la présence du temple de Chenxiage.

Mid Lake, 257 Yuyuan Road, Shangai, Tel 86 21 637 369 50, Fax 86 21 63558270

Un blog, un journal et la personne

Depuis les journaux connus du XVIII siècles, comme pour le blog, le journal est au service de la personne. Il peut avoir différentes fonctions qu’analysent bien Lejeune et Bogaert.

Garder en mémoire

Ce serait d’abord pour soi qu’on tient un journal. L’homme qui l’écrit est son seul destinataire dans le futur, et ceci bien qu’éventuellement, il va le publier. Combien de blogs ne sont pas fait pour être vu…

Survivre

Le journal est tenu pour fixer le temps passé. Ce temps qui s’égrène trop vite, qui s’évanouit derrière nous. C’est aussi semble-t-il une réponse devant l’appréhension de notre évanouissement futur, voir de notre mort.

S’épancher

Le papier comme la machine sont des amis. Ils ne vous enguirlandent peu. En les prenant comme confident, ils semblent que les hommes se débarrassent de leurs émotions sans embarrasser qui que soit.

Se connaître

Le blog comme le journal deviennent des sortes de miroir. Une fois que l’homme ou la femme s’est projeté sur le papier, il peut prendre le recul du regard.

Délibérer

L’examen porte sur ce qui est et aussi sur ce qui va être. Il permet de faire le bilan aujourd’hui pour se préparer à demain. Le journal, le blog sont tournés vers l’avenir. Il y a ainsi dans le créateur un débat et un dialogue.

Résister

Le journal, comme le blog, permet de résister aux aléas de la vie. C’est un lieu qui permet de rassembler ces énergies, de se ressourcer.

Penser

Blogs et journaux permettent une observation de la vie quotidienne. C’est assez vite un laboratoire pour tester la validité de ses idées.

Ecrire

C’est fondamental. On tient un journal ou un blog par ce que l’on aime écrire.

Méditons cette structuration…..

Source:

Lejeune Philippe, Bogaert Catherine, Le journal intime, Histoire et anthologie, Textuel, Paris, 2006, ISBN 2-84597-177-X

Un blog est-il un journal

Le journal se caractérise par un contrôle de la vie. Ce que l’on appelait autrefois le « for intérieur ». C’est le « passage d’une une juridiction extérieure et sociale à un tribunal purement intérieur et individuel, celui de la conscience ».

Le mot journal nous révèle que c’est une écriture au jour le jour. Le blog aussi. Dans les deux cas, c’est une série de traces datées.

La base du journal est bien la date. On désigne alors par le terme d’entrée ou de note ce qui est écrit sous une même date. Elle peut être « plus ou moins précise ou espacée, mais elle est capitale ». Le journal est une trace, ou plutôt une série de traces, c’est une trace sur un support. Avant, il s’agissait de papier, maintenant, Internet sert de support.

Le seul trait formel constant d’un blog comme d’un journal est double : il s’agit de la fragmentation liée à la date et la répartition…

Quand pensez vous….

Source:

Lejeune Philippe, Bogaert Catherine, Le journal intime, Histoire et anthologie, Textuel, Paris, 2006, ISBN 2-84597-177-X

Le suédois ajoute le W

Ca y est, la très célèbre académie suédoise vient d’ajouter le W à son dictionnaire. Une lettre de plus à la langue. Quel dynamisme! Ils étaient trop handicapés pour le Whisky et Internet (www). Voila qui est fait, les suédois ont encore fait un pas dans la mondialisation. Quand je pense aux français qui refusent toute variante de la langue…

Ce dictionnaire comporte 125000 entrées. A titre de comparaison, l’encyclopédie en ligne Wikipédia a dépassé le million d’entrées. Ainsi le nombre d’entrées de base d’un dictionnaire de langue française varie entre 30000 pour un dictionnaire scolaire ou élémentaire. Ce nombre est d’environ 50.000 pour un dictionnaire courant familier. Il dépasse les 100000 entrées pour les encyclopédies en plusieurs volumes. Le dictionnaire de l’internaute d’une grande firme informatique contient un peu plus de 2500 entrées dont 1800 définitions françaises.

Faisons quelques comparaisons, une première année de langue étrangère permet de retenir entre 300 et 600 mots, ce qui est le nombre de mot de certains livres politiques. Un journal de niveau culturel élevé (Le Monde, par exemple) utilise au plus 25000 mots différents. Une personne seule d’un excellent niveau culturel utilise moins de 10000 mots.