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Téléphone mobile et création, un ouvrage ….

Ce texte est un commentaire de l’ouvrage de Laurence Allard, Laurent Creton, Roger Odin, qui a pour titre Téléphone mobile et création paru aux éditions Armand Colin, collection Recherches, en 2014.

Une version de ce commentaire est paru dans :

Question de Communication, numéro 26-2014

Globalement, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage de grande qualité. Certes, certaines thèses développées m’étaient connues depuis longtemps, notamment celle de Maurizio Ferraris pour qui « le téléphone portable est une machine à écrire » (p. 23) ou celle de Serge Tisseron selon laquelle le « téléphone mobile a, bien entendu, bouleversé la pratique photographique » (p. 117). Serge Tisseron analyse la triple révolution apportée par la téléphonie mobile : libération de la pratique, possibilité de voir immédiatement, inversion du rapport de la photographie à l’acte de voir (p. 118). Thèse moins répandue, Roger Odin, Benoît Labourdette, William Uricchio voient dans cet appareil un outil du cinéma (pp. 37-79). William Uricchio rappelle que « l’histoire du cinéma en général s’enracine tout particulièrement dans le réflexe documentaire » (p. 65). Plus loin, ce même auteur explique que, « depuis son origine, le documentaire a mis en relation ses spectateurs avec les évènements du monde » (p. 66).

Dans le livre, la fin de certains modes de communication est relevée. À titre d’exemple, la communication directe avec la personne et la connaissance de sa localisation ont fait disparaître des phrases telles « Je vous le passe », phrases que l’on prononçait pour rentrer en contact avec une personne lorsque l’appel se faisait sur le téléphone familial.

Ce livre analyse également des fonctions importantes et nouvelles telles la portabilité (p. 38), la possibilité de manipuler (pp. 31-32), celle de sauvegarder (pp. 30-33) et la capacité à construire des objets sociaux (pp. 33-34). La multiplicité des fonctions est relevée par Roger Odin (p. 39). La coopération et la collaboration sont aussi des mots clés.

Le téléphone mobile est un lieu de rencontres, non seulement de personnes entre elles, mais également de ce qu’aucun des auteurs de cet ouvrage n’ose appeler rencontre des technologies. Roger Odin offre une excellente analyse de la rencontre entre le téléphone mobile et le cinéma. Sans lui, « des films entiers n’auraient pas été possibles » (p. 38). À juste titre, il fait remarquer que le téléphone mobile a peu modifié la technique cinématographique, mais il a influencé de façon importante la narration (p. 41). Il permet l’interactivité avec le spectateur, ce qui ajoute une composante au spectacle photographique (pp. 49-50). Benoît Labourdette (pp. 55-59) insiste sur une différence majeure avec d’autres technologies ; celle-ci concerne le public qui s’ouvre et s’élargit. Si la vision d’un film super 8 était auparavant limitée au champ familial, la caractéristique du téléphone mobile est quant à elle de diffuser au monde entier, depuis 2005 environ, la production via des plateformes (pp. 55-59). La modification de la narration est conceptualisée par William Uricchio : « Digitalisation, mise en réseau et accessibilité, ces trois facteurs ont permis une intense participation, élargi la notion de données jusqu’à inclure la localisation et changer fondamentalement la notion du sujet documentaire (p. 62).

Ce livre rappelle un fait essentiel. L’impact économique de l’objet n’est pas négligeable ; il permet de réduire les coûts de production de films de cinéma au même titre que le caméscope, la webcam… Le volume de la production partageable est aussi un sujet de réflexions. « Alors que j’écris ce texte, les usagers de YouTube mettent plus de 72 heures de vidéo en ligne toutes les minutes et Facebook pousse plus du milliard d’usagers à mettre en ligne sur leur page personnelle, au jour le jour, leur autobiographie multimédia (photos, vidéo-clips, cartes de géolocalisation, liens et pages de journaux intimes » (p. 63).

En Afrique du Sud, le projet Yoza présenté par Steve Voslo (pp. 101-106) est très intéressant par les enseignements qu’il suggère. Ils prennent la forme de leçons : faire participer le public, renouveler rapidement les contenus, bien prendre en compte le fait que le mobile est toujours connecté, les utilisateurs savent ce qu’ils veulent et l’expriment, les utilisateurs veulent commenter et voter, il faut tirer parti des réseaux existants, l’usage s’érode dans le temps et il y a des fans fidèles qui s’expriment et beaucoup d’utilisateur muets (pp. 103-106). L’article de Christopher Kirkley (pp. 107-115) sur l’échange de musique dans les communautés touareg est passionnant. Il décrit les conditions des échanges de personnes à personnes – en général par Bluetooth – et ceux qui ont lieu par le réseau. Le lien entre la technologie et l’usage est parfaitement analysé (pp. 107-115).

Au début de son texte, Nicolas Nova (pp. 129-138) cite les noms attribués à ce dispositif selon les pays : « mobile, cellulaire, natels, gsm [global system for mobile communications], Handy, Keitai ». Malheureusement, il n’analyse pas les conséquences sociales, quand l’appareil est vu comme un élément de la mobilité, un prolongement de la main – une prothèse – ou un dispositif technologique, ce qui prédétermine des usages, comme j’en fais part dans mes publications. Par la suite, le contenu relatif aux applications géolocalisées est très intéressant, non seulement dans la description des exemples choisis, mais également dans la conclusion qui montre à la fois la détermination technologique et l’existence pour la plupart des utilisations de ce que l’on nomme usages détournés.

La contribution d’Anne Jarrigeon et de Joëlle Menrath (pp. 83-100) est une des rares à posséder une entrée technologique car elle est consacrée au sms (short message service), ces messages courts qui sont devenus des succès insoupçonnés. Pour montrer l’originalité de ce texte, ces deux auteures expliquent que la majorité des analyses sont d’ordre linguistique, mais elles ignorent beaucoup de travaux sociologiques ainsi que ceux issus des technologues. Elles ont recours à Laurence Allard qui a explicité le caractère performatif des sms. Pour cette dernière, c’est un des moyens du « travail expressif à travers lequel les individus performent leur identité » (p. 84). Anne Jarrigeon et Joëlle Menrath se limitent alors au sms en tant que pratique d’écriture ; elles annoncent un discours situé « à la croisée des sciences de la communication, de l’anthropologie et de la psychanalyse » en ignorant de nombreuses bonnes études réalisées dans ce domaine et en pratiquant également l’autocitation de façon excessive. Le sms est devenu banal, il suffit de connaître le nombre de sms envoyés pour s’en rendre compte. Elles se référent trop rapidement à trois thèses, en l’occurrence celle de l’expérience identitaire de Paul Ricœur (Bourdieu P., 1986, « L’illusion biographique », Actes de la recherche en sciences sociales, 62/63), celle de l’idiorrythmie de Roland Barthes (1977, « Comment vivre ensemble ? – Sur l’idiorrythmie , cours au Collège de France – janvier-mai 1977 », accès : http://rhuthmos.eu/spip.php?article1346, consulté le 13/01/15) , et enfin celle de la compétence personnelle. Pour ce dernier cas, elles citent la conférence de Ted de Sherry Turkle, (accès : https://www.ted.com/talks/sherry_turkle_alone_together, consulté le 13/01/15) alors qu’il existe de nombreux travaux dans ce domaine, dont l’un des premiers publiés en français de Leopoldina Fortunati et de Marina Chiaro (1999, « Nouvelles technologies et compétence des usagers », Réseaux, 96, vol. 17, pp. 147-182). Elles ne réutilisent pas tout à fait à bon escient Michel de Certeau (1980, L’Invention du quotidien, 2 tomes Paris, Gallimard, 1990) avec le concept de braconnage situationnel. Il en est de même sur les limites de la performativité de la téléphonie mobile au sujet desquelles il existe de nombreuses publications, notamment celles de Christian Licoppe (Licoppe C., Zouinar M., coords, 2009, Réseaux, 156, « Les usages avancés du téléphone mobile »).

Petite déception, certains auteurs n’analysent le sujet que de façon partielle ou comme complément d’une thèse qu’ils développent. C’est particulièrement vrai pour ce qui est de l’article de William Uricchio (pp. 61-80) qui traite pendant quinze pages du documentaire social et dédie seulement trois pages au téléphone mobile. Il aurait été raisonnable de demander à cet auteur de réduire cette première partie. Le texte de Thomas Paris (pp. 171-182) contient onze pages de description de l’économie de la création, et ce, sans références au téléphone mobile ; cela ressemble à un cours dont peu de pages concernent le sujet. En revanche, l’intéressante présentation de CrowdVoice par Esra’a El Shafeï (pp. 81-82), réduite à deux pages sur le service open source permettant de faire connaître des mobilisations sociales et politiques, aurait mérité davantage d’explications. Il en va de même d’Iranian Stories proposé par Thibault Lefèvre, Louis Racine, Nicolas Rouilleault et Cyril Cadars (pp. 163-169). Ces auteurs présentent une plateforme de recueils et de diffusion de témoignages sur la situation en Iran, ainsi que des compléments comme une chronologie de la période concernée. Ils démontrent l’intérêt de telles solutions technologiques et le rôle que joue le téléphone dans ce domaine.

L’article d’Anne Jarrigeon et de Joëlle Menrath (pp. 83-100) contient trop de notes en bas de pages, dont toutes ne sont pas utiles. Ces dernières auraient mérité d’être intégrées dans le texte. Le texte de Laurence Allard (pp. 139-162) a pour titre « Express Yourself 3.0 ! Le mobile comme technologie pour soi et quelques autres entre double agir communicationnel et continuum disjonctif soma-technologique ». Ce titre appellerait une traduction dans un langage plus lisible. Assurément, ce texte est le plus insatisfaisant du recueil. 

L’intérêt de l’ouvrage est de mobiliser des disciplines multiples, signalées comme « sociologie, psychologie, économie, esthétique, ergonomie, musicologie, pragmatique » (quatrième de couverture). Il est globalement très agréable à lire ; par conséquent,  il est ouvert à tous les publics. Il permet de réfléchir sur ses propres pratiques en matière de téléphone mobile et d’envisager de nouvelles utilisations.


Marketing ! Un nouvel ouvrage…

etudes de marché

Mon ouvrage réalisé avec Laurent Bister vient de sortir

Le marketing des objets technologiques et des services numériques

 

ou encore :

https://www.facebook.com/pages/Le-marketing-des-objets-technologiques-et-des-services-numériques/1490341717848621

En vente chez Amazon et dans toutes les bonnes librairies!

http://www.amazon.fr/marketing-objets-technologiques-services-numériques/dp/1784050148/ref=sr_1_5?ie=UTF8&qid=1401645015&sr=8-5&keywords=bruno+salgues

 

Aprés le Huffington Post, l’atelier, deux articles sur le Phone Block ou je suis cité!

Et voila pour les liens:

http://www.huffingtonpost.fr/2013/09/13/phonebloks-concept-telephone-realisable_n_3919397.html?utm_hp_ref=france

 

http://www.atelier.net/trends/articles/personnalisation-hardware-mobile-tendance-un-mouvement-durable_424847

Bonne lecture…

 

 

Le Système d’information peut-il contribuer au développement durable ?

Le Système d’information peut-il contribuer au développement durable ? Tel est l’objectif de « l’opération framboise »

 

« L’opération framboise » est le nom de code pour l’introduction d’ordinateurs « Raspberry » au sein du groupe hospitalier Le Creuzot-Monceau.

 

Après avoir fait un bilan économique d’une centralisation des opérations, il fallait trouver également une solution pour remplacer le parc. Le constat a été rapidement établi. Un « ordinateur-tour » coûte entre 400 à 500 euros. Un portable coûte plus de 600 euros. Un Raspberry coûte 40 euros ; avec la connectique, clavier et écran, le prix atteint 150 euros.

 

La question principale a été de donner davantage d’autonomie à l’utilisateur. Pour cela, certaines questions se sont posées. Comment équiper des chariots mobiles et  passer d’un coût de 4 000 euros  à 1 500 euros ?

Comment répondre à la mobilité à l’intérieur et hors de l’établissement ? Comment faciliter le partenariat ?

 

En termes de système d’information, il s’agissait de répondre à des nouveaux usages et à l’évolutivité du parc. En même temps, deux objectifs complémentaires étaient visés : renforcer la haute disponibilité, sécuriser les données. La virtualisation du poste de travail a été la solution retenue.

 

Il s’agissait donc d’une virtualisation étendue du poste de travail (VDI  pour  Virtual Desktop Infrastructure). Cette virtualisation a essayé de profiter du système d’exploitation  à  disposition (OS ou Operating System)  afin de personnaliser l’environnement de chacun. Il a été possible d’admettre une logique BYOD  (abréviation de l’anglais « Bring your own device » ou « Apportez vos appareils personnels »).

 

Avec cette logique, l’utilisation de ce type de système pourrait être étendue à la surveillance et la sécurité des locaux, à la connexion de lecteurs de carte RFID (de l’anglais radio frequency identification) et aux badgeuses horaires.

 

Cette solution est dans une logique de développement durable. À chaque vente, la fondation qui a développé Raspberry verse une aide aux pays en voie de développement. La consommation d’énergie est de 2 Watt contre 50 à 100 Watt pour un ordinateur classique. En termes de coûts, cette solution permet de réaliser entre 5 et 30 % d’économie.

 

La virtualisation des applications a été  réalisée par le développement de briques technologiques. Elles doivent permettre la portabilité des usages et dédier des environnements

 

Que ce soit en ce qui concerne la virtualisation des postes de travail, tout comme celle des applications,  la limite est le coût des infrastructures de communication. Pour  1 000 postes de travail dans l’hôpital, 90 % de la population se connecte.

 

Source : 22èmes Journées nationales Athos de Grenoble, 17et 18 octobre 2013, Secrétariat ATHOS, Tél : 05.62.99.56.98 ou 05.62.99.52.60, Fax. 05.62.99.56.39, e-mail : athos@athos.asso.fr, Adresse : ATHOS Hôpitaux de LANNEMEZAN, 644 Route de Toulouse, BP 167, 65308 LANNEMEZAN, site web :  http://www.athos.asso.fr/

Les documents de santé en ligne dans les établissements de soins

Les documents électroniques en ligne dans une clinique ou un hôpital doivent respecter des critères organisationnels et juridiques.

 

Sur le plan de l’organisation, c’est le  « critère de l’évolution » qui est l’un des plus importants. Les documents doivent être conçus pour rendre possible toute forme d’amélioration.  Les nouvelles recherches médicales, les  développements de protocoles des soins et l’innovation provenant des technologies de soutien (robotique, medical devices) rendent nécessaire ce caractère évolutif. La bonne méthode semble être celle qui consiste à faire participer les acteurs à leur conception et leur contenu. L’utilisation d’approches innovatrices en termes de technologie d’information permet de donner de la « valeur » aux données déjà existantes. Pour la conception, l’utilisation d’une approche centralisée sur l’utilisateur apporte de bons résultats selon les développeurs actuels.

 

Les aspects juridiques sont quant à eux multiformes. Le point essentiel est le respect de la vie privé et la sécurité. Ainsi, le contrôle d’accès, la stratégie de management des données (cryptographie) sont deux éléments nécessaires. Le second aspect est celui de la conformité sur différents points : ceux de la régulation, ceux de la législation et enfin ceux qui concernent la normalisation nationale et régionale.

 

Ces outils ne peuvent être indépendants des systèmes d’information existants. Pour cela, il est souvent indispensable de connaître les conditions organisationnelles de façon détaillée ainsi que les procédures existantes, tant sur le plan administratif que sur le plan du support.

Quel développement pour les usages des TIC en ruralité ?

Marco Diani, sociologue au CNRS, se pose la question du développement des usages sous la forme suivante.

Comment faire en sorte que dans cette phase de développement numérique, on n’en reste pas à faire des vœux pieux et des constats d’installation des réseaux ? Il commence par une remarque : l’opposition territoriale ne passe pas par l’opposition ville/ruralité. D’où une seconde interrogation : que veut dire la ruralité avec le haut débit ? Il se propose donc d’évaluer les nouveaux profils professionnels, les nouveaux contenus qui sont susceptibles d’apparaître. En d’autres termes : quels sont les nouveaux élus du numérique ?

 

Il suggère de traiter ces questions en répondant à quelques points.

 

  1. Nous manquons terriblement d’initiatives et de connaissances  en matière de contenu. Que va-t-on mettre dans ces réseaux ?

 

  1. Tout cela devrait augmenter les interactions ainsi que les pouvoirs venant d’en bas ? Que fait-on avec cette nouvelle forme de pouvoir ?

 

  1. Il convient d’observer l’énorme déficit à apprendre à utiliser. Un grand nombre de personnes n’utilisent donc pas ces technologies. Il s’agit donc de se poser la question de la digitalisation des activités, en particulier pour ce qui est des populations dites traditionnelles, les 30% « d’illettrés ».

 

  1. « Isolement versus présence humaine dans le numérique », y compris dans le domaine public. Que fait-on avec des guichets virtuels ?

 

  1. Quelle est la place de la technologie, forme d’interaction, contenu ?

 

  1. On ne peut se diriger vers le monde numérique en ordre dispersé. Des milliers d’expérimentations sont lancés, peu de coordination sont mises en place et les bilans sont rares.

 

  1. L’absence d’ouverture internationale est certainement une faiblesse.

 

  1. Quels sont les intérêts d’une démocratie des flux, forme de consultation presque constante, rôle de l’immédiateté, forme nouvelle de populisme (empowerment qui a mal tourné !)

 

Pour Marco Diani, les nouvelles formes de relations au numérique doivent être analysées et c’est ce qui importe. Elles créent de nouveaux territoires. Ce sont des nouveaux territoires du « numéralitique », affirme-t-il en créant à cette occasion un néologisme.

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Quel modèle pour la société du numérique ?

Gilles Babinet a donné son opinion dans le domaine du numérique en commençant par une position marquée. « Je ne suis pas sûr que pour la France, il faut utiliser le modèle californien, il faut s’intéresser à la société que nous voulons construire ». Il voudrait également éviter le modèle coréen, qui ne créé pas un pays heureux, car la société doit se remettre à penser. Il pose alors quelques questions pour préciser sa pensée.

 

Veut-on construire une éducation qui traumatise les enfants ? On sait que le partage permet d’apprendre plus rapidement. Pourquoi ne pas l’introduire ?

 

Comment repenser l’enseignement supérieur, pourquoi ne pas construire des cafés éducatifs et ainsi permettre au moindre village d’avoir  accès  à la connaissance ?

 

Veut-on créer des hospices automatisés et intégrer une société « jeuniste » excluant les personnes âgées que nous ne voyons pas, ou créer au contraire des échanges intergénérationnels ?

 

Quelle société de consommation voulons-nous ? Société consumériste qui gaspille ? Quelle économie locale ?

 

Il faut faire en sorte que les débats existent, l’utopie est perdue. Ce qui est important, c’est la réalité.

 

Pour Gilles Babinet, il y aura une réforme et c’est la fin de l’emploi salarié comme mode de travail unique  Il faut re-comprendre la réalité de l’emploi. On doit observer ces modèles qui constituent des niveaux de cohérence qui deviennent acceptables. C’est ce que font des communautés en Suède ou au Japon

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui  s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Un plan pour le haut et le très haut débit

Un petit rappel, avec l’appel à manifestation d’intentions d’investissement, le gouvernement a lancé en juin 2010 le « Programme national très haut débit », avec  pour objectif de donner accès à tous les foyers à un service très haut débit.

 

Antoine Darodes, Directeur de la mission très haut débit, a présenté le Plan France Numérique et a annoncé l’éventuelle création d’une agence pour cette action. La standardisation des accès aux réseaux fait partie du plan, enfin !

 

Anne Grenier, Directeur des affaires publiques de Covage, est relativement satisfaite du plan haut débit. Le coefficient de ruralité semble être utilisable. La constitution d’une structure nationale pour gérer la cohérence des réseaux paraît indispensable. Covage a déployé 70 000 prises dont 25 000 à Saint-Pol. Le sujet de l’extinction du réseau fibre est une variable non négligeable pour l’équilibre économique. La mission Champsaur a pour objet cette réflexion.

 

Pour Cyril Luneau de SFR, les chantiers ont démarré.

 

Benoît Vandewalle, Président du SIVU de Saint-Pol sur Mer a commercialisé ses œuvres de fibre depuis juillet 2013. Les quatre villes de 60 000 habitants de la Région de Dunkerque ont un réseau vieillissant coaxial. Ce réseau a évolué vers la fibre, reconstruction du réseau  lancé en 2008. Actuellement, 85 % a été réalisé, la totalité du réseau sera en fibre  à fin 2013. Ce territoire est frappé  par le chômage, une offre sociale gratuite à 512 kbit  a été faite, c’est un des points pivots du projet. Quatre opérateurs se partage l’exploitation du réseau, mais les grands opérateurs comme Orange et SFR sont absent.

 

Alain Lagarde, Conseiller régional du Limousin et Président de Dorsal, un SDTAN régional (Schéma Directeurs des Aménagement Territorial Numérique) a été voté, 30 % de FTTH (Fiber-to-the-Home)est installé. Une  aide au coût des prises prévue est de 800 euros pour la Creuse. PourAlain Lagarde, il parait important d’éviter la concurrence entre les réseaux.

 

Le Directeur régional d’Orange affirme sa présence dans ses réseaux fixes, ceux de DSP.

 

Question sur les lieux où l’on a créé des réseaux de première génération, qui ont une double peine.

Les réseaux FTTH publics construits par les collectivités ne voient pas l’arrivée des grands opérateurs. Il faut bien prendre en compte le réseau de collecte, sinon, il y a aura qu’Orange

 

Michel Lebon pose le problème du délai entre l’annonce et la réalité de la mise en œuvre des réseaux. Mais qu’en est-il des clients ?

 

Les enjeux de société liés au numériques conduisent à des ajustements qui se révèlent extrêmes. Le rêve d’Internet était de redonner de la démocratie. On ne doit pas s’étonner de la diffusion des technologies numériques. On veut utiliser cet outil pour uniformiser.

 

Note : Les schémas directeurs territoriaux d’aménagement numérique (SDTAN) ont été définis par la loi du 17 décembre 2009 relative à la lutte contre la fracture numérique.

Les technologies FTTH (Fiber-to-the-Home) consistent à desservir les télécommunications par la fibre jusqu’au pied des immeubles ou de la maison.

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Comment desservir en haut débit ?

Différentes solutions techniques existent en dehors de la fibre optique.

 

Philippe Legrand de Nomotech, a présenté la solution radio qui permet à des zones  grises d’avoir des prises raccordables à 250 euros. La boucle locale radio en France dessert 80 000 abonnés en France.

 

Jean-François Bureau d’Eutelsat, rappelle que la société dispose du satellite le plus puissant avec 80 gigabits au total par tranches de 20 mégabits en réception et 6 mégas en émission. Le satellite coûte 350 millions d’euros, il peut raccorder 2 millions de clients potentiels, mais ne dispose actuellement que d’environ 100 000 abonnés.

 

Arteria, filiale de RTE, a été créée pour développer les antennes et la fibre sur les lignes haute tension depuis 2002. Ainsi 20 000 km de liaisons électriques sont équipés, dont 600 000 km d’équivalent fibre installés. L’idée est de mutualiser les infrastructures avec d’autres utilisateurs.

 

NordNet est fournisseur de détail satellite via Eutelsat. Il offre des solutions comme « Connect école » qui permet de relier des écoles rurales.

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Questions d’un territoire numérique

Fabien Bazin de Nièvre numérique a présenté « Engage », un programme européen. Neuf pays et onze territoires s’attellent à la rédaction d’un livre blanc et de recommandations  quant au haut débit rural. Son intervention depuis la Finlande n’a pu que valider la mauvaise qualité de la liaison via Skype. La Nièvre a démarré un fibrage du département. Une des interrogations de la Nièvre est la suivante : comment procéder à travers le maillage local pour reconstituer un grand service national ?

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org