Archives pour la catégorie Age et personnes âgées

24 heures : Le progrés c’est nous …..

Fondapol, la fondation pour l’innovation politique, organisait le samedi 16 novembre à la mutualité française « 24 heures non stop ». Le thème global était « Le progrès, c’est nous ». Un des thèmes de cette journée était « 100 ans de santé sûre ».

 

Nicolas Bouzou, économiste, nous propose de soigner mieux et pour moins cher. Il nous propose surtout ses services via sa société Asteres.  La proposition du cabinet dans le domaine de la santé est résumée sur son site web par le schéma ci-dessous :

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Figure 1 : Proposition dans la santé du cabinet Asteres, source cabinet Asteres

Laurent Alexandre, l’un des deux créateurs du célèbre site Doctissimo, se lance dans un nouveau challenge avec d’une part le thème suivant : « La mort de la mort » qui fait référence au titre d’un ouvrage qu’il a publié en 2011. Il prône par ailleurs  la création de la société DNAvision dont l’objectif est de permettre à l’homme de vivre 1 000 ans !

 

Le coup de gueule de Yann Aubé, de la société Celtipharm est quant à lui beaucoup plus intéressant. Yann Aubé veut pouvoir utiliser les données médicales contenues dans les fichiers des caisses d’Assurances maladies. Malgré l’initiative « Open Data », ces données ne sont toujours pas accessibles. L’utilisation de ces données de santé pourrait réduire le nombre des 18 000 morts par an, décès sont liés à des erreurs médicales, des maladies nosocomiales, … Cela permettrait par ailleurs  d’économiser plus de 10 milliards d’euros, ce qui serait en soi positif eu égard à la situation actuelle des finances de la Sécurité sociale.

 

Étienne-Emile Baulieu s’intéresse dans son institut à la maladie d’Alzheimer. Ses travaux portent sur les hormones stéroïdes et leur impact sur la maladie. Le professeur avait montré l’importance du DHEA sur la qualité de la vie des personnes âgées. Parmi ces études, l’une d’entre elles concernant 280 personnes malades ayant entre 60 et 80 ans, traitées par 50 mg de DHEA par jour pendant une durée de un an et plus, a démontré une triple amélioration quant à : la qualité de la peau, de la libido et de la densité osseuse chez la femme ménopausée. La prégnénolone est le précurseur des hormones stéroïdiennes. Cette molécule donne naissance à toutes les autres hormones stéroïdes, tels que le cortisol, l’œstradiol, la progestérone, la testostérone mais aussi le DHEA. La prégnénolone est transformée de façon assez mal connue par le biais de réactions chimiques enzymatique (ce qui reste encore une hypothèse) afin de donner ces dérivés hormonaux. Son niveau dans le corps humain est le plus élevé entre 16 et 17 ans, puis son taux chute fortement pour atteindre son niveau le plus bas vers l’âge de 37 ans. Dans la conférence du Professeur Baulieu, elle apparaît comme une hormone clé dans le développement de la maladie d’Alzheimer.

 

La Faculté de Médecine de l’Université Stanford a publié une étude intéressante dans le Journal of Neuroscience daté du 13 juin 2012. Chez les femmes porteuses d’une variante génétique dite ApoE4, le cerveau montre des changements caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, changements visibles avant même qu’un premier  symptôme ne se manifeste. De plus,  les hommes et les femmes qui héritent de deux copies de cette variante génétique (une en provenance de chacun des deux parents) courent un risque très élevé pour ce qui est de contracter la maladie d’Alzheimer. La double possession concerne 2 % environ de la population, et 15 % des personnes sont porteuses d’une seule copie du gène ApoE4. L’étude montre l’existence d’une distinction entre hommes et femmes plus âgés en bonne santé porteurs de ce gène. Dans ce groupe, les femmes et non les hommes, montrent des caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Cependant, pour trois femmes qui seront atteintes, on ne comptera que deux hommes.

 

À ce stade, nombreux médicament comme les statines sont utilisés pour lutter contre le cholesterol. Ces molécules ont pour effet de diminuer la synthèse de prégnénolone. Ne seraient-elles pas à l’origine de l’augmentation des cas de maladie d’Alzheimer ? Ces résultats, dont les premiers sont assez anciens, ne sont pas négligeables en termes de qualité de vie pour les personnes âgées (peut-être notamment pour ce qui est de la femme de plus de 70 ans).

 

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Figure 2 : Modèle de la recherche en médecine (on centre ou pas le titre comme plus haut ou pas ?)

 

 

Le diabète est l’une des ces maladies chroniques que nous propose de traiter Séverine Sigrist. Directrice du Centre européen d’étude sur le diabète, elle a fondé la start-up Defymed avec l’ambition de créer un pancréas bio-artificiel. Un beau projet en perspective !

 

La mutuelle Matmut nous propose d’entreprendre autrement et selon deux axes : mettre en place des solutions à l’efficacité démontrée, et par ailleurs servir les hommes. Cette approche a été présentée par Arnaud Chneiweiss.

 

Dans le premier cas, il explique l’exemple des centres de santé Matmut dont l’efficacité est construite sur une idée simple. Il s’agit de construire une chaîne de production de soin la plus intégrée possible. Cette intégration est valable dans la chaîne de prélèvement pour l’analyse biologique, aussi bien que dans les applications informatiques. Pour les médecins recevant les patients, s’ils ont à faire face à des cas difficiles, une « hotline d’expertise » est à leur disposition.

 

Pour servir les sociétaires, a été imaginé un produit mutualiste simple qui permet trois consultations par an sans qu’il ne reste quoi que ce soit à la charge de ce dernier. Cela permet de servir des populations socialement ou financièrement peu favorisées.

 

Watchfrog est le nom de la start-up fondée par Barbara Demeneix, Professeur au Muséum d’Histoire Naturelle. Cette start-up part de la récession du crétinisme dans notre civilisation, récession liée à un constat assez ancien et elle s’insurge contre le phénomène des perturbateurs hormonaux.  Sans un minimum d’hormones thyroïdiennes au bon moment, le têtard de grenouille reste une larve et le bébé humain se retrouve atteint de crétinisme. Ce phénomène de crétinisme étant désormais bien connu, les enfants sont testés dès la naissance et sont traités en conséquence.

 

Un problème nouveau vient de ce que l’on nomme un « perturbateur endocrinien ». Les molécules thyroïdiennes ressemblent à celle des plastifiants, des pesticides, de certains retardants. Elles concernent environ 84 000 produits  de base couramment utilisés. À ce ceci, s’ajoute le manque d’iode dans notre alimentation actuelle.

 

La communauté ne craint-elle pas ce phénomène de crétinisme ? Telle est la question posée par Barbara Demeneix sur ce sujet, sujet qui reste en soi complexe. Un premier travail avait été couronné de succès en 2001 avec la mise au point d’une méthode de fluorescence qui a été largement améliorée dès 2006, puis plébiscitée le 7 février  2013 dans un article de Scientific American. Actuellement 1 enfant sur 6 serait contaminé, ceci étant dû en grande partie au phénomène de l’exposition des femmes au PCB. Une telle exposition correspond à 10 points de Q. I.  perdus pour les enfants en gestation. Il en est de même pour les pesticides et les « retardeurs de flamme[1] ». C’est l’homologie de structure qui fait que ces produits remplacent l’hormone thyroïdienne. Eu égard aux enjeux financiers et économiques que représentent ces molécules, un premier travail serait de faire un criblage des matières les plus dangereuses.

 

Alors que le pourcentage de crétinisme diminue, la chercheuse constate l’augmentation de l’autisme. Si l’autisme augmente, la France passera de 6 millions  d’enfants « doués » (dotés de capacités supérieures à la moyenne) à seulement 2 millions d’enfants doués, ce qui représentera un coût, sans compter les effets sociaux qui en résulteront.

 

« Santé active » est un programme des Caisses d’assurance maladie, lesquelles doivent faire face à une butée des possibilités assurantielles avec une dette sociale de 160 milliards d’euros qui provient principalement du développement des affections chroniques. Patrick Négaret, un des Directeurs de caisse, a présenté le programme « Santé Active ». Il s’agit de faire en sorte que l’on soit, selon ses termes,  dans une « situation de santé  active et pas assurance maladie ». La caisse a créé des outils pour cela : éléments de communication ou ateliers de coaching sur des thèmes comme la santé du dos, la santé du cœur, … Sur la population concernée par ce programme, on a pu montrer une diminution des dépenses de soin. Ce programme est associé avec des outils de santé en ligne, un programme de retour à domicile, ainsi que le programme national Sophia (ce programme a été mis en œuvre par les sociétés Altran et Healthways[2]). « Sophia » est l’un des plus importants programmes européens d’accompagnement personnalisé des patients atteints de maladies chroniques, principalement en ce qui concerne le diabète.

 

Pour les programmes de construction et d’infrastructure, Patrick Négaret propose de prendre en compte l’impact santé et non seulement l’impact écologique. Il donne plusieurs exemples, dont celui qui consiste à améliorer un parcours urbain : on dénombre alors moins de chutes et par conséquent moins de chirurgie orthopédique !

 

Arnaud Munnich s’intéresse quant lui au handicap chez l’enfant. Il vient de créer la « fondation imagine », un institut sur les maladies génétiques. Pour lui, des occasions de valoriser la recherche ont été perdues, car l’archaïsme de la recherche en agence paralyse l’innovation. Le bâtiment de la fondation, construit par l’architecte Nouvel, est adossé à l’hôpital Necker enfant malade.Cette fondation s’intéressera aux 20 000 enfants atteints de maladies rares. Pour lui, son institut représente en soi la preuve que l’on peut attirer les meilleurs chercheurs sur ce type de thème en France.

 

 

 

Pour en savoir plus :

 

Sur la journée « le progrès c’est nous » : www.leprogrescestnous.fr et la fondation pour l’innovation politique qui est l’organisateur : www.fondapol.org/

 

Sur Alzheimer : lire l’article de Baulieu E.E., Robel P., Fellous A., Duchossoy Y., Fontaine-Lenoir V., David S., « MAPREG: toward a novel approach of neuroprotection and treatment of Alzheimer’s disease », J. Mol. Neurosci., 2004, 24(1):63-5, review.

Pour la société Asteres : http://www.asteres.fr

Pour la société Celtipharm : http://www.celtipharm.org

Pour le programme de la CNAM « santé active » : http://www.masanteactive.com

Sur le diabète : http://www.ceed-diabete.org

Pour DNAvision : http://www.dnavision.com

Pour l’Institut Beaulieu : http://www.institut-baulieu.org

Pour la mutuelle Matmut ; http://www.matmut.fr

Pour la société Watchfrog : http://www.watchfrog.fr

 

 



[1] Ce sont des produits introduits dans des matières pour retarder leur inflammation.

[2] La Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), a attribué à Altran et Healthways l’assistance à maîtrise d’œuvre de son programme d’accompagnement « Sophia » pour une durée de 4 ans en mars 2011.

Connaître les besoins en télésanté

La  DATAR a préparé un Kit pour connaître les besoins de débit de télécommunications en termes de santé. Plusieurs éléments sont apparus.

 

Le besoin en débit symétrique est plus important que la réalité actuelle.

 

Un niveau de qualité de service est nécessaire, qualité associée à une disponibilité effective haute.

 

La proposition est celle d’un accès à plus de 100 mégabits pour les hôpitaux centraux, les hôpitaux locaux pouvant se limiter à 20 mégabits réels. Dans les deux cas, un taux de  disponibilité 99,9 % est nécessaire. Les

Ehpad et les maisons de santé physique nécessitent une connexion rapide.

 

La DATAR propose de répertorier les actes et les besoins associés. Il s’agit de répondre au besoin, de ne pas être 100% fibre, mais de prendre en compte les technologies disponibles.

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Y a-t-il une révolution de l’âge ?

Jean-Marcel Bougereau, journaliste, s’intéresse à ce qu’il nomme la révolution de l’âge.

« L’avance en âge » représente la durée entre la fin d’activité professionnelle et la mort. Elle dure en moyenne 30 ans pour des pays comme la France. Il en résulte que 30 % de la population va  avoir plus de 60 ans. De nouveaux phénomènes apparaissent. Les parents meurent quand les enfants ont 70 ans,  cela impose de se poser la question : que signifie alors la notion d’héritage ?  Les parents en question vont-ils  se donner le droit d’utiliser pour eux-mêmes  ce qu’ils ont gagné et construit ?

Les baby-boomers vont être concernés par cette révolution  de l’âge. Ils deviennent des « WiFi boomer », ils utilisent les nouvelles technologies. «  Un âgé qui tweete ne vieillit pas », annonce la Ministre Michèle Delaunay. Ils vont aussi lire des magazines adaptés.  Femme majuscule est l’un deux. Il s’intéresse certes aux  femmes âgées, mais entend combler le fossé entre les jeunes et les séniors. Cette revue adopte une phrase de Bergson : «?L’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons en faire.?»

 

Source :  L’AG des âgés (ceci n’est pas un colloque) ,  » Ils ont fait la révolution de 68, ils feront la révolution de l’âge  » a été organisée par Madame Michèle Delaunay, Ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’autonomie, le mardi 9 juillet 2013, Salle Pierre Laroque – Ministère des Affaires sociales et de la Santé, 14 avenue Duquesne , 75007 Paris

 

Pour lire la revue : http://www.femmemajuscule.fr/

Des citoyens de la route au comportement en faveur des personnes âgées

Bernard Darniche est le Président des citoyens de la route. Il milite pour davantage de responsabilité individuelle  et plus  de compétences de la part des individus. Il s’oppose à l’utilisation de phrases  du type « Ça, tu ne sais pas le faire, mais d’autres savent le faire mieux que toi ». Il pense que la société ne peut évoluer que si les acteurs sont responsables des actes et les assument.

Il ajoute à cela plusieurs constats. La sérénité routière nous manque. Un peu partout, et donc pas seulement dans les administrations, le courage n’est plus là. Il y a le « port du parapluie ». Les acteurs se protègent pour le au cas où, et ainsi personne ne prend en charge sa responsabilité.

En ce qui concerne la vieillesse, pour lui, elle doit être traitée comme le reste, et non pas comme une « classe à part ». Il note que 40 % des gens ont une vision non adaptée à la conduite automobile et cela fait référence en la matière à tous les âges. C’est pour cela qu’il ne faut pas seulement  s’intéresser aux personnes âgées, mais à tous ! Pour faire une prévention utile, il est alors préférable de mettre les gens dans une situation qu’ils sont en mesure d’accepter.

Il faut arrêter, selon lui, cette stupidité administrative qui dit aux gens ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire car avec ces vieux contestataires issus de mai 68, cela ne peut pas marcher !

Michèle Delaunay, Ministre en charge des personnes âgées, accepte partiellement cette idée et affirme : « La république a tendance à se retirer après la retraite ». Elle promet que ce point sera traité dans le cadre des comités de filières de la « Sylver économie ».

Source :  L’AG des âgés (ceci n’est pas un colloque) ,  » Ils ont fait la révolution de 68, ils feront la révolution de l’âge  » a été organisée par Madame Michèle Delaunay, Ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’autonomie, le mardi 9 juillet 2013, Salle Pierre Laroque – Ministère des Affaires sociales et de la Santé, 14 avenue Duquesne , 75007 Paris

Site des citoyens de la route : http://www.citoyensdelaroute.fr

 

Nos vieux sont issus de la contestation.

Alain Geismar, né en 1939, rappelle que cette tranche de population a vécu  la naissance d’un fort mouvement antiautoritaire, du fait que les postes professionnels et les activités  étaient trustés par des vieux juste après la guerre. C’est l’esprit de mai 68. Il en est de même du côté des universitaires. L’idée que ceux qui occupaient les postes hiérarchiques étaient incompétents  devait  être insupportable.

Un bon contremaître peut aider les ouvriers. Avec l’arrivée des machines-outils et de la chaîne comme mode de travail, les nouveaux ouvriers étaient encadrés par des gens qui n’avaient pas la compétence pour faire marcher les machines, d’où la contestation du petit chef.

Pendant le traitement des revendications de Grenelle en 1968, un seul  sujet a été renvoyé à plus tard, c’est celui qui concerne la vieillesse. Certes, ce n’est pas une préoccupation, personne ne portait de revendications sur l’amélioration des conditions de vie des anciens. À cette époque, De Gaulle regardait Pétain en disant : « La vieillesse est un naufrage ». En fait, à cette époque, personne ne se positionnait  contre les vieux, mais on était contre ce qui les faisait vieillir.

Ainsi, mai 68 a-t-il été irrespectueux du devenir de cette génération. Restons-nous sur cette idée ?

Source :  L’AG des âgés (ceci n’est pas un colloque) ,  » Ils ont fait la révolution de 68, ils feront la révolution de l’âge  » a été organisée par Madame Michèle Delaunay, Ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’autonomie, le mardi 9 juillet 2013, Salle Pierre Laroque – Ministère des Affaires sociales et de la Santé, 14 avenue Duquesne , 75007 Paris

Vieillesse, nouvelle période de vie

Claudine Attias Donfut, sociologue au Centre Édgar Morin, CNRS et Ehess, n’hésite pas  à parler d’une nouvelle période de vie. Nous vivons dans une société qui développe une vision négative de la vieillesse. Cette vision semble paradoxale avec une génération pivot qui a aidé enfants et parents. Il semble donc que l’évolution de la famille et l’évolution de la protection sociale génèrent une exigence accrue du recours au service collectif.

Source :  L’AG des âgés (ceci n’est pas un colloque) ,  » Ils ont fait la révolution de 68, ils feront la révolution de l’âge  » a été organisée par Madame Michèle Delaunay, Ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’autonomie, le mardi 9 juillet 2013, Salle Pierre Laroque – Ministère des Affaires sociales et de la Santé, 14 avenue Duquesne , 75007 Paris

Que veulent nos aînés ?

Nos anciens désirent être autonome, rester responsable, et ont envie de « fabriquer du projet ».

Autonomie, responsabilité, envie de  «  fabriquer du projet » sont les résultats de l’enquête de Vivavoice  sur les 70 ans et plus et sur les personnes entre 40 et 70 ans. François Miquet-Marty  a présenté les résultats en commençant par une réflexion de vocabulaire.  Personnes âgées, séniors, sont des termes anciens datant du XIIe  siècle qui  étaient vus alors de façon positive. Le travail a consisté à écouter ces populations à travers deux grandes enquêtes. L’a priori d’un  « grand âge » oublié n’est pas vrai à la lecture des résultats, au contraire les notions de vieillesse autonome et de source de joie ressortent. Être âgé, c’est d’abord un sentiment de déclin pour 48 % des personnes interrogées et ce bien avant l’âge (18 %), la dépendance (15 %), la retraite (14 %) et une détresse psychologique (13 %). La césure  du grand âge est claire, pour 54 % des personnes interrogées, on est vraiment âgé lorsque l’on n’est plus autonome, et selon 44 % des gens quand  on perd ses facultés physiques et mentales.

Cette enquête révèle deux vieillesses, celle de l’autonomie et celle de la dépendance.

À 70 ans on peut refaire sa vie, loin du sentiment de déclin. Ainsi  89 % des personnes se déclarent heureuses. 5 1 % ont peur de ne plus être autonome, 47 % craignent la maladie et 34 %  les troubles de la mémoire.  Cette génération du baby boum est attachée aux valeurs de liberté, d’indépendance. Ainsi l’autonomie n’est pas proclamée à l’égal d’une solitude. Parmi ces personnes, 44 % veulent avoir du temps à consacrer à leurs proches, mais elles ne désirent pas  vivre avec la famille (principalement avec les enfants). Pour la tranche d’âge des 40-70 ans, 86 % des  enfants estiment que leur père est heureux, et 78 % d’entre eux pensent que leur mère l’est également.

La préparation de la vieillesse est polymorphe et passe pour l’essentiel par la création de relations.

En ce qui concerne la prise en charge, 59 %  des 40-70 ans  et 70 %  des plus de 70 ans estiment qu’elle est insuffisante. Respectivement 55 % et 66 % estiment que ce sont les pouvoirs publics qui doivent y répondre.  Sur la population totale, 87 % cherchent à rester dans leur résidence avec de l’aide,  seulement 14 % accepteraient de déménager chez leurs enfants, et 51 % pensent aller en établissement spécialisé.

Les personnes âgées veulent rester chez elles, ce qui pose des problèmes d’aménagement et ouvre une ère de services. Pour la ministre Michèle Delaunay, « Ce n’est pas l’âge qui fait la vieille ». Elle rappelle que 92 % des ressortissants de son ministère sont en forme, ce qui fait que seulement 8 % sont en perte d’autonomie.

L’autonomie est le vrai curseur. Malgré tout, les grandes craintes existent et sont là depuis longtemps comme celles liées au cancer puis au sida. La nouvelle frontière est Alzheimer, elle se vit de façon aussi dramatique et elle a été définie récemment. Ainsi, Alzheimer devient le nouveau point de basculement. Si l’on retarde  l’entrée dans la perte d’autonomie, on a gagné. C’est le maître mot de la loi que prépare la Ministre Michèle Delaunay qui appelle à  être responsable. La loi comportera un volet anticipation et prévention  afin de mettre en place de la domotique, de l’hygiène de vie, du plaisir, de la fierté et beaucoup de responsabilité.

Source :  L’AG des âgés (ceci n’est pas un colloque) ,  » Ils ont fait la révolution de 68, ils feront la révolution de l’âge  » a été organisée par Madame Michèle Delaunay, Ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’autonomie, le mardi 9 juillet 2013, Salle Pierre Laroque – Ministère des Affaires sociales et de la Santé, 14 avenue Duquesne , 75007 Paris