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Le positionnement d’un Système d’Information Hospitalier sur son territoire, l’exemple du Centre Hospitalier de Dax

L’enjeu d’un Système d’Information Hospitalier (SIH) sur son territoire est bien de couvrir sa propre zone en intégrant les structures les plus éloignées de son siège. C’est un marqueur de qualité de la relation. Il doit donc répondre dans un premier temps aux notions d’égalité des traitements attendues, égalité de moyens pour les professionnels de soins, égalité de traitement pour les patients. Cette diffusion du SIH doit aussi se faire dans une optique de convergence et d’interopérabilité avec les autres acteurs de la santé. Il est alors souhaitable de créer un « hôpital ouvert sur son territoire », disposant de capacités d’échange.

Le CH de Dax, c’est environ 150 Millions d’euros (144 en 2012), 978 lits, 2 700 agents repartis sur l’un des départements les plus étendus de France avec 327 400 habitants. Il faut également remarquer qu’il y a plus d’une heure  de route minimum pour se rendre de l’une des extrémités du département à l’hôpital.

L’hôpital avait son propre réseau MAN (Metropolitan Area Network) sur Dax qu’il s’agissait d’étendre. L’hôpital voulait aller au devant des autres opérateurs de santé, cela passait par l’hospitalisation à domicile (HAD) et par les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) sur le territoire. Pour le cas de l’hôpital des Landes, ce projet a été associé à une réflexion sur le poste de travail, d’où l’idée de l’allégement de ce dernier.

Les enjeux d’un système d’information

 

Type d’enjeux Contenu
Fonctionnels Priorité à l’informatisation des processus centrés sur le patientDématérialisations des circuits médico-économiquesRenforcement de la logistiquePerformance requise des solutions administratives et fonctionnelles
Techniques Augmenter la souplesse du système d’informationUrbaniser et intégrer d’une manière industrielleFaciliter le déploiement de projetMesurer la performance, notamment la disponibilité
Organisationnels Repositionner la Direction des Systèmes composée de spécialistes de SI de Santé et non plus seulement de techniciens de maintenance informatiqueDonner au Directeur de la DSI  un rôle plus affirmé de maître d’ouvrageTenir compte des nouveaux usages et des nouvelles technologies médicales
Financiers Faire plus pour moins cherInvestir suppose de veiller par avance aux coûts d’exploitationInvestir suppose des coûts de maîtrise d’œuvre et de conduite du changement

 

 

Le contexte de 2003 et le projet NAPTSIN 

 

En 2003, le contexte était celui de la vérification du bon passage à l’an 2000 avec un parc croissant. Il était passé de 7 à 23 serveurs, de 240 à 560 postes de travail, de 45 à 250 imprimantes bureautiques, de 7 à 25 imprimantes groupe de travail, avec en outre des périphériques naissants, une grande hétérogénéité des logiciels et des systèmes d’exploitation (Windows NT, Windows 2000, Mac). Il en résultait des coûts de maintenance et de mise à jour onéreux, des niveaux de sécurité et de disponibilité plus acceptables.

De cette réflexion, est né le projet NAPTSIN, soit  Nouvelle Architecture de Poste de Travail et de Systèmes d’Information. Il est fondé sur l’offre Citrix et WMware. Une tranche pilote de 8 secteurs, 2 sites et 70 postes ont permis de tirer des enseignements mis en œuvre à partir de 2006. De 2007 à 2013, la montée en charge s’est déroulée graduellement selon les palmarès d’applicatifs. Tous les serveurs métiers ont été virtualisés et utilisent 24 lames de serveur. Maintenir des PC pour des applications spécifiques a été nécessaire, notamment celles de laboratoire

Les avantages de la solution Citrix sont multiples. Côté utilisateur, outre la faible utilisation dans la bande passante, le client   léger ( Par client léger, il s’agit de terminaux informatique ici)  peut s’installer dans des zones où l’hygiène est importante. Des technologies sans ventilateur ont été utilisées pour les milieux à contrainte d’hygiène. Le déploiement des solutions est rapide, car réplicable : « Ça marche une fois, ca marche partout. ». L’encombrement faible du client léger est un atout. La mobilité est un facteur clé. « L’application me suit partout quand je me déplace ». Du côté de la direction des systèmes d’information, une évolution des métiers est à noter. Elle résulte d’une démarche plus industrialisée avec un recours moindre à l’assistance informatique par les utilisateurs. Enfin, il faut noter un usage plus mesuré de l’énergie électrique pour l’informatique, par l’utilisation des clients légers et la mise en place de mode « auto off » sur les serveurs.

Le projet démontre les effets positifs de la solution Citrix, à l’exception de quelques difficultés. Parmi elles, citons la complication pour les connexions USB, le fait que le PC reste maître dans des domaines fonctionnels. Actuellement, l’hôpital teste des tablettes client léger (Thin Client).

L’avenir

Face à la vague d’ipad et autre Android qui submerge tout, et qui pousse vers la mort du PC au sein du grand public, associée à celle de l’effet du BYOD – soit Bring your own device  ou littéralement « Apportez vos appareils personnels »  mais traduit en français par PAP, abréviation de « Prenez vos appareils personnels » –  la direction des systèmes d’information s’est posé la question de l’utilisation de Xendesktop versus XenAPP. Il semble que que XenApp s’impose comme solution, car il permet les accès distance via le protocole SSl ainsi que le Single Sign On qui est la fourniture automatique des mots de passe applicatifs. Il dispose de Edgesight qui permet de faire du reporting avancé et de Branch Repeater qui se charge de l’optimisation du réseau.

L’ensemble du projet est dimensionné pour répondre à la stratégie nationale de santé proposée par le comité des sages coordonné par Alain Cordier. Cette stratégie introduit le parcours de soins, celui de santé ainsi que le parcours de vie. Parmi les propositions de ce rapport, il s’agit des points 7) 10) 11)  ainsi que le développement de la relation ville/hôpital.

Les points du rapport Cordier importants pour le DSI sont les suivants:

7. Créer un service public de l’information pour la santé

10. Aider à la transmission d’informations entre professionnels de santé

11. Développer la télémédecine à bon escient

Source : 22 ème Journées nationales Athos de Grenoble, 17et 18 octobre 2013,  Secrétariat ATHOS, Tél : 05.62.99.56.98 ou 05.62.99.52.60, Fax. 05.62.99.56.39, e-mail : athos@athos.asso.fr, Adresse : ATHOS Hôpitaux de LANNEMEZAN, 644 Route de Toulouse, BP 167, 65308 LANNEMEZAN, site web : http://www.athos.asso.fr/

Le modèle TRA (Theory of Reasoned Action)

Le modèle TRA (Theory of Reasoned Action) a été proposé en 1975 par Fishbein et Ajzen. Selon la théorie d’action motivée de Fishbein et Ajzen, les croyances, les attitudes, les intentions forment une chaîne causale. Les croyances mènent aux attitudes, les attitudes mènent à leur tour aux intentions et de ce fait au comportement. Il porte sur la construction d’un système d’observation de deux groupes de variables, en l’occurrence : 

 

-          des attitudes définies comme un sentiment positif ou négatif d’atteindre un but,

-          des normes subjectives, qui elles-mêmes représentent la perception des individus relative au fait de pouvoir atteindre ces objectifs avec le produit.

 

Ces auteurs ont davantage mis l’accent sur l’importance de l’intention que sur la réalité d’usage. En fait, les personnes qui achètent le font en fonction de ce qu’ils ont envie de faire et absolument pas selon un besoin réel dans leur modèle. Dans le cadre des technologies de l’information, cette approche est inopérante. Tant que l’on ne possède pas un téléphone mobile, on ne peut pas savoir à quoi cela sert, et la définition des intentions devient par conséquent impossible. C’est pour cette raison que les opérateurs de téléphones mobiles ont essayé pendant longtemps de « montrer » par le biais de la publicité des situations d’usage totalement « inventées » par des groupes de réflexion. C’est ainsi par exemple que le téléphone mobile en tant qu’ « outil de sécurité » s’est imposé dans la relation parent-enfant.

Biographie : Fishbein M., Ajzen I., Belief, Attitude, Intention, and Behavior: An Introduction to Theory and Research, Reading, MA: Addison-Wesley, 1975.

 

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L’approche traditionnelle ou DOI (Diffusion Of Innovation)

Everett Rogers définit la diffusion comme « le processus par lequel une innovation est communiquée par un temps fini à travers certains canaux parmi les membres d’une société » (Rogers, 1995, p.5). Il définit dès lors cinq critères : avantage relatif, compatibilité, complexité, expérimentabilité et observabilité.

 

Il a introduit la notion de leader d’opinion qui permet que l’innovation se diffuse. Le fait que le téléphone mobile soit à la fois l’innovation et le canal multiplie de ce fait l’importance de la notion de leader. Les cinq critères précédemment cités renvoient également à quelques notions clés que nous aborderons par la suite. La notion d’utilisation réelle que l’on fait de l’objet conduira à étudier les usages détournés. Celle de masse critique des acquéreurs est peu opérante dans notre produit du fait de la rapidité de diffusion. Enfin, le degré de réinvention de la part de l’utilisateur est une notion clé dont il est possible d’établir cette hypothèse qu’elle permet la création d’une nouvelle ère, une nouvelle société.

 

L’avantage relatif  (Relative advantage)

 

Le degré par lequel l’innovation est perçue comme étant meilleure est désigné par « avantage relatif ». Rogers suggère ainsi que plus l’avantage relatif perçu d’une innovation est grand, plus rapide est son taux d’adoption. L’avantage relatif du GSM est bien là, en plus du téléphone, il permet de téléphoner en mobilité, même si ceci peut rester relatif en termes de législation par exemple. Il serait possible de réfléchir à cette occasion à toutes les questions relatives aux lois qui interdisent l’usage du téléphone dans des outils de mobilité comme la voiture. En effet, de nombreux pays ont adopté des législations interdisant de téléphoner à bord de son véhicule.

 

La compatibilité (Compatibility)

 

La compatibilité correspond au degré selon lequel l’innovation est perçue comme étant conforme aux valeurs existantes, aux expériences antérieures, et aux besoins des adopteurs potentiels. Tornatzky et Klein (1982) ainsi que Ndubinsi et Sinti, (2006) en ont fait le constat. En effet, l’innovation était plus facilement adoptée lorsqu’elle s’était avérée compatible avec les usages de l’adopteur potentiel. Le téléphone mobile permet de téléphoner vers un téléphone fixe et vice versa. Ce point reste également discutable, le coût élevé des communications des fixes vers mobiles est un facteur négatif.

La complexité (Complexity)

 

 

D’après Rogers,  il s’agit du degré selon lequel une innovation est perçue comme difficile à comprendre et à employer. Il suggère qu’une innovation doit être simple à comprendre si l’on veut que les usagers potentiels l’adoptent. Lederer et alii (2000) ont montré que la complexité a pu négativement influencer l’adoption de l’Internet. L’article analyse le web à travers le modèle TAM, par exemple de 1995 à nos jours, notamment par le biais de l’exemple des commandes comme « http:// ». En revanche, le téléphone mobile fonctionne comme un fixe, ou presque. Ce qui expliquerait les rapports de 1 à 2 de la diffusion mondiale de ces technologies.

 

L’expérimentabilité (Trialability)

 

La possibilité d’expérimenter est majeure. L’expérimentabilité est le degré selon lequel une innovation peut être expérimentée sur une base limitée. C’est la raison pour laquelle dans les innovations TIC, la part du gratuit est importante. Agarwal et Prasad (1998), Tan et Teo  (2000) suggèrent que cette possibilité de tester aide à réduire au minimum  l’inconnu, ainsi que les craintes qui en résultent. Ces auteurs insistent sur la confiance que l’on doit avoir pour adopter et par ailleurs comment la possibilité d’expérimenter facilite cette adoption. Tester le téléphone mobile est quasiment impossible, sauf par l’intermédiaire d’amis et de la famille, ce qui explique que cet argument est  important. Pouvoir tester sans acheter (ou pour la modique somme de 1 euros) a donc été un argument majeur dans la diffusion des téléphones mobiles.

 

L’observabilité (Observability)

 

 

L’observabilité est définie comme le degré par lequel les impacts, effets ou résultats d’une innovation sont évidents aux yeux des autres. D’autres auteurs  préféreront l’usage du  terme de « démonstrabilité », à l’image de Moore et Benbasat (1991). Le téléphone mobile est rapidement  présenté comme l’outil de toutes les stars. Interviewé en 1995 par « Ici Paris », j’expliquais au journaliste qui reprenait scrupuleusement mes propos sur  l’idée d’un développement généralisé du mobile, même si l’article était illustré par des photos de stars ayant un téléphone mobile dans la main Aujourd’hui, de telles photos sont plus rares. Le journaliste avait voulu me « stariser ». Il avait sous-titré ma photo « Bruno Salgues, monsieur portable fait des conférences dans le monde entier et vient de publier un livre à ce sujet ».

 

Rogers est le premier à introduire le terme d’ « early adopter ». La publicité, élément du mix marketing, trouve sa justification dans cette approche. Elle doit présenter le produit au consommateur en montrant l’usage fait par ses utilisateurs. Une des difficultés de cette époque est qu’il était alors rigoureusement impossible de définir ces usages. Il était de même impossible de trouver des variables qui ne permettaient de segmenter qu’en montrant l’utilisateur comme un « nomade ». Parmi les premiers utilisateurs de téléphone mobile, les fichiers des opérateurs ne révélaient que la présence de « nomades », ils représentent moins de 5 % aujourd’hui. Au commencement de la téléphonie mobile, les catégories socioprofessionnelles des usagers étaient très différentes, y compris leur métier, les chefs d’orchestre côtoyant les VIP (pour Very Important Person). La seule caractéristique commune était le fait d’être nomade, aucune segmentation n’était possible. La segmentation consiste à attribuer par bijection un produit à un groupe d’utilisateur. Parmi les utilisateurs, on trouvait pêle-mêle « des chefs d’orchestre, des commerciaux itinérants, des professeurs conférenciers, des politiques ». (Extrait d’un document de la firme Motorola en 1998)

 

 

En ce qui concerne cette notion de segmentation, il faut remarquer à ce stade que certains sociologues des usages retrouvent les principes de base du marketing. Ainsi, Steve Woolgard  affirme que les concepteurs évaluaient « l’utilisabilité » des objets techniques avant leur distribution commerciale. Ainsi, la conception de l’objet technique est-elle à relier à une  « configuration de l’usager ».  De plus, ces auteurs définissent mal le terme qu’ils utilisent, ce qui n’est pas le cas de Rogers.

 

Madeleine Akrich s’intéresse au design des objets techniques. Pour elle, ce type d’objet comporte un script qui agit comme un scénario, une histoire. Ce scénario anticipe les besoins des usagers en y intégrant leurs intérêts, leurs compétences, leurs habilités et des formes de comportement. Pour résister à cet objet, Madeleine Akrich apporte une idée nouvelle par rapport à Anne-Marie Laulan en proposant à l’usager de « se désinscrire ».

 

Pour conclure, il convient de constater que cet équipement que représente le téléphone mobile, ne correspond pas parfaitement aux critères définis par Rogers, bien qu’il les utilise. Il serait dès lors intéressant de se demander si des modèles plus récents correspondent mieux à ce nouvel outil.

 

Pour résumer : les critères de Rogers

 

Avantage Relatif – Relative advantage

Compatibilité – Compatibility

Complexité – Complexity

Expérimentabilité – Triability

Observabilité – Observability

 

Source : Rogers, Bonne question, 1995.

 

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Bibliographie

 

Akrich, Comment décrire les objets techniques, Techniques et culture, n° 9, 1987.

 

Rogers: Diffusion of Innovation, The Free Press, Fourth edition, New York, NY, USA, 1995.

 

Complément

 

On retrouve ces idées de Woolgar dans le livre édité par John Law, A sociology of Monster, Essays on power, technology and Domination, Rouledge Editor, London, 1991. L’article est intitulé « Configuring the user, the case of usability trial ».

Quel développement pour les usages des TIC en ruralité ?

Marco Diani, sociologue au CNRS, se pose la question du développement des usages sous la forme suivante.

Comment faire en sorte que dans cette phase de développement numérique, on n’en reste pas à faire des vœux pieux et des constats d’installation des réseaux ? Il commence par une remarque : l’opposition territoriale ne passe pas par l’opposition ville/ruralité. D’où une seconde interrogation : que veut dire la ruralité avec le haut débit ? Il se propose donc d’évaluer les nouveaux profils professionnels, les nouveaux contenus qui sont susceptibles d’apparaître. En d’autres termes : quels sont les nouveaux élus du numérique ?

 

Il suggère de traiter ces questions en répondant à quelques points.

 

  1. Nous manquons terriblement d’initiatives et de connaissances  en matière de contenu. Que va-t-on mettre dans ces réseaux ?

 

  1. Tout cela devrait augmenter les interactions ainsi que les pouvoirs venant d’en bas ? Que fait-on avec cette nouvelle forme de pouvoir ?

 

  1. Il convient d’observer l’énorme déficit à apprendre à utiliser. Un grand nombre de personnes n’utilisent donc pas ces technologies. Il s’agit donc de se poser la question de la digitalisation des activités, en particulier pour ce qui est des populations dites traditionnelles, les 30% « d’illettrés ».

 

  1. « Isolement versus présence humaine dans le numérique », y compris dans le domaine public. Que fait-on avec des guichets virtuels ?

 

  1. Quelle est la place de la technologie, forme d’interaction, contenu ?

 

  1. On ne peut se diriger vers le monde numérique en ordre dispersé. Des milliers d’expérimentations sont lancés, peu de coordination sont mises en place et les bilans sont rares.

 

  1. L’absence d’ouverture internationale est certainement une faiblesse.

 

  1. Quels sont les intérêts d’une démocratie des flux, forme de consultation presque constante, rôle de l’immédiateté, forme nouvelle de populisme (empowerment qui a mal tourné !)

 

Pour Marco Diani, les nouvelles formes de relations au numérique doivent être analysées et c’est ce qui importe. Elles créent de nouveaux territoires. Ce sont des nouveaux territoires du « numéralitique », affirme-t-il en créant à cette occasion un néologisme.

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Le télétravail vu depuis la ruralité

Réfléchir une nouvelle fois sur le télétravail pouvait être ennuyeux. Cela n’a pas été le cas. En effet, nous sommes à l’heure des bilans et les premiers constats prennent forme. Tout d’abord, il  faut replacer le numérique dans les sujets de société et se poser la question : comment construire l’avenir ? Les enjeux ruraux et territoriaux sont des questions de citoyenneté. Il s’agit alors de savoir comment utiliser la nouvelle donne et en particulier avec le télétravail.

Formation, accompagnement des travailleurs, animation d’un pôle de compétences en télétravail, accompagnement de 27 entreprises en télétravail, 700 personnes formées, tel est le bilan d’une structure de télétravail.  Le télétravail ne nécessite pas seulement des conditions techniques pour travailler à distance, il faut également se rencontrer pour  des raisons humaines et professionnelles et des équipements sont nécessaires. Il faut également être formé aux usages.

 

Pour le département de la Dordogne, il est plus facile de faire venir 300 télétravailleurs qu’une  entreprise de 300 personnes, tel est le constat du Conseil général de la Dordogne. L’ouverture de 10 télécentres est en cours en 2013 et 2014.

 

Gérard Amigues rappelle que  3 télécentres ont été ouverts dans le Lot ainsi que des centres multimédias, et que d’autre part le département dispose d’un plan de développement pour le numérique. Sa question se résume au fait que la notion de télétravail est toujours un mythe ou devient une réalité. Il établit le constat que les acteurs disposent d’une marge très réduite dans ce domaine, ce sont des raisons « techniques » et « juridiques » qui bloquent les projets plus que des aspects humains.

L’association de professionnels du numérique a créé l’Association SISMIC, l’association SISMIC se heurte aux mêmes freins relatifs au débit, aux usages, … Il ne faut pas dire que l’ADSL suffit, mais il n’est pas possible que l’on attente que  le très haut débit arrive. A contrario,  les travailleurs ne viendront pas sans Internet. Pour un commercial qui travaille à distance ou une secrétaire dans la même situation, il n’est pas nécessaire d’avoir du très haut débit.

L’association essaye une animation du réseau de télécentres.

Vincent Descœur, rappelle que son expérience a maintenant plus de 6 ans. Le  début en 2006 est lié à l’appel à projet DATAR. Vincent Descœur se dit fervent défenseur des télétravailleurs dans la ruralité, car il y a plusieurs dizaines d’emplois créés. L’accueil de nouveaux actifs est une obsession pour sa région et il y ajoute une nécessité de mobilité. Quelle est la problématique d’un territoire ? reconquérir des acteurs, réduire les temps d’accès au travail, réduire le chômage ?  …

Pascal Rassat affirme qu’il existe de freins culturels dans les entreprises. Parmi les réticences, il y a la peur de non-retour au bureau des employés. Le contexte se résume au fait que le télétravail est possible partout, mais encore faut-il des lieux spécifiques pour cela.

Le télétravail semble donc progresser, mais pas aussi rapidement que certains l’avaient souhaité.

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Eclectic, des entrepreneurs en réseau

Eclectic présenté par Simon Bretin. Il s’agit d’une coopérative d’activités d’entrepreneurs. Cette coopérative fonctionne à partir de trois idées : tester et développer son activité, intégrer un réseau d’entrepreneurs et donc s’aider, affirmer que l’innovation  ne viendra pas des entreprises classiques et installées, mais de nouvelles entreprises innovantes.

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Une citation dans un article du Huffington Post

Pour comprendre le téléphone portable « en morceau »

ma réflexion et celle  de mon collègue Thierry Isckia, citée dans http://www.huffingtonpost.fr/2013/09/13/phonebloks-concept-telephone-realisable_n_3919397.html?utm_hp_ref=france

A lire pour comprendre

Question de modèle dans les TIC : interaction versus intension

 

La première question serait la suivante : comment améliorer les modèles d’adoption et de diffusion ? Face au succès du téléphone mobile, cette question n’a pas de sens. Mais il convient tout de même d’analyser ces modèles de diffusion, ce que nous ferons.

 

Les modèles traditionnels d’adoption des technologies ne sont guère pertinents quant aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Dès que l’on veut appliquer ces modèles dans le monde réel, les acteurs du marketing se heurtent à des difficultés. En outre, le facteur culturel ne semble pas être, dans ces cas, un facteur  déterminant du  succès du produit. Nous étudierons donc par la suite ces méthodes et ces approches issues du marketing.

 

Sur la planète, plus de deux humains sur trois (soit près de cinq milliards d’individus) utilisent un téléphone portable à la norme GSM, et trois milliards d’entre eux en possèdent un dans leur poche. Ils le nomment cellular, cellulaire, handy, telefonino ou portable selon les langues, ce qui pourrait laisser penser que les usages et cultures associés sont très différents. À peine plus d’un milliard d’adresses Internet sont actives dans le monde, ce qui concerne par conséquent un pourcentage de la population mondiale bien plus faible. Les fabricants de cartes à puce en ont vendu 4,3 milliards en 2007, ceci représentant plus de 4,5 milliards d’utilisateurs dans le monde  : il s’agit de ces fameuses cartes SIM qui permettent de  faire fonctionner les téléphones mobiles. Malgré ce succès fulgurant, force est de constater que certaines personnes sur la planète n’ont pas accès à cet outil, ou n’ont pas la possibilité d’utiliser toutes les fonctionnalités. Nous étudierons la réalité de la fracture numérique et ses conséquences.

 

Une des caractéristiques de ces technologies est l’interaction qu’elle permet.

 

Définition : l’interaction est le terme utilisé pour désigner à la fois la forme que prend le dialogue entre l’utilisateur et l’appareil, et le fait que plusieurs personnes peuvent communiquer par l’intermédiaire de cet appareil.

 

Cette notion d’interaction renvoie à une discussion sur la passivité de l’utilisateur dans la communication. Ces technologies ne sont utilisées que si un individu a l’intention d’y avoir recours, et si une forme d’individualisation en résulte.

 

Il n’est pas possible de se fonder sur une seule théorie de l’intention. Rappelons la définition de l’intention :

 

Définition : L’intension est la raison pour laquelle on communique. Elle est attribuée en général au destinateur.

 

Pour que cela soit vrai, il faudrait que chaque humain ait subitement voulu communiquer en masse avec le téléphone mobile, ce qui n’est bien évidemment pas le cas.

 

 Le téléphone mobile a longtemps été analysé en termes anthropologiques comme une « prothèse ». L’ensemble du marketing des constructeurs de matériel et des opérateurs se sont donc positionnés dans cette voie. Mais il est possible de l’analyser comme un processus d’individualisation, ce que nous retiendrons.

 

Définition : L’individualisation est un processus qui apparaît lorsque les individus utilisent ces technologies avec une interaction particulière.

 

Nous chercherons à qualifier ce processus d’individualisation. Auparavant, nous montrerons les faiblesses des analyses économiques, des modèles marketing et stratégiques d’adoption, puis nous expliciterons les nouvelles notions qui deviennent déterminantes. Ensuite, nous chercherons à définir une nouvelle approche de développement de ces produits.

 

 Source : enquête et études du Cabinet Eurosmart pour le Salon Cartes de Paris qui a eu lieu du 13 au 15 novembre 2007

 

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Comprendre les TIC

Les TIC permettent l’émergence de formes d’action collectives, distantes et asynchrones. Pourtant, les nouvelles approches par l’activité dans le but d’analyser le travail soulignent l’importance du contexte, de la situation et du langage. Nous avons ici choisi le mot langage qui représente un concept plus évolué que celui de code. La signification de la succession de messages qui formeront un langage dépend du code à partir duquel il est construit. Cependant, dans le cas du téléphone mobile, le langage dépend fortement du lieu et de la période. Nous proposons de présenter une première réflexion relative à l’articulation entre cet éclatement du temps et de l’espace et « l’ici et maintenant » de la situation.

La question fondamentale est souvent celle des changements majeurs liés aux TIC, donc au téléphone cellulaire. C’est une question récurrente depuis 30 ans. Contrairement à des ouvrages récents, nous ne traiterons pas du débat concernant la position entre le déterminisme technique et le déterminisme social, ce qui est clairement dépassé. Je pense à l’ouvrage récent de Jaurriguiberry et Proulx. Nous ne situerons donc pas dans la notion de double médiation sociale et technique tel que le propose Josiane Jouet (Jouet, 1993 et 2000). Dans son approche, l’outil technique structure la pratique, les formes d’usage et le sens accordé à la pratique prennent leurs sources dans le corps social (Jouet, 1993, page 100 et suivantes). Ne rentrant pas dans ce débat, ce texte part d’un principe de Gilbert Simondon, selon lequel l’opposition entre technique et culture est fausse et sans fondement (Simondon, 1958).

La théorie utilise le concept de message qui se définit par le contenu de la communication. Parce qu’il est composé de mots, de gestes, de signes assez tangibles, le message représente par conséquent l’élément matériel de la communication. Or, dans le cas de notre téléphone mobile, il contient non seulement une part d’immatériel, mais il devient également totalement virtuel lorsque l’information de géolocalisation est utilisée. C’est pour cette raison que la notion d’usage, ou que la théorie de la réception sont apparues. En ce qui concerne cette dernière, il s’agit de savoir ce que les gens font des médias et non ce que les médias opèrent sur les gens. La question des usages est au centre de ce texte. Une autre avancée théorique est celle des «  cultural studies ».  Cependant, nous utiliserons assez peu cette approche car elle est concentrée sur la signification des messages. Les pratiques de décodages par les individus constituent l’essentiel des études dont on dispose depuis Sonia Livingstone (2003), Benjamin E. Hermalin et Michael L. Katz (2006). Notre approche se situe davantage autour du produit que sur les seuls contenus que ce dernier véhicule.

Bibliographie :

Hermalin B., Katz M. L., “Your network or mine? The economics of routing rules”, The RAND Journal of Economics, Volume 37, Issue 3, pp. 692–719, September 2006.

Jaurriguiberry et Proulx, Usages et enjeux des technologies de communications, Eres Éditions, 2011.

Jouët J., « Retour critique sur la sociologie des usages », Revue Réseaux, CNET-Hermes, Volume   18, n°   100, pp. 487-521, 2000

Simondon G., Du mode d’existence des objets techniques, Aubier, Paris, 1958.

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Introduction du livre : Télésanté, espoir du monde rural

Le présent ouvrage reflète un moment précis de l’histoire du système de santé, celui où l’attente pour les services de télémédecine dans les zones rurales, mais aussi plus largement dans tout le pays, s’amplifie rapidement. Les auteurs ont participé à la manifestation RuraliTIC qui s’est tenue à Aurillac les 12 et 13 septembre 2012. D’autres ont réagi aux propos de ces auteurs. Organiser des ateliers pour la télémédecine pouvait paraître encore risqué il y a peu. Souvent, les responsables locaux, élus, administrateurs, responsables associatifs ou entreprises, considéraient la santé comme un domaine spécialisé, hors de leur responsabilité sinon bien sûr de leurs besoins. Ils pensaient que la télémédecine était au mieux un outil technique pour les professionnels et les responsables d’établissements, au pire un moyen d’évacuer les questions difficiles de l’accès aux soins pour les zones rurales ou les quartiers dits difficiles en évoquant des substituts pauvres et d’ailleurs illusoires. Tel n’est manifestement plus le cas, et la preuve en a été la fréquentation importante des ateliers comme l’intérêt des discussions qui s’y sont prolongées. Cette tendance nouvelle se vérifie partout : chacun comprend que la santé n’est pas qu’une affaire personnelle ou technique mais un enjeu social fondamental, qu’elle porte sur l’ensemble du mode de vie et des relations au sein d’un territoire. Chacun voit aussi les possibilités de techniques informatique et télécom et l’importance de les exploiter non pour se substituer à un  système de santé devenu inaccessible, mais au contraire pour en faciliter l’accès, permettre aux acteurs de santé du territoire de s’y maintenir, assurer un maillage bien plus efficace allant du domicile au Centre hospitalier universitaire, de l’éducation thérapeutique des citoyens à la connaissance médicale la plus avancée.

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) appliquées au secteur de la santé recouvrent de multiples applications et terminologies : « télésanté », « télémédecine », « téléexpertise », « téléconsultation », etc. L’ensemble des actes et services de santé assurés à distance grâce aux technologies de l’information et de la communication est appelé télésanté. Celle-ci comprend la télémédecine qui a été officiellement définie dans la Loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST) de 2009, « elle met en rapport, entre eux ou avec un patient, un ou plusieurs professionnels de santé, parmi lesquels figure nécessairement un professionnel médical et, le cas échéant, d’autres professionnels apportant leurs soins au patient. ». Ce livre ne discutera ni des définitions, ni des avantages relatifs de l’une ou l’autre solution.

 

Dans un contexte de baisse de la démographie médicale, de hausse des maladies chroniques et de vieillissement de la population, les TIC permettent que soient prodigués des soins à distance rendant contingente l’interaction physique entre le médecin et le patient. La télésanté est donc perçue comme une solution pertinente sur des territoires où l’offre de soins est déficitaire. Selon le décret d’application de la loi, qui limite du reste son objet à la seule télémédecine, il s’agit de dématérialiser la consultation (téléconsultation), la prescription (téléprescription), l’expertise (téléexpertise), la surveillance (télésurveillance), l’assistance (téléassistance) et la régulation médicale. Dans le monde rural, la situation est exacerbée. Le plus souvent, s’ajoute la faible performance et même l’absence des réseaux qui pourraient être support de ces utilisations. De plus, le sanitaire y est étroitement associé au médico-social et au social, ce que le cadre réglementaire actuel ne permet toujours pas de traiter de façon satisfaisante. Ce livre ne discutera pas non plus de l’importance relative de ces actes et de leur vitesse successive de dématérialisation.

 

Avant, l’expertise médicale était liée et limitée aux sites de présence du médecin. Ou le client venait voir le médecin, ou le médecin rendait visite au client. La télémédecine rend disponible l’expertise médicale en tout lieu. La télésanté étant la problématique au champ d’une santé élargie faisant une large part au social. Tout l’intérêt de cet ouvrage est de traiter de ces deux questions. Par opposition au chapitre précédent, ce point est au cœur de l’ouvrage.

 

Plusieurs évolutions sont inévitables. Tout d’abord, la médecine devient une pratique médiatisée, et la relation sera nécessairement différente entre le malade et son médecin. Ensuite, cette situation va conduire à une internationalisation à la fois dynamisante et contraignante. A terme, le malade pourra se situer dans la campagne prés d’Aurillac et le médecin au Canada. Enfin, les nouvelles coopérations rendent inéluctables des changements organisationnels. Si ces trois aspects sont pris en compte, la télémédecine peut être un élément clé pour apporter des solutions aux problèmes actuels de la santé. Nous avons ajouté dans ce texte des expériences et des réflexions provenant de nos amis canadiens et africains.

Mais, alors que les grands programmes nationaux pour le déploiement technique et pratique sont lancés, force est de constater que, bien qu’ils se concentrent sur la télémédecine ou le cadre réglementaire fourni est plus avancé,  ce cadre n’est pas encore assez mature ou respecté tant du point de vue  juridique, que du point de vue financier ou technique, ou même de la protection des droits des patients : trop de contradictions, trop de changements rapides pour être pris en compte, à la fois trop de rigueur et de complexité et trop de souplesse… Et l’on serait finalement en droit de se demander si le lancement officiel de la télémédecine en France a trop tardé ou au contraire, s’il est tout simplement prématuré.

 

Cet ouvrage collectif abordera dans un premier temps les applications numériques pour la santé avant d’en voir les contraintes puis les différentes approches possibles sur le plan économique comme celui des méthodes.

Ils ont participé à cet ouvrage coordonnée par Bruno Salgues et Norbert Paquel

Jeannot Allouche, Gérard Amigues, Christelle Aupetit-Berthelemot, Jean-Pierre Bastard Laurent Billonnet, Jean Cassagnes  Jacques Cinqualbre, Caroline Conti, José Côté, Jean-Michel Dumas, Romain Endelin, Jean-Paul Fortin, Marie-Pierre Gagnon, Michel Habrias, Marie Marsaux, Guy Paré, Joy Raynaud, Stéphane Saint-Amand, Robert Picard, Michel Tchonang Linze, Amélie Trépanier, Damien Uhlrich, Pierre Ygrié, Olivier Zablocki

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