Archives mensuelles : mai 2002

Le rapport ZMIROU

Plus de 175 articles ou rapports scientifiques ont été analysés pour la constitution de ce rapport. Parmi les documents, un rapport autrichien ARCS, le rapport britannique du professeur Stewart, le rapport Canadien SRT, les rapports européens Mc Kinlay, et le programme européen COST 244 bis, les réflexions de l’académie des sciences, le rapport COMAR (IEEE), le rapport C. Sage (parlement écossais) et Elwood (rapport de synthèse). Le principal résultat de ce rapport est une absence prouvée d’effets néfastes sur la santé.

Texte publié dans la lettre de Bruno Salgues numéro 7 publié le 31 mai 2002

UCOI : la mondialisation en débat

L’université aborde le thème de la résistance au changements dû aux technologies de l’information, forme de résistance à la mondialisation.

Si la résistance s’organise, c’est peut-être que cela va trop vite…
Michel Carpentier rappelle que si la société de l’information va aussi vite, c’est qu’elle essaie de se hisser au niveau de la société économique qui s’est mondialisée grâce à ces technologies. La faiblesse de la démocratie élective conduit à l’apparition d’ONG qui luttent contre les effets. Le premier facteur de résistance vient de la télévision, il suffit d’observer ce qui se passe dans les grands centres de production de contenus. L’autre point est la masse des capitaux, qui est de 150.000 milliards de dollar US, qui fait des bonds mais seulement où cela rapporte en terme de société de l’information. En revanche, Jeanne Razanamanana, chercheur à l’Université de Madagascar, rappelle que dans ce type de pays, l’accès est fondamental et donc, on fait tous les efforts pour cela. Elle collecte les informations orales et elle les regroupe sur un site pour les rendre accessibles. Le point est de savoir ce que l’on peut faire évoluer dans la société malgache face à cette mondialisation.

Mondialisation : la naissance des frustations …

Eric Favey, secrétaire général, pense que le problème n’est pas technologique, et assez peu économique, mais essentiellement culturel. Les effets paradoxaux et contradictoires de ces technologies sont clairs. Il y a des gens plus nombreux et plus mobiles et qui profitent de cette société de l’information. En parallèle, il y a des hommes qui sont quasiment assignés à résidence. La création de la frustration est un des éléments de cette société. La télévision, comme le message SMS sur son mobile créé soit des sociétés de repli ou d’exclusion, soit des révoltes. En effet, si un adolescent connaît l’existence d’un scooter, il en aura peut-être envie, même s’il ne peut se le payer. La question serait alors d’utiliser les effets positifs de la société de l’information. Ce débat n’est plus nord-sud, car il y a des frustrés et exclus dans les pays du nord.

Ainsi est posé la question : qu’elle société de l’information voulons-nous?
Conclusion.

Elle est unanime, il ne faut pas résister.

Texte publié de la lettre de Bruno Salgues numéro 7 publié le 31 mai 2002

Vous avez dit : société civile …

L’UIT fait appel à la société civile. Ces hommes qui remettent en cause ces technologies sont là. Est-ce la mondialisation ? sûrement pas. L’Université de la Communication de l’Océan Indien a engagé les débats dans ce sens. Les technologies génèrent une profusion d’informations qu’il faut hiérarchiser selon des registres des valeurs, mais certaines de ces valeurs sont contestées. Il y a ce que l’on vivait et ce que l’on croyait ; à cela, il s’est ajouté ce que l’on voit, cette profusion d’information sous forme d’images et d’icônes, celle générées par cette société de l’information. Eric Favey parle de l’énorme religion de la communication qui doit être laïcisée au plus vite. Ce thème de religion et réseaux avait été traité, il y a à peine un an, par Pierre Musso. Ceux qui produisent ces informations doivent se responsabiliser face à celles-ci. Je rappelle que c’est le lot commun des outils de la société de l’information dont les utilisations actuelles sont des usages détournés des produits par la société civile.

Edito de la lettre de Bruno Salgues numéro 7 publié le 31 mai 2002

Des assemblées générales houleuses chez nos opérateurs historiques

France Telecom (FT) et Deutsche Telekom ont dû affronter leurs actionnaires lors d’assemblées générales particulièrement houleuses. Michel Bon, le PDG de l’opérateur français, a su trouver le bon mot et éveiller la sympathie des investisseurs, ce qui s’est traduit le landemain par une hausse de 3,89% du titre en Bourse, à 22,45 euros. Moins performants, les dirigeants du groupe allemand ont été sifflés par près de 9.000 actionnaires déçus des mauvais résultats présentés cette année par l’opérateur.

Un discours direct a été la stratégie choisie par un Michel Bon, serein face aux quelques 2.500 actionnaires présents au Palais du Congrès, où s’est déroulée l’assemblée générale. Au cœur des débats se trouvaient évidemment la chute de l’action FT, qui a perdu 55% de sa valeur depuis janvier, la dette de 60,7 milliards d’euros de l’opérateur, qui donne à FT la deuxième position en matière d’endettement, derrière Deutsche Telekom (67,4 milliards d’euros) et l’affaire Mobilcom.

Texte rédigé par Bruno Salgues le 30 mai 2002

Jacques Dondoux, un télé-communicant visionnaire…

Jacques Dondoux, ancien Ministre, ancien Directeur Général des Télécommunications, Fondateur et Président de l’I.R.E.S.T (Institut de Recherches Économiques et Sociales sur les Télécommunications) est décédé le 21 mai 2002. Il fût mon professeur dans de vrais cours et un véritable ami . Les expériences menées sous son influence dans l’Ardèche ont mûri ma réflexion. Son pragmatisme et son efficacité sûrement liés à ses convictions protestantes ont fait de lui un dirigeant. Les cours étaient parsemés de récits véridiques où sa mère et sa grand-mère prenaient une place importante. Les expérimentations menées ont conduit aux plus grands projets de télécommunications, ceux qui avaient mis la France en avance. Les rencontres, sortes de cours particuliers étaient des plus formatrices.

Malheureusement, sa campagne électorale pour son élection comme député a été stoppée net, aussi brutalement qu’il s’opposait a ses détracteurs.

Texte écrit le 23 mai 2002.

Atoomedia et la communication

Quels sont les avantages d’une bonne communication sonore? Comment faire entendre son image de manière efficace et durable? Où mon identité pourra-t-elle être diffusée? Combien cela va-t-il me coûter? En quoi une communication sonore étudiée et personnalisée permet-elle d’optimiser la communication de votre entreprise (efficacité, prix,…)?

Pour cela, AtooMedia lance les petits-déjeuners de la communication sonore à destination de tous les décideurs qui veulent faire évoluer leur communication et/ou leur marketing dans le bon sens.

Atoomedia organise le 26 septembre 2002 le premier petit déjeuner de la communication sonore.

Article publié le 15 mai 2002 pour la parution de la nouvelle série de la lettre de Bruno Salgues, lettre numéro 6. Bruno Salgues était président du conseil de surveillance de Comparatel à cette période.

WSIS/ SMSI Quelques dates

Le calendrier général du processus préparatoire est le suivant: trois PREPCOMS du 1er au 5 juillet 2002, du 24 mars au 4 avril 2003 et fin 2003, la première partie du Sommet du 10 au 12 Décembre 2003 à Genève, la seconde partie du Sommet en 2005 à Tunis.

Par ailleurs, une conférence régionale a eu lieu à Bamako du 28 au 30 mai 2002. D’autres conférences régionales se tiendrontà Bucarest du 7 au 9 novembre 2002, au Chili (prévu mi 2003), au Japon (prévu mi 2003).

Article publié le 15 mai 2002 pour la parution de la nouvelle série de la lettre de Bruno Salgues, lettre numéro 6. Bruno Salgues était président du conseil de surveillance de Comparatel à cette période.

La fracture numérique, un concept ?

La fracture numérique comporte deux niveaux: le manque d’accès aux TIC et l’insuffisante et inadéquate connaissance en matière de nouvelles technologies. Par ailleurs, elle repose sur des inégalités socio-économiques et/ ou socioculturelles qu’elle entretient ou qu’elle engendre. Ainsi, les TIC seraient à l’origine d’un paradoxe: introduites dans notre société pour créer du lien social, une nouvelle forme de lien social, elles ne contribuent qu’à entretenir la fracture sociale en créant une nouvelle classe de démunis: les “info-pauvres” qui ne grandissent pas en interaction avec les TIC.

D’une fracture en termes d’accès…Le premier niveau de fracture réside dans un accès inégal à l’information, c’est-à-dire dans un accès inégal aux TIC. De nombreuses disparités existent:au niveau international, entre les pays développés et les pays en voie de développement ou plus pauvres, au niveau national ou communautaire dans le cas de l’Union Européenne: il s’agit alors de disparités régionales. Deux raisons permettent d’expliquer ces disparités. Il s’agit de causes socio-économiques et/ ou socioculturelles qui existaient pour certaines avant l’utilisation des TIC: le clivage socio-économique nord/ sud au niveau international, les disparités régionales aux niveaux national voire communautaire (cas de l’Union Européenne).

… A une fracture en termes de connaissances. L’accès aux nouvelles technologies ne suffit pas à un individu pour communiquer et agir au sein de la société de l’information dans la mesure où un certain savoir et savoir-faire est nécessaire pour utiliser correctement et d’une façon optimale ces technologies. Dans ces conditions, l’illettrisme et le manque de formation constituent en termes de connaissance deux déficiences qui entretiennent la fracture numérique.
L’illettrisme. Que ce soit au niveau international, entre les pays pauvres et les pays riches, ou bien au niveau national, entre les populations défavorisées et les populations aisées, les inégalités socio-économiques et socioculturelles permettent, une fois encore, de comprendre les disparités face à l’utilisation des TIC. L’illettrisme constitue un premier frein à l’utilisation d’Internet dans la mesure où cette technologie utilise en grande partie le texte et dans la mesure où une grande partie de ces sites sont en Anglais. Ainsi, la pauvreté et le faible niveau de scolarisation des populations expliquent le phénomène d’illettrisme qui constitue en lui-même une barrière à l’utilisation et à la maîtrise des TIC. Seule une élite restreinte peut donc réellement bénéficier des bienfaits de ces technologies. Cependant, la connaissance nécessaire à la maîtrise et l’utilisation des TIC, ne se limite pas aux capacités intellectuelles de l’individu: un savoir-faire est également requis. Mais, là encore, une insuffisance , cette fois dans la formation, est à déplorer.
Une formation inadéquate et insuffisante. Cela touche particulièrement les pays développés. En effet, des carences existent en matière de présentation, de qualité et de diversification des propositions de formation aux nouvelles technologies et, le nombre de ces offres ne correspond pas à la demande (il n’augmente pas proportionnellement avec le nombre de demandes). Les besoins réels en matière de formation ne sont donc pas satisfaits. Les formations pour adulte et/ ou en entreprise présentent des défauts dans la mesure où elles ne permettent pas aux individus d’acquérir le savoir-faire et l’habileté nécessaires et requis en matière de TIC pour répondre aux besoins du marché du travail. De même, les manifestations les plus évidentes de la fracture numérique se situent au sein même de l’Education traditionnelle entre une école ou un quartier d’école et un autre, en matière d’équipements, de matériels, de connexions, de compétences professionnelles de la part de l’enseignant et d’intégration des TIC dans l’environnement d’apprentissage. Ainsi, tandis que l’Ecole et les autres institutions de l’Education devraient assurer entre les populations défavorisées et les populations plus aisées une égalité en termes d’accès aux TIC, et contribuer à “l’alphabétisation technologique” de toutes les populations scolarisées, il n’en est rien. La fracture numérique est donc avant tout une fracture éducative dont les aspects sont plus sociaux que technologiques.

Ainsi, on peut observer une situation paradoxale. Tandis que la formation professionnelle présente des lacunes qualitatives et quantitatives en matière de nouvelles technologies qui rendent les populations adultes et fragiles face à la fracture numérique, il en est de même pour les populations plus jeunes qui ne peuvent grandir en interaction avec les TIC, et ne peuvent compter sur l’école pour y remédier. Paradoxalement, se dessine alors une sorte de versant négatif de la société de l’information qui semble être voué à l’échec et à la pauvreté dans une société régie par l’information et le savoir auxquels il n’a accès.

Article publié le 15 mai 2002 par Bruno Salgues et Caroline Rizza pour la parution de la nouvelle série de la lettre de Bruno Salgues, lettre numéro 6. Bruno Salgues était président du conseil de surveillance de Comparatel à cette période.

Tous connectés en 2005… ou le plan d’Istanbul

Pour connecter tous les villages de la planète avant 2005, le Secrétaire général de l’UIT, M. Yoshio Utsumi, appelle à une offensive majeure tous azimuts à la Conférence mondiale de développement des télécommunications qui s’ouvre à Istanbul.

Le secrétaire général se place dans une position de combat. « Le secteur des télécommunications doit de toute urgence adopter des mesures propres à rendre les télécommunications de base accessibles à tous les habitants de la planète. » Il invite à une réflexion psychologique, une « introspection honnête et nous demander si la grande confrérie des télécommunications œuvre effectivement à la réduction de la fracture numérique ou si, à son insu, elle contribue systématiquement à élargir le fossé. »

Dans le passé, un grand nombre d’initiatives ont été adoptées pour réduire la fracture numérique de la Commission Maitland il y a plus de 15 ans à la DotForce du G8 et au Groupe d’études sur les ICT de l’ONU. L’UIT considère qu’il s’agit de débats avec peu d’intérêt et le secrétaire général ajoute « L’heure est à l’action: il nous faut lancer une offensive tous azimuts pour faire en sorte que tous les villages de cette planète soient connectés avant le Sommet mondial sur la société de l’information », qui aura lieu en 2003 à Genève.

« L’un des principaux problèmes que posent les nouvelles technologies des télécommunications, » a-t-il déclaré, « est que seuls certains pays et secteurs possèdent ces technologies, tandis que les autres n’ont pas accès à la société de l’information et aux possibilités qu’elle offre. Pour atténuer les conséquences négatives de ces différences, les pays en développement doivent prendre des mesures en vue de promouvoir un accès abordable aux services de télécommunication. Un plan d’action, dit Plan d’action de La Valette, a été adopté il y a quatre ans à La Valette (Malte). Ainsi, les Conférences mondiales de développement des télécommunications se tiennent tous les quatre ans et ont pour mandat de rechercher des moyens de favoriser le développement des télécommunications dans le monde. Elles doivent fixer des priorités pour le développement des technologies de l’information et de la communication pour accroître le taux de pénétration des télécommunications et améliorer l’accès dans les pays les plus pauvres.

Au cours de la session spéciale sur la réduction de la fracture numérique, les participants ont adopté une position commune sur la définition de la fracture numérique. L’UIT ne veut pas accepter la fracture numérique comme un phénomène de marginalisation irréversible de ceux qui n’ont pas accès à la connaissance. L’organisation internationale prône une stratégie concertée dans le domaine de l’information, sur la base d’applications comme la télésanté et le téléenseignement. La coopération internationale doit, elle aussi, être renforcée afin de combattre la
cybercriminalité sous toutes ses formes, le but étant de protéger et de préserver la sécurité du réseau et la confidentialité des informations.

Le plan d’Istanbul a conduit à la formulation de diverses propositions concrètes pour réduire la fracture numérique. Il a ainsi été proposé de faire figurer la radiodiffusion numérique dans le Plan d’action et d’encourager la création d’un contenu local. La prise de conscience, la formation et la valorisation des compétences professionnelles sont autant de moyens de réduire la fracture numérique. L’une des solutions plébiscitées a été l’installation d’infocentres publics dans des établissements scolaires, des bibliothèques etc. Il a également été suggéré que l’industrie apporte une contribution, comme elle le fait pour le Fonds national pour le service universel.

Article publié le 15 mai 2002 par Bruno Salgues, pour la parution de la nouvelle série de la lettre de Bruno Salgues, lettre numéro 6. Bruno Salgues était président du conseil de surveillance de Comparatel à cette période.

Les bons compte de France Telecom

Sauf conduit: Les dirigeants de France Telecom ont décidés de faire de bons comptes (car ils font de bons amis). J’en suis heureux. Quoiqu’il en soit, le traitement des comptes de l’opérateur historique est vraiment intéressant. Pourquoi l’Etat (avec un grand E) demande à la caisse des dépôts et consignation de racheter les filiales de l’opérateur, comme TDF. Ce n’est pas dit dans les rapports de cette firme. Ou est donc l’opération vérité.

Ce qu’on ne vous dit pas… Article publié le 15 mai 2002 pour la parution de la nouvelle série de la lettre de Bruno Salgues, lettre numéro 6. Bruno Salgues était président du conseil de surveillance de Comparatel à cette période.