Archives mensuelles : novembre 2004

Les réseaux à haut débit

Pourquoi et ou ?

La question de ces réseaux peut s’examiner soit du point de vue des opérateurs, soit de celui des territoires. Ce texte apporte quelques témoignages.

Quelques positions d’opérateurs

France Telecom

L’opérateur historique dispose de 12400 nœuds de raccordement d’abonné (NRA), 6200 sont équipés d’ADSL. Environ 8000 commutateurs seront équipés fin 2005, majoritairement en xDSL. Cette année 2004 devrait voir la création de 1200 à 1600 NRA.

9 telecom

L’opérateur 9 Telecom a équipé 300 URA, sur un objectif de 900. Il a coûté 140 millions en terme d’investissement, dont 60% d’intervention publique. C’est pour cela que les lieux ont été choisis, l’opérateur est présent sur IRISE (Région Parisienne), les Pyrénées atlantiques, l’Alsace.

Quelques positions de zones géographiques

Digiport

Le haut débit dans le Digiport de Lille se compose de quatre projets. Le premier est un projet de GIX, afin de favoriser les échanges de trafic entre opérateurs. Dans ce cas, l’intervention publique est importante sur la desserte de la zone et la création de la salle elle-même. Le deuxième projet est la création d’une DSP sur des infrastructures complémentaires des infrastructures existantes, qui placera la communauté dans une situation d’opérateur d’opérateurs. Le projet doit être réalisé avec un souhait : moins la collectivité publique investira mieux cela sera. Le dernier projet est celui d’une commande publique de service fondée sur la recherche d’économie et l’obtention de prix compétitifs. Pour cela, la création d’une plate-forme de service très haut débit semble nécessaire pour le monde de l’éducation, et de la santé. Ce projet a pour objectif d’accélérer l’arrivée sur le marché des réseaux de télécommunication, de façon à créer une action anticipatrice sur l’innovation locale. Le coût total devrait être de 65 millions d’euros d’investissement.

Les principaux objectifs du digiport sont le soutien à la recherche, le soutien à la formation, l’information sous forme de veille, d’assistance, d’agence de développement. Le disgiport possède un incubateur. Il met en place des services en ligne. Le digiport assure la promotion de la zone, assiste dans des missions commerciales surtout pour l’exportation, et dans la recherche d’investisseurs. Il gère des aides financières par l’intermédiaire de fonds d’investissement. Il facilite la recherche des solutions dans le domaine du foncier, l’immobilier, et gère un Business Park.

L’exemple de la Manche.

Selon Philippe Legrand, directeur du syndicat mixte Manche Numérique, cet établissement s’occupe de l’établissement et de l’exploitation des réseaux afin de favoriser le développement des usages. Dans la Manche, le syndicat agit en doublon, car il n’y a pas de concurrence à l’opérateur historique. Dans cette zone, il s’agit d’une logique de différentiation territoriale. Cette réalisation semble importante aux politiques pour qui la performance globale des territoires se verra bouleversée dans les années à venir par les réseaux. Le réseau a démarré avec l’usage du L1425, il s’agit de dépasser le fourreau, donc d’aller plus loin, mais cela pose le problème d’un « juste assez ». Dans ce cas, il faut faire attention et savoir que le danger du partage du risque est accru.

Le pays chartrain.
Le syndicat économique intercommunal des pays chartrains avait réalisé une expérimentation CPL (Courant Porteur en Ligne) utilisant le satellite. La deuxième phase est celle du passage du satellite à la fibre. La fibre a été amortie facilement, car elle existait déjà pas à proximité afin de permettre une déserte simple des petites communes concernées soit 71 communes, en territoire rural. La technologie CPL coûte 400 euros la prise hors fibre optique.

Le projet a été possible par une subvention du FACE (fonds d’aide) et par un fonds aide de la modernisation du réseau électrique et les fonds de l’appel à projet de la DATAR. Au même moment, il y a eu l’arrivée d’une offre bas débit en ADSL, d’ou l’idée d’un positionnement dans la gamme du très haut débit. Le CPL coûte plus cher mais il permet des performances plus fortes de l’ordre de 9 Mbit/s. Ce projet a nécessité de tirer 5 km de fibre optique à partir d’une gare de péage du réseau autoroutier. Il s’agit d’un réseau de collecte qui permet l’interconnexion avec les réseaux d’opérateurs. Le statut de régie s’est avéré assez souple car celle-ci est exploitante du réseau, cela impose aussi que la compétence en télécommunication soit déléguée.

Territoires sans fil

Cette structure a mis en œuvre un projet de 32000 euros pour seulement 6 communes du parc du vercors. La solution est celle d’un réseau wifi, avec satellite qui apporte du débit dans des lieux où l’ADSL ne pourrait dépasser 80 kbit. Cette solution pourrait être étendue à 15000 communes de France où il n’y a rien.

Au sujet des réseaux à haut débit

Quelles sont les contraintes ?

Le coût semblait une raison du manque de déploiement, mais la réponse est plus complexe

L’exemple des réseaux à haut débit comme ceux de la Suède montrent que l’on a en général, un sous dimensionnement temporel et financier pour la conception de la plate-forme. Les services se développent assez vite avec les possibilités en terme de débit. Endhoven, Milan et Fastweb, la Corée en sont des exemples. La Corée a conçu une véritable stratégie industrielle autour des services.

Les réseaux, leurs coûts et leurs prix

Pour le construire, un réseau coûte de 30 à 150 euros par mètre pour installer la fibre. Le prix de vente est de 0,5 a 3 euros. Le prix de vente avec un accès IP est de 12 à 15 euros par prise et par mois par un opérateur neutre.

Les réseaux construits selon l’article L1425 peuvent vendre à des opérateurs à des prix inférieurs aux coûts, mais il est interdit de vendre en dessous des meilleurs tarifs nationaux, c’est une conséquence du célèbre arrêt Altmark.

Le réseau de collecte métropolitain utilise le modèle de l’IRU (Droit de location irrévocable). La fibre est actuellement vendue 0,5 euro par mètre linéaire et par an, coût de construction de l’ordre de 50 euros. A partir du nombre d’opérateurs intéressés, on connaît l’argent à injecter.

Le deuxième niveau d’offre est celui de la bande passante entre le client final et le point de livraison. Les possibilités de prestation sont plus riches. Même s’il y a des fibres à des prix raisonnables, on n’est toujours pas garanti d’avoir des clients. En revanche, c’est au niveau de la prise client, que l’on a des avantages en terme d’aménagement du territoire.

Le budget télécommunications des ménages est de 100 euros plus 35 euros de vidéo, dont 59,3 de service. Aux Etats-Unis, le budget est de 200 euros dont 80 de vidéo.

Dans la majorité des pays, les prix de l’opérateur alternatif sont inférieurs à ceux de l’opérateur historique. En Suède, sur un réseau alternatif comme Sollentuna énergie, l’offre est à 48 euros contre 73 pour l’opérateur dominant. Des offres à ce débit pour le grand public n’existent pas en France.

Ne nous trompons pas. Le besoin immédiat demandé par les clients est d’abord la couverture, puis le prix, puis le contenu et enfin les services.

Quels réseaux pour les collectivités locales ?

Pourquoi faire des réseaux de télécommunication ? tel est la question qui se pose actuellement. Est-ce bien raisonnable ?

La voix juridique s’est débloquée..

La Caisse des dépôts et consignation liste des objectifs possibles pour une collectivité, objectifs qui impliquent une responsabilité opérationnelle et financière du secteur privé. Les trois grands modes sont le contrôle de la collectivité, construire des réseaux sous forme de biens qui reviennent à la collectivité à la fin, cofinancement public de réseaux.

Notons qu’une procédure DSP (Délégation de Service Public) a une durée de 12 à 24 mois. Elle pose le problème de savoir s’il s’agit d’une concession où l’opérateur construit et exploite, ou exploite seulement. Cette délégation peut faire intervenir aussi des acteurs industriels divers. Les principales caractéristiques observées montrent qu’il s’agit plutôt des structures dédiées à l’exploitation, avec des critères de transparence, un contrôle par le biais du contrat, une mobilisation d’actionnaire, le statut de SAS est choisi en majorité, le financement est fait en capital.

Dans le cas de la France, la loi permet de construire des infrastructures. La DSP permise par le L1511.6 est dans ce cas. Il en est de même pour l’article L1425, qui est important sur la plate-forme de service mais qui ne résoud pas le problème du partenariat, afin de réaliser des services tels que la télémedecine, e-learning, VOD (Video On Demand).

Le CIADT (Comité Interministériel Aménagement Du Territoire) du 14 septembre 2004 a décidé de créer un réseau national de télécentre. Pour favoriser les projets à haut débit, le gouvernement a lancé un appel à projet usages innovants, et le troisième appel à projet pour les technologies alternatives. Pour ces appels, il convient de définir une zone de déploiement, dans le projet, puis dans le futur de construire un usage à expérimenter avec un objectif de cohésion sociale et en favorisant les zones rurales.