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Quand un ministre assiste jusqu’au bout à ma conférence …

Grande joie à l’ïle Maurice

Pour ma part, depuis le gouverneur de Californie « Arnold Schwarzenegger » au Cebit en 2009, c’est la première fois qu’un ministre, Soomilduth BHOLAH,assiste à la totalité de ma conférence ! (PS: Il est ministre des Affaires, PME et Coopératives de l’île Maurice).

PS2 : aucun ministre français n’a assisté à une de mes conférences jusqu’au bout.

Interculturel en entreprise, un ouvrage

Cet article est une note de lecture de l’ouvrage de Danielle Leeman, Alain Cazade, Jean-François Chanlat, Gilles Louÿs, Sébastien McEvoy, dirs, L’interculturel en entreprise : quelles formations ? Aspects civilisationnels, économiques, historiques, juridiques, linguistiques. paru aux éditions de Limoges, Lambert-Lucas, col. Info-com, en 2011.

Une version de ce commentaire est paru dans :

Question de Communication, numéro 26-2014

Signé Alain Cazade et Danielle Leeman, l’avant-propos (pp. 9-11) annonce la couleur : « Le lieu d’une recherche spécifique et incontournable, dans le contexte actuel, se dessine ainsi, comme l’importance à lui donner dans les formations dispensées par l’Université » (p. 11). À ce titre, ce livre s’adresse à tous ceux qui, de près ou de loin, traitent de ce sujet ou sont confrontés à ce thème dans leur pratique. Cet avant-propos contient une liste à la Prévert de comportements culturels qui peut servir d’introduction à des cours sur le sujet de l’interculturalité. Quelques pages plus loin, Cornelius Crowley évoque les topoï, sujet bien connu des hommes du marketing (pp. 12-13). C’est également le prétexte invoqué par les auteurs pour s’intéresser à ce sujet.

L’article de Danielle Josèphe (pp. 63-70) commence par une reprise de la définition de Louis Porcher dans La Civilisation (1986, Paris, Éd. Clé) : « Interculturelle est l’attitude qui consiste à construire entre des cultures différentes des relations de réciprocité c’est-à-dire de connaissance mutuelle, connaissance étant prise ici au sens de saisie des lois de fonctionnement de chacune des cultures considérées » (p. 63). Signée Cornelius Crowley, la préface (pp. 11-16) souligne le fait que « la culture est une affaire d’entre » au même niveau que les termes d’intérêts et d’intéressement (p. 11). Pour lui, il ne s’agit pas seulement d’une affaire d’entre soi, mais aussi d’une affaire « d’entremise et d’entreprise » (p. 11).

Le sujet abordé par Danielle Josèphe concerne l’interculturel dans l’enseignement du français langue étrangère ou seconde. Ce sujet impose de différencier les notions d’interculturel et de multiculturel. Pour cela, elle utilise le concept de Martine Abdallah-Pretceille qui distingue l’interculturel, soit une construction susceptible de favoriser la compréhension des phénomènes sociaux et éducatifs en liaison avec la diversité culturelle, et par ailleurs le multiculturel qui n’a quant à lui pas de vision éducative, mais qui reconnaît la pluralité des groupes et veut éviter leur éclatement (p. 65). Cette distinction semble approfondie par Mehdi Majidi (pp. 81-85). L’organisation doit alors évoluer en trois niveaux. Le local, premier niveau ; c’est celui où le facteur interculturel est important. Ensuite, l’organisation doit intégrer des valeurs stratégiques où la diversité culturelle devient importante. Enfin, l’organisation cherchera la source de son avantage concurrentiel en répondant à des demandes multiculturelles. Concernant les compétences à acquérir en termes d’interculturalité, Maria del Carmen Méndez García nous propose le modèle icopromo (intercultural competence for professional mobility) (pp. 87-92), tandis que le texte des consultants Nicolas Delange et Philippe Pierre (pp. 99-108) invite à réfléchir sur les compétences nécessaires pour les cadres mobiles dans un contexte multiculturel. Ces deux auteurs utilisent la notion de compétence culturelle de Philippe Laurent et Yih-Teen Lee (2005, « Comment appréhender la compétence interculturelle », Revue économique et sociale, 3, sept., pp. 13-21), soit « l’ensemble des connaissances, habilités, capacités et compréhensions qui permettent à une personne qui possède ces qualités de comprendre les comportements, les valeurs et les approches de vie des peuples différents que soi-même, et d’agir de manière acceptable par d’autres pour faciliter la communication et la collaboration » (pp. 103-104). Sans en faire la vraie démonstration, ils concluent qu’il n’y a pas de compétences culturelles, sinon des compétences sociales (pp. 99-107). Dans la même veine, Gilles Louys défend l’idée que ce qui est le plus important, ce n’est pas l’interculturel, mais plutôt l’intercivilisationnel (pp. 109-114). À partir de son expérience d’enseignement des langues dans des écoles d’ingénieur, Didier Bottineau (pp. 115-126) insiste sur l’importance de la pratique de la langue.

Evelyn Odonkor (pp. 17-20) a étudié les publicités destinées aux enfants en France, au Ghana et aux États-Unis selon sept axes : l’accomplissement, le bonheur, l’amusement, la force, l’héroïsme, l’humour et la relation adulte-enfant. Parmi eux, seuls les quatre derniers varient en fonction des cultures. L’humour est le seul s’avérant très différent. Par exemple en France, il est possible de se moquer des enfants et des adultes dans les contenus publicitaires, alors que cela ne concerne que les adultes aux États-Unis et que toutes formes de moqueries sont proscrites au Ghana, pays où l’adulte est la personne qui sait ce qui est le mieux pour la famille.

L’article de Patricia Gutiérrez et de Mercé Pujol Berché (pp. 21-31) réalise une analyse intéressante de l’interculturalité dans le groupe d’hôtels Accor entre la France et l’Espagne. Pour ce faire, les deux auteures utilisent pour l’interprétation la notion de chaîne d’action de Hall et Hall (Hall E. T., Hall M. R., 1987, Guide du comportement dans les affaires internationales, trad. de l’américain par E. Jacquemot, Paris, Éd. Le Seuil, 1990). Il s’agit d’un ensemble d’évènements auxquels une ou plusieurs personnes participent. Le texte de Fabien Blanchot (pp. 33-44) s’intéresse aux alliances d’entreprises ; il prend comme support celle de Nissan et Renault. Il propose une liste d’effets des différences culturelles : incompréhension, factionnalisme ou clanisme, déstabilisation managériale. À partir d’une analyse de la littérature, il liste les effets vertueux des alliances interculturelles, ainsi que leur cause. Le management interculturel est alors proposé comme une quadruple action : intégratrice, de sensibilisations aux différences, de connaissance et d’appui sur les similitudes, de développement de compétences d’action. Cette contribution analyse ensuite 14 leviers d’action utilisés dans le cas de l’alliance Nissan-Renault. L’étude de cas de Jean-Pierre Segal (pp. 51-61) sur le transfert du cadre institutionnel métropolitain des relations de travail dans le cadre de la Nouvelle-Calédonie est à la fois captivante, passionnante et témoigne en outre d’un vécu. Sa conclusion est aussi d’une grande valeur et se décompose en trois points : la place de l’école dans ce processus, l’importance des autres variables et la nécessité de recherche-action dans ce domaine. Cette thèse sur l’importance du rôle de l’école est reprise par Danielle Josèphe qui montre comment intégrer l’interculturel dans l’enseignement du français langue étrangère et seconde. En revanche, dans son étude du cas d’une entreprise franco-latino-américaine de parfumerie, Emmanuel Sauvage (pp. 93-98) montre l’importance de la compréhension réciproque.

Diana Balaci (pp. 77-80) explique comment l’interculturalité est apparente dans les bâtiments de l’Institut français de Bucarest. Simon Bouquet (pp. 127-142). utilise comme support de ces démonstrations la Déclaration universelle des droits de l’homme dont il fait une intéressante analyse sémantique.

Ce livre contient des articles de qualités inégales. L’article sur l’interculturel franco-allemand et les styles de management dans les firmes multinationales de Véronique Boirie (pp. 45-50) ne fait aucune référence aux nombreux travaux sur ce sujet liés aux rapprochements européens ou aux tentatives échouées dans le domaine de la construction de matériel de transport, de la pharmacie, des télécommunications et de l’informatique. La conclusion est alors banale ou évidente, selon de quel point de vue on se place : « Les logiques de fonctionnement dans les groupes étudiés sont différentes selon le rapport au pouvoir et à l’autorité et posent la question du rôle des managers et de leur manière de le vivre selon la culture nationale d’origine » (pp. 45-50). L’article de Gilles Lecointre (pp. 71-76) apporte peu d’éléments au débat, mise à part une idée assez éloignée qui est celle de l’instauration d’un contrat d’emploi à long terme dans l’entreprise (celte).

Notons également des pratiques d’autocitations présentées comme des évidences de lecture, lesquelles dans les faits sont improbables, notamment dans le texte de Patricia Gutiérrez et de Mercé Pujol Berché, celui de Fabien Blanchot. Ces auteurs ont du mal à faire croire qu’ils sont mondialement célèbres et que tout le monde a lu leur prose. Les phrases du type « La présente contribution s’appuie en partie sur moi-même » peuvent être mal appréciées par le lecteur intéressé par ce sujet.  

Sur le plan de la forme, l’article de Maria del Carmen Méndez García (pp. 87-92) rédigé en espagnol aurait mérité un résumé en français ou en anglais. Pour éviter la répétition des mêmes auteurs comme Philippe d’Iribarne, Geert Hofstede, Luc Boltanski et Ève Chiapello…, une bibliographie commune aurait pu être présente, d’autant plus que la forme des bibliographies est différente d’un article à l’autre. Sur ce sujet, de trop nombreuses citations d’auteurs ne sont pas présentes dans la bibliographie. Mentionnons par exemple « (Jamet, 2009) » dans l’article de Didier Bottineau (p. 125).

Le livre se termine par deux points de vue apportés, d’une part, par les acteurs du master Interculturel et international de l’université Paris Ouest Nanterre La Défense et, d’autre part, par ceux du master Management interculturel de l’université Dauphine. Signalons la vision réaliste de ces acteurs qui s’interrogent notamment sur les relations entre les formations et les entreprises et sur la réalité concrète des modèles universels de gestion. Ces résumés et commentaires sont d’excellents apports pour guider le lecteur dans la lecture du volume, tant les différences sont réelles.


 

Marketing ! Un nouvel ouvrage…

etudes de marché

Mon ouvrage réalisé avec Laurent Bister vient de sortir

Le marketing des objets technologiques et des services numériques

 

ou encore :

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La servicisation, c’est quoi?

La société de service dans laquelle nous sommes est à n’en pas douter, liée au ralentissement de l’innovation dans les produits. C’est pour cette raison que les acteurs industriels s’engagent dans une « servicisation » des produits et de la production.

 

La notion de « servicisation »

 

Cette « servicisation » se résume selon un nouveau schéma en trois points décrits ci-dessous :

 

Type Description
Production Recherche de la performance dans la productionSe renforcer, la « servicisation » est vue comme un facteur fondamental de la production.
Organisation Disposer d’un moyen de développer des architectures institutionnelles adaptées pour des industries futures
Produits et services Combiner des systèmes de produits et des services en utilisant les technologies de l’information et de la communication avec un objectif mondial

Tableau 1 : Logique de la servicisation

 

la nature de la « servicisation »

 

La nature de cette « servicisation » est l’innovation et le design de service, cette notion se distingue du « servicising » et de la « servuction ».

 

Le « servicising »

 

Dans sa littérature managériale, le « servicizing »  a été défini simplement comme « la vente d’un service au lieu d’un produit » (Makower, 2001) ou comme « la vente d’une fonction d’un produit ou d’un service fournit, plutôt que le produit physique » (Fishbein et autres, 2000). Le leasing d’un produit pour lequel on vend la location de son usage est l’exemple proposé et étudié par Fishbein. Pour ces auteurs, le principal avantage du « servicizing » est la réduction des coûts de transaction (transaction cost economics  ou TCE). Toutes les études qui ont concerné cette approche consistaient à observer les deux cas de figure pour lesquels) le « servicizing » provenait plutôt des entreprises ou des organisations qui sont demandeuses d’une réduction des coûts de transaction, ou au contraire des consommateurs perdus dans les offres multiples.

 

Différentes formes de servicising

 

En ce qui concerne le service, un modèle d’acquisition basé sur la location de services et non d’achat apparaît. Le modèle business devient alors fondé sur le paiement à l’usage. Le modèle d’accès fonctionne sur Internet sur n’importe quel terminal. Le modèle technique se définit comme étant  à la demande, « scalable », partageable. Cette forme était vendue, il y a quelques années sous le nom de « service bureau ». Elle a été rebaptisé récemment « cloud computing ». Différents facteurs favorisent l’émergence de ce nouveau modèle[1].

 

Facteurs Commentaires
Normatif Émergence de l’Internet des services, standard nouveau du web
Technologique Virtualisation (tolérance aux pannes), importance des réseaux (disponibilité, débit, latence), Latence faible des fibres et de la 4G
Economique Crise économique, compétition, concurrence, développement durable
Usages Acces anytime anywhere and any device  (ATAWAC) » , payment à l’usage

Tableau 2 : Caractéristiques fonctionnelles du Cloud Computing

Une nouvelle difficulté provient du risque de « remplissage des tuyaux ». En l’occurrence, il convient de répondre à l’adage : « Exposer la simplicité, cacher la complexité ». Trois types de solutions sont possibles :

 

-           Software as a service (SaaS) centré sur les applications, les services, les magasins applicatifs,

-           Platform as a Service (PaaS) qui fournit des outils,

-           Infrastructure as a service (IaaS) offre des capacités de calcul et de stockage.

 

La « servuction »

 

En créant le mot « servuction », Eiglier et Langeard (1987) ont adopté une conception systémique de la production du service. Ainsi, le service constitue l’objectif et le résultat du système de « servuction » d’un prestataire. La servuction est alors définie comme l’organisation systématique et cohérente de tous les éléments physiques et humains de l’interface client-entreprise, interface nécessaire à la réalisation d’une prestation de service dont les caractéristiques commerciales et les niveaux de qualité ont été déterminés. Lorsque l’on s’intéresse non pas à un produit, mais à un service, il devient nécessaire de distinguer le service principal («core service ») qui est celui qui satisfait le besoin principal du client, et le service auxiliaire ou complémentaire (« peripheral services »). Tous ces services facilitent l’accès au service de base ou ajoutent de la valeur au service défini (Eiglier et Langeard, 1987 ou Grönroos, 1984, 1993, 2000).

 

L’avantage compétitif

 

Michael Porter a défini une théorie de l’avantage compétitif  à partir de la notion de chaîne de la valeur. Il en dégage le fait qu’il n’y a que trois façons de construire cet avantage compétitif : réduction des coûts, différentiation ou concentration sur une niche.

 

 

Les stratégies génériques de Porter sont :

 

La différentiation

 

La stratégie de différenciation vise à obtenir un avantage concurrentiel en se différentiant. Ainsi, il est possible de proposer un produit ou un service à haute valeur ajoutée apparente à une cible large, avec des volumes faibles, mais de fortes marges.

 

La domination par les coûts

 

La stratégie de domination par les coûts vise à réduire les coûts. Ainsi l’avantage concurrentiel est obtenu en proposant un produit à faible coût à une cible stratégique large, avec de faibles marges, mais des volumes importants.

 

La concentration 

 

La stratégie de focalisation vise à obtenir un avantage en proposant un produit ou un service à une cible restreinte, qu’elle soit restreinte localement ou bien en termes de fonctionnalité du produit. Pour ce faire, il faudra adopter une chaîne de valeurs adaptées aux attentes de la cible.

 

Tout le reste n’est qu’enlisement sur la voie médiane.

 

Encadré 1 : Les stratégies génériques de Porter

Ce texte doit beaucoup a mes discussions avec Yoshio Tanaka, Professeur de dynamiques des technologies au  département du  Management des Technologie (MOT), Université des sciences de Tokyo au cours du Global Forum « Shaping the Future 2013, Driving the digital future, strategies to grow stronger communities and businesses », les 28 et 29 octobre 2013, Palazzio dei Congressi della stazione Marittima, Trieste, Italie.



[1] Cette partie provient de l’ouvrage de Bruno Salgues, l’e-santé et la télémedecine, Hermes Lavoisier, 2013

24 heures : Le progrés c’est nous …..

Fondapol, la fondation pour l’innovation politique, organisait le samedi 16 novembre à la mutualité française « 24 heures non stop ». Le thème global était « Le progrès, c’est nous ». Un des thèmes de cette journée était « 100 ans de santé sûre ».

 

Nicolas Bouzou, économiste, nous propose de soigner mieux et pour moins cher. Il nous propose surtout ses services via sa société Asteres.  La proposition du cabinet dans le domaine de la santé est résumée sur son site web par le schéma ci-dessous :

fondapol2013-1

 

Figure 1 : Proposition dans la santé du cabinet Asteres, source cabinet Asteres

Laurent Alexandre, l’un des deux créateurs du célèbre site Doctissimo, se lance dans un nouveau challenge avec d’une part le thème suivant : « La mort de la mort » qui fait référence au titre d’un ouvrage qu’il a publié en 2011. Il prône par ailleurs  la création de la société DNAvision dont l’objectif est de permettre à l’homme de vivre 1 000 ans !

 

Le coup de gueule de Yann Aubé, de la société Celtipharm est quant à lui beaucoup plus intéressant. Yann Aubé veut pouvoir utiliser les données médicales contenues dans les fichiers des caisses d’Assurances maladies. Malgré l’initiative « Open Data », ces données ne sont toujours pas accessibles. L’utilisation de ces données de santé pourrait réduire le nombre des 18 000 morts par an, décès sont liés à des erreurs médicales, des maladies nosocomiales, … Cela permettrait par ailleurs  d’économiser plus de 10 milliards d’euros, ce qui serait en soi positif eu égard à la situation actuelle des finances de la Sécurité sociale.

 

Étienne-Emile Baulieu s’intéresse dans son institut à la maladie d’Alzheimer. Ses travaux portent sur les hormones stéroïdes et leur impact sur la maladie. Le professeur avait montré l’importance du DHEA sur la qualité de la vie des personnes âgées. Parmi ces études, l’une d’entre elles concernant 280 personnes malades ayant entre 60 et 80 ans, traitées par 50 mg de DHEA par jour pendant une durée de un an et plus, a démontré une triple amélioration quant à : la qualité de la peau, de la libido et de la densité osseuse chez la femme ménopausée. La prégnénolone est le précurseur des hormones stéroïdiennes. Cette molécule donne naissance à toutes les autres hormones stéroïdes, tels que le cortisol, l’œstradiol, la progestérone, la testostérone mais aussi le DHEA. La prégnénolone est transformée de façon assez mal connue par le biais de réactions chimiques enzymatique (ce qui reste encore une hypothèse) afin de donner ces dérivés hormonaux. Son niveau dans le corps humain est le plus élevé entre 16 et 17 ans, puis son taux chute fortement pour atteindre son niveau le plus bas vers l’âge de 37 ans. Dans la conférence du Professeur Baulieu, elle apparaît comme une hormone clé dans le développement de la maladie d’Alzheimer.

 

La Faculté de Médecine de l’Université Stanford a publié une étude intéressante dans le Journal of Neuroscience daté du 13 juin 2012. Chez les femmes porteuses d’une variante génétique dite ApoE4, le cerveau montre des changements caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, changements visibles avant même qu’un premier  symptôme ne se manifeste. De plus,  les hommes et les femmes qui héritent de deux copies de cette variante génétique (une en provenance de chacun des deux parents) courent un risque très élevé pour ce qui est de contracter la maladie d’Alzheimer. La double possession concerne 2 % environ de la population, et 15 % des personnes sont porteuses d’une seule copie du gène ApoE4. L’étude montre l’existence d’une distinction entre hommes et femmes plus âgés en bonne santé porteurs de ce gène. Dans ce groupe, les femmes et non les hommes, montrent des caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Cependant, pour trois femmes qui seront atteintes, on ne comptera que deux hommes.

 

À ce stade, nombreux médicament comme les statines sont utilisés pour lutter contre le cholesterol. Ces molécules ont pour effet de diminuer la synthèse de prégnénolone. Ne seraient-elles pas à l’origine de l’augmentation des cas de maladie d’Alzheimer ? Ces résultats, dont les premiers sont assez anciens, ne sont pas négligeables en termes de qualité de vie pour les personnes âgées (peut-être notamment pour ce qui est de la femme de plus de 70 ans).

 

fondapol2013-2

Figure 2 : Modèle de la recherche en médecine (on centre ou pas le titre comme plus haut ou pas ?)

 

 

Le diabète est l’une des ces maladies chroniques que nous propose de traiter Séverine Sigrist. Directrice du Centre européen d’étude sur le diabète, elle a fondé la start-up Defymed avec l’ambition de créer un pancréas bio-artificiel. Un beau projet en perspective !

 

La mutuelle Matmut nous propose d’entreprendre autrement et selon deux axes : mettre en place des solutions à l’efficacité démontrée, et par ailleurs servir les hommes. Cette approche a été présentée par Arnaud Chneiweiss.

 

Dans le premier cas, il explique l’exemple des centres de santé Matmut dont l’efficacité est construite sur une idée simple. Il s’agit de construire une chaîne de production de soin la plus intégrée possible. Cette intégration est valable dans la chaîne de prélèvement pour l’analyse biologique, aussi bien que dans les applications informatiques. Pour les médecins recevant les patients, s’ils ont à faire face à des cas difficiles, une « hotline d’expertise » est à leur disposition.

 

Pour servir les sociétaires, a été imaginé un produit mutualiste simple qui permet trois consultations par an sans qu’il ne reste quoi que ce soit à la charge de ce dernier. Cela permet de servir des populations socialement ou financièrement peu favorisées.

 

Watchfrog est le nom de la start-up fondée par Barbara Demeneix, Professeur au Muséum d’Histoire Naturelle. Cette start-up part de la récession du crétinisme dans notre civilisation, récession liée à un constat assez ancien et elle s’insurge contre le phénomène des perturbateurs hormonaux.  Sans un minimum d’hormones thyroïdiennes au bon moment, le têtard de grenouille reste une larve et le bébé humain se retrouve atteint de crétinisme. Ce phénomène de crétinisme étant désormais bien connu, les enfants sont testés dès la naissance et sont traités en conséquence.

 

Un problème nouveau vient de ce que l’on nomme un « perturbateur endocrinien ». Les molécules thyroïdiennes ressemblent à celle des plastifiants, des pesticides, de certains retardants. Elles concernent environ 84 000 produits  de base couramment utilisés. À ce ceci, s’ajoute le manque d’iode dans notre alimentation actuelle.

 

La communauté ne craint-elle pas ce phénomène de crétinisme ? Telle est la question posée par Barbara Demeneix sur ce sujet, sujet qui reste en soi complexe. Un premier travail avait été couronné de succès en 2001 avec la mise au point d’une méthode de fluorescence qui a été largement améliorée dès 2006, puis plébiscitée le 7 février  2013 dans un article de Scientific American. Actuellement 1 enfant sur 6 serait contaminé, ceci étant dû en grande partie au phénomène de l’exposition des femmes au PCB. Une telle exposition correspond à 10 points de Q. I.  perdus pour les enfants en gestation. Il en est de même pour les pesticides et les « retardeurs de flamme[1] ». C’est l’homologie de structure qui fait que ces produits remplacent l’hormone thyroïdienne. Eu égard aux enjeux financiers et économiques que représentent ces molécules, un premier travail serait de faire un criblage des matières les plus dangereuses.

 

Alors que le pourcentage de crétinisme diminue, la chercheuse constate l’augmentation de l’autisme. Si l’autisme augmente, la France passera de 6 millions  d’enfants « doués » (dotés de capacités supérieures à la moyenne) à seulement 2 millions d’enfants doués, ce qui représentera un coût, sans compter les effets sociaux qui en résulteront.

 

« Santé active » est un programme des Caisses d’assurance maladie, lesquelles doivent faire face à une butée des possibilités assurantielles avec une dette sociale de 160 milliards d’euros qui provient principalement du développement des affections chroniques. Patrick Négaret, un des Directeurs de caisse, a présenté le programme « Santé Active ». Il s’agit de faire en sorte que l’on soit, selon ses termes,  dans une « situation de santé  active et pas assurance maladie ». La caisse a créé des outils pour cela : éléments de communication ou ateliers de coaching sur des thèmes comme la santé du dos, la santé du cœur, … Sur la population concernée par ce programme, on a pu montrer une diminution des dépenses de soin. Ce programme est associé avec des outils de santé en ligne, un programme de retour à domicile, ainsi que le programme national Sophia (ce programme a été mis en œuvre par les sociétés Altran et Healthways[2]). « Sophia » est l’un des plus importants programmes européens d’accompagnement personnalisé des patients atteints de maladies chroniques, principalement en ce qui concerne le diabète.

 

Pour les programmes de construction et d’infrastructure, Patrick Négaret propose de prendre en compte l’impact santé et non seulement l’impact écologique. Il donne plusieurs exemples, dont celui qui consiste à améliorer un parcours urbain : on dénombre alors moins de chutes et par conséquent moins de chirurgie orthopédique !

 

Arnaud Munnich s’intéresse quant lui au handicap chez l’enfant. Il vient de créer la « fondation imagine », un institut sur les maladies génétiques. Pour lui, des occasions de valoriser la recherche ont été perdues, car l’archaïsme de la recherche en agence paralyse l’innovation. Le bâtiment de la fondation, construit par l’architecte Nouvel, est adossé à l’hôpital Necker enfant malade.Cette fondation s’intéressera aux 20 000 enfants atteints de maladies rares. Pour lui, son institut représente en soi la preuve que l’on peut attirer les meilleurs chercheurs sur ce type de thème en France.

 

 

 

Pour en savoir plus :

 

Sur la journée « le progrès c’est nous » : www.leprogrescestnous.fr et la fondation pour l’innovation politique qui est l’organisateur : www.fondapol.org/

 

Sur Alzheimer : lire l’article de Baulieu E.E., Robel P., Fellous A., Duchossoy Y., Fontaine-Lenoir V., David S., « MAPREG: toward a novel approach of neuroprotection and treatment of Alzheimer’s disease », J. Mol. Neurosci., 2004, 24(1):63-5, review.

Pour la société Asteres : http://www.asteres.fr

Pour la société Celtipharm : http://www.celtipharm.org

Pour le programme de la CNAM « santé active » : http://www.masanteactive.com

Sur le diabète : http://www.ceed-diabete.org

Pour DNAvision : http://www.dnavision.com

Pour l’Institut Beaulieu : http://www.institut-baulieu.org

Pour la mutuelle Matmut ; http://www.matmut.fr

Pour la société Watchfrog : http://www.watchfrog.fr

 

 



[1] Ce sont des produits introduits dans des matières pour retarder leur inflammation.

[2] La Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), a attribué à Altran et Healthways l’assistance à maîtrise d’œuvre de son programme d’accompagnement « Sophia » pour une durée de 4 ans en mars 2011.

Comment changer le comportement des gens ?

Parmi les challenges du monde digital global  relatif au contenu et à la créativité, notons celui de la création de contenus aptes à faire changer de style de vie des personnes.

 

De manière spontanée, on pense à ce type de changement avec des objectifs marketing, mais il est aussi très important de construire des contenus  en relation avec des raisons de santé publique ou encore la création de contenus destinés à des programmes de prévention en matière d’accidents de la route pour les jeunes conducteurs. Dans ce dernier cas, les contenus seront construits avec les éléments issus d’analyses d’accidents et pourront prendre la forme de jeux. Les slogans « C’est quand vous mangez dans votre voiture que les accidents arrivent » ou « c’est quand vous conduisez en utilisant votre mobile dans la voiture que les accidents se produisent » ne seront plus des messages sous forme publicitaire sinon les résultats de la « découverte » et  des « connaissances acquises » par ceux qui vont utiliser ces nouveaux outils de l’Internet.

 

Autre exemple, un projet consiste à faire en sorte que les gens soient plus « verts » dans la vie en Inde  afin d’éviter d’augmenter le taux de pollution urbain. La méthodologie a été utilisée de manière identique.

 

Ces nouveaux outils fondés sur des jeux et des simulations sont plus efficaces en termes de politique publique que les messages publicitaires classiques.

 

Le Patient Certificate Scheme (PCS) est donc une approche nouvelle. Il s’agit de permettre aux personnes de devenir plus conscientes des risques afin que ces dernières prennent les mesures nécessaires pour leur santé ou pour favoriser un comportement plus social. Le but est de promouvoir le bien-être de tous à long terme, mais avec une productivité accrue et dans un monde meilleur, ce qui est en soi une équation complexe.

 

Il s’agit d’une boîte à outils qui se nourrit d’informations sur mesure,  de modes de communication incitatifs. Cette approche met l’accent sur l’individu. Elle lui présente de nouveaux moyens pour générer des motivations personnelles. Ce sont des nouvelles façons de se servir des informations et des technologies de communication (TIC) dans le but de renforcer la responsabilisation de chacun et de changer les comportements destructifs qu’adoptent certains. LearnforLife est une entreprise soutenue par PCS Ltd. Elle est chargée de préparer, organiser, lancer et mettre en œuvre les outils et les actions.

 

Source : Présentation d’Ingrid Anderson au Global Forum, Shaping the Future 2013, Driving the digital future, stratgeoes to grow stronger communities and businesses, 28 et 29 octobre 2013, Palzzio dei Congressi della stazione Marittima, Trieste, Italie

 

Pour en savoir davantage : Patient Certificate Scheme, LearnforLife®,  Postal adress: PO Box 298, 201 22 Malmö, Sweden, Tel :  +46-(0)40-176502, Fax :  +46-(0)40-176501, mail :info@patientcertificate.com, site web : http://www.patientcertificate.com/

Comment faire une politique de l’Internet performante ?

L’OCDE a dans son champ de compétence l’économie de l’Internet

 

Comment faire une politique efficace de l’Internet ? Telle est la question à laquelle l’OCDE a essayé de répondre en se focalisant sur trois points :

 

- la productivité,

- l’innovation et croissance,

- la création d’emplois.

 

Ces trois points ont été mis en avant en fonction du principe selon lequel les technologies de l’Internet sont des « créateurs » d’activité.  C’est pour cette raison que l’OCDE s’est lancée en 2011 dans la production de recommandations sur les principes pour faire une politique Internet (Internet Policy Making Principle).  L’organisation internationale a défini 14 principes, qui ont été révélés par l’observation des bonnes pratiques dans ce domaine.

 

 

Version anglaise (original) et traduction  en français

Promote and protect the global free flow of information; Promouvoir et protéger le flux libre (gratuit) et global d’informations
Promote the open, distributed and interconnected nature of the Internet; Promouvoir la nature ouverte, distribuée et connectée d’Internet
Promote investment and competition in high speed networks and services; Promouvoir l’investissement et la concurrence avec des réseaux à très haut débit et des services
Promote and enable the cross-border delivery of services; Promouvoir et permettre la fourniture de  services transfrontaliers
Encourage multi-stakeholder co-operation in policy development processes Encourager la coopération de multi-partie-prenante dans des processus politiques de développement
Foster voluntarily developed codes of conduct Favoriser des codes de conduite volontairement développés
Develop capacities to bring publicly available, reliable data into the policy-making process Développer des capacités pour fournir des données publiquement disponibles, fiables dans le processus décisionnaire
Ensure transparency, fair process, and accountability Assurer la transparence, les processus justes et la responsabilité
Strengthen consistency and effectiveness in privacy protection at a global level Renforcer la cohérence et l’efficacité dans la protection de vie privée à un niveau global (mondial)

 

Maximise individual empowerment Maximiser la responsabilisation individuelle
Promote creativity and innovation Promouvoir la créativité et l’innovation
Limit Internet intermediary liability Limiter la responsabilité des intermédiaires en ce qui concerne Internet
Encourage co-operation to promote Internet security Encourager la coopération pour  promouvoir la sécurité sur Internet
Give appropriate priority to enforcement efforts Donner la priorité appropriée pour favoriser l’action

 

 

L’organisation  recommande aux pays membres de les mettre en place. La Colombie, le Costa Rica, la Lituanie ont adopté les mêmes principes que les pays de l’OCDE.

 

 

Source : présentation de Jorgen Abild Andersen, OCDE, au Global Forum, Shaping the Future 2013, Driving the digital future, stratgeoes to grow stronger communities and businesses, 28 et 29 octobre 2013, Palzzio dei Congressi della stazione Marittima, Trieste, Italie

 

 

Pour en savoir davantage : http://www.oecd.org/internet/ieconomy/49258588.pdf

 

 

Les cités des métiers, mondialisation d’un concept pour lequel le numérique est la clé !

La notion de cité des métiers a vu le jour à Paris, en 1993 à la cité des sciences de la Vilette.

 

Les cités des métiers sont définies par cinq critères :

 

-          être centré sur les besoins des personnes et être ouvert à tous,

-          être accessible largement (accès libre, self-service, confidentialité),

-          être dédié à tous les secteurs professionnels ou tout sujet,

-          être supporté par un large partenariat de conseil et de financement (incluant les principaux acteurs de l’emploi et du conseil),

-           fonder sur une interaction des différents types de support et de média (conseil, outils personnels et dynamique de groupe).

 

Les cités des métiers ont proliféré dans le monde.

 

Dates Principales évolutions
1999-2000 Première extension des cités des métiers : 4 en France, 2 en Italie
2001 10 cités dans 5 pays, création du CDM NGO Network, réseau des cités
2013 39 cités dans 9 pays et 80 centres associés

 

Tableau 1: Évolution du nombre des Cités des métiers

Les cités des métiers ont évolué avec les technologies. Il y a eu différentes étapes décrites dans le tableau ci-dessous.

 

Année Contenu
1995 Un endroit où l’on vient chercher des informations
1997 Donner des accès aux contenus de la maison et à des événements y compris depuis l’extérieur
2004 Début des applications mobiles
2008 Séparer ce qui est plus facile à faire en ligne et lors d’une  rencontre physique et par conséquent choisir la meilleure façon de répondre
2011 Approche de type Livings Labs
2012 Utilisation des réseaux sociaux
2014 Approche incubateurs de communauté avec des outils en ligne

 

Tableau 2: Évolution du fonctionnement des cités des métiers

 

L’approche « Living Labs » a été une phase importante dans le développement. Il s’agissait de compenser :

 

-          l’isolement lié à une plus grande utilisation des écrans,

-          la pseudo-convivialité créée par les réseaux sociaux,

-          l’effet du « trop d’information » ou encore d’infobesité.

 

Il fallait donc créer des situations d’apprentissage et d’échange. C’est pour cette raison que les cités des métiers ont mis en place des groupes de travail organisés en sessions, ainsi que des clubs, la réception d’utilisateurs à l’extérieur des locaux, des ouvertures le soir et des interviews de dernière minute avant la rencontre des recruteurs avec des self-feedback. Ces actions consistaient aussi dans la découverte des outils en ligne pour trouver des « jobs » sur Internet et sur les réseaux sociaux. Un certains nombre de clubs ont été créés. Ils correspondent à des populations particulières : travailleurs disqualifiés, migrants, malades chroniques et travailleurs âgés. L’idée dans ce cas est d’accueillir leurs réunions en facilitant leur mise en œuvre tout en laissant les acteurs se prendre en main. Il s’agit de créer un incubateur de communauté. L’approche suivante sera de construire des outils en ligne pour devenir encore plus efficace. La dernière action, en l’occurrence la plus récente, consiste à se demander comment utiliser  les réseaux sociaux pour cela.

 

Latinos Travailleurs de plus de 45 ans Contexte de perte d’emploi économique
Post Gradué universitaires Malades chroniques Religieux
Amélioration des compétences Trans-genre Artistes
Femmes créatrice d’entreprise Compétences provenant d’ailleurs Activités complémentaires

 

Tableau 3 : Exemple de type de groupes créés

 

Source : Intervention d’Olivier Las Vergans au Global Forum, Shaping the Future 2013, Driving the digital future, stratgeoes to grow stronger communities and businesses, 28 et 29 octobre 2013, Palzzio dei Congressi della stazione Marittima, Trieste, Italie

 

 

Pour en savoir davantage : http://www.reseaucitesdesmetiers.com/

Comment co-construire un logiciel hospitalier

Sillages obstétriques est un des modules de la suite Sillage proposé par le SI (Syndicat Interhospitalier de Bretagne). Le CHIPS (Centre Hospitalier de Poissy Saint-Germain) dispose d’une maternité de type 3. L’éditeur et la maternité ont co-construit une nouvelle version de l’outil. Tel était l’objet de la présentation.

 

 

Quelques chiffres sur le CHIPS

Maternité de type 3, avec  plus de 4 700 naissances

280 professionnels de santé

37 748 accès aux plans de soins

4 873 patients informatisés

251  934 documents créés

4 807 naissances

Le logiciel

 

Le logiciel Sillage comportait un référentiel obstétrique, l’objectif du projet était de le faire évoluer par un accompagnement entre Sib et CHIPS. Celui-ci a débuté le 9 octobre 2011 par une mise en évidence : les manques de la première version. Un partenariat de 18 mois a été défini avec deux sessions de travail mensuelles.

 

La brique Sillage Obstétrique est intégrée au dossier patient dans différentes dimensions :

-          Rendez-vous

-          Dossier Obstétrique

-          Partogramme[1]

-          Dossier de soins

-          Production de soins

-          Circuit du médicament

-          Programme de médicalisation des systèmes d’information[2] (PMSI)

-          Bureautique

 

Le projet

 

Le projet a démarré avec le référentiel, version 5, avec la génération  de l’accès à l’information et une adaptation des fiches. C’est le cas en particulier des partogrammes qui ont été définis avec les sages-femmes. Ce travail a permis l’intégration du PMSI et d’une synthèse obstétrique. Une importante activité de refonte a été la création d’une cartographie qui permette les liens entre la mère et l’enfant. Il en résulte un meilleur suivi de l’accouchement et une synthèse qui s’enrichit.

 

Le projet a mobilisé sept sages-femmes cadres pour faire comprendre les besoins nécessaires. Elles ont acquis une bonne maîtrise de la solution. À ce stade, les promoteurs du projet ont remarqué le rôle important de la pharmacie dans les prescriptions.

 

La mise en œuvre

 

Il a fallu dans un premier temps augmenter le nombre de matériels. Une des demandes a été de disposer d’ordinateurs sur des chariots mobiles. Le choix du type de chariot de soins a été laissé assez libre à la discrétion des services.

Il a  fallu également faire participer les acteurs au paramétrage, en particulier pour la production de soins. La traçabilité de tous les personnels de santé a été également nécessaire. Elle a été complexe du fait même de la présence d’acteurs à temps partiel dans la structure.

Les apports et les limites du projet

Globalement, un gain de temps a été mesuré et apprécié. Il résulte d’une meilleure traçabilité et a pour conséquence une amélioration  de la qualité. L’accès à l’information a été facilité, le partage de l’information nécessaire a été un plus. Dans les deux cas, la rapidité a été plébiscitée.

Un besoin de synthèse dans les situations d’urgence est apparu, ce qui a engendré des demandes d’une meilleure lisibilité liée à l’information et à la quantité d’informations disponibles. Ces nouveaux besoins sont apparus avec l’utilisation du logiciel.

 

Au cours du déploiement,  le système a montré des limites au cours la saisie de l’urgence. Elle a été limitée aux seuls  cas où cela est nécessaire. Elle a été reportée après les actes médicaux.  L’ampleur de la couverture fonctionnelle a été l’origine de réflexions. La mise en œuvre a nécessité une formation initiale qui a été ciblée et dans laquelle les manipulations ont pris une grande place. La résistance aux changements des plus classiques, demande beaucoup de patience. Elle a été plus importante quant aux médecins.

 

Dans cette version, il manque la communication ville-hôpital, ce qui constituera l’étape suivante. Les grossesses sont le plus souvent suivies en ville mais par le biais d’un dossier papier commun.

 

 

Les clés de réussite

 

La réussite de ce projet passe clairement par une implication des différents métiers et la prise en compte de leurs référentiels. La coopération avec l’éditeur est nécessaire. Après un an et demi de travail préalable, il y a le moment où « il faut y aller », ce qui est une décision à prendre.

 

Source : 22 ème Journées nationales Athos de Grenoble, 17et 18 octobre 2013, Secrétariat ATHOS, Tél : 05.62.99.56.98 ou 05.62.99.52.60, Fax. 05.62.99.56.39, e-mail : athos@athos.asso.fr, Adresse : ATHOS Hôpitaux de LANNEMEZAN, 644 Route de Toulouse, BP 167, 65308 LANNEMEZAN, site web :  http://www.athos.asso.fr/



[1] Le partogramme, systématiquement réalisé dans les maternités, est une courbe sur laquelle le temps est porté en abscisse et la dilatation du col de l’utérus indiquée en centimètres, en ordonnée. La sage-femme ou le médecin notent tous les événements marquant le déroulement du travail (première étape de l’accouchement) : la dilatation du col de l’utérus, la hauteur de présentation fœtale, le rythme des contractions utérines, la couleur du liquide amniotique après rupture des membranes, le rythme cardiaque du fœtus, ainsi que la température de la femme et, le cas échéant, le traitement prescrit. Source : Larousse Médical.

[2] Le PMSI est un dispositif faisant partie de la réforme du système de santé français ayant pour but la réduction des inégalités de ressources entre les établissements de santé (ordonnance du 24/04/1996) sur la réforme de l’hospitalisation. Afin de mesurer l’activité et les ressources des établissements, il est nécessaire de disposer d’informations quantifiées et standardisées, le PMSI. Source : Wikipedia.

Le positionnement d’un Système d’Information Hospitalier sur son territoire, l’exemple du Centre Hospitalier de Dax

L’enjeu d’un Système d’Information Hospitalier (SIH) sur son territoire est bien de couvrir sa propre zone en intégrant les structures les plus éloignées de son siège. C’est un marqueur de qualité de la relation. Il doit donc répondre dans un premier temps aux notions d’égalité des traitements attendues, égalité de moyens pour les professionnels de soins, égalité de traitement pour les patients. Cette diffusion du SIH doit aussi se faire dans une optique de convergence et d’interopérabilité avec les autres acteurs de la santé. Il est alors souhaitable de créer un « hôpital ouvert sur son territoire », disposant de capacités d’échange.

Le CH de Dax, c’est environ 150 Millions d’euros (144 en 2012), 978 lits, 2 700 agents repartis sur l’un des départements les plus étendus de France avec 327 400 habitants. Il faut également remarquer qu’il y a plus d’une heure  de route minimum pour se rendre de l’une des extrémités du département à l’hôpital.

L’hôpital avait son propre réseau MAN (Metropolitan Area Network) sur Dax qu’il s’agissait d’étendre. L’hôpital voulait aller au devant des autres opérateurs de santé, cela passait par l’hospitalisation à domicile (HAD) et par les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) sur le territoire. Pour le cas de l’hôpital des Landes, ce projet a été associé à une réflexion sur le poste de travail, d’où l’idée de l’allégement de ce dernier.

Les enjeux d’un système d’information

 

Type d’enjeux Contenu
Fonctionnels Priorité à l’informatisation des processus centrés sur le patientDématérialisations des circuits médico-économiquesRenforcement de la logistiquePerformance requise des solutions administratives et fonctionnelles
Techniques Augmenter la souplesse du système d’informationUrbaniser et intégrer d’une manière industrielleFaciliter le déploiement de projetMesurer la performance, notamment la disponibilité
Organisationnels Repositionner la Direction des Systèmes composée de spécialistes de SI de Santé et non plus seulement de techniciens de maintenance informatiqueDonner au Directeur de la DSI  un rôle plus affirmé de maître d’ouvrageTenir compte des nouveaux usages et des nouvelles technologies médicales
Financiers Faire plus pour moins cherInvestir suppose de veiller par avance aux coûts d’exploitationInvestir suppose des coûts de maîtrise d’œuvre et de conduite du changement

 

 

Le contexte de 2003 et le projet NAPTSIN 

 

En 2003, le contexte était celui de la vérification du bon passage à l’an 2000 avec un parc croissant. Il était passé de 7 à 23 serveurs, de 240 à 560 postes de travail, de 45 à 250 imprimantes bureautiques, de 7 à 25 imprimantes groupe de travail, avec en outre des périphériques naissants, une grande hétérogénéité des logiciels et des systèmes d’exploitation (Windows NT, Windows 2000, Mac). Il en résultait des coûts de maintenance et de mise à jour onéreux, des niveaux de sécurité et de disponibilité plus acceptables.

De cette réflexion, est né le projet NAPTSIN, soit  Nouvelle Architecture de Poste de Travail et de Systèmes d’Information. Il est fondé sur l’offre Citrix et WMware. Une tranche pilote de 8 secteurs, 2 sites et 70 postes ont permis de tirer des enseignements mis en œuvre à partir de 2006. De 2007 à 2013, la montée en charge s’est déroulée graduellement selon les palmarès d’applicatifs. Tous les serveurs métiers ont été virtualisés et utilisent 24 lames de serveur. Maintenir des PC pour des applications spécifiques a été nécessaire, notamment celles de laboratoire

Les avantages de la solution Citrix sont multiples. Côté utilisateur, outre la faible utilisation dans la bande passante, le client   léger ( Par client léger, il s’agit de terminaux informatique ici)  peut s’installer dans des zones où l’hygiène est importante. Des technologies sans ventilateur ont été utilisées pour les milieux à contrainte d’hygiène. Le déploiement des solutions est rapide, car réplicable : « Ça marche une fois, ca marche partout. ». L’encombrement faible du client léger est un atout. La mobilité est un facteur clé. « L’application me suit partout quand je me déplace ». Du côté de la direction des systèmes d’information, une évolution des métiers est à noter. Elle résulte d’une démarche plus industrialisée avec un recours moindre à l’assistance informatique par les utilisateurs. Enfin, il faut noter un usage plus mesuré de l’énergie électrique pour l’informatique, par l’utilisation des clients légers et la mise en place de mode « auto off » sur les serveurs.

Le projet démontre les effets positifs de la solution Citrix, à l’exception de quelques difficultés. Parmi elles, citons la complication pour les connexions USB, le fait que le PC reste maître dans des domaines fonctionnels. Actuellement, l’hôpital teste des tablettes client léger (Thin Client).

L’avenir

Face à la vague d’ipad et autre Android qui submerge tout, et qui pousse vers la mort du PC au sein du grand public, associée à celle de l’effet du BYOD – soit Bring your own device  ou littéralement « Apportez vos appareils personnels »  mais traduit en français par PAP, abréviation de « Prenez vos appareils personnels » –  la direction des systèmes d’information s’est posé la question de l’utilisation de Xendesktop versus XenAPP. Il semble que que XenApp s’impose comme solution, car il permet les accès distance via le protocole SSl ainsi que le Single Sign On qui est la fourniture automatique des mots de passe applicatifs. Il dispose de Edgesight qui permet de faire du reporting avancé et de Branch Repeater qui se charge de l’optimisation du réseau.

L’ensemble du projet est dimensionné pour répondre à la stratégie nationale de santé proposée par le comité des sages coordonné par Alain Cordier. Cette stratégie introduit le parcours de soins, celui de santé ainsi que le parcours de vie. Parmi les propositions de ce rapport, il s’agit des points 7) 10) 11)  ainsi que le développement de la relation ville/hôpital.

Les points du rapport Cordier importants pour le DSI sont les suivants:

7. Créer un service public de l’information pour la santé

10. Aider à la transmission d’informations entre professionnels de santé

11. Développer la télémédecine à bon escient

Source : 22 ème Journées nationales Athos de Grenoble, 17et 18 octobre 2013,  Secrétariat ATHOS, Tél : 05.62.99.56.98 ou 05.62.99.52.60, Fax. 05.62.99.56.39, e-mail : athos@athos.asso.fr, Adresse : ATHOS Hôpitaux de LANNEMEZAN, 644 Route de Toulouse, BP 167, 65308 LANNEMEZAN, site web : http://www.athos.asso.fr/