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Le témoignage de l’un de mes anciens étudiants pour les voeux de cette année

Un texte qui me fait chaud au coeur

(l’orthographe a été conservée à l’identique)

« Monsieur, je n’oublierai jamais votre aide quand j’étais en France. Maintenant, je suis vraiment content que j’ai appris plusieurs choses et je veux payer ma gratitude ainsi.Je ne sais pas beaucoup sur vos projets mais je vous prie de bien vouloir partager quelque chose au sujet de votre projet afin que je puisse également contribuer commeparticipant à la promotion du projet en Inde.

K. R. Bengalore, India

 

Conférence d’Henri Sterdyniak, le 5 novembre 2015 à Capestang

Henri Sterdyniak a introduit le sujet en rappelant que l’économie est une construction sociale qui doit être démocratiquement débattue. Il en profite pour fustiger les économistes adeptes d’une approche limitée au calcul.

Le conférencier a commencé par un rappel d’histoire économique dans le but d’expliquer que la crise financière est le signe de la faillite de la contre-révolution généralisée dans les années 80. Pendant la période dite des « 30 glorieuses », un compromis entre le capitalisme et le travail existait ; il était fondé sur l’importance du syndicalisme et l’existence d’une forte croissance. Mais le capitalisme dont les représentants sont Ronald Regan et Margaret Tatcher a fait la contre-révolution libérale à la fin des années 70. La thèse sous-jacente est qu’il vaut mieux avoir du chômage dans une économie où l’entreprise est gouvernée dans l’intérêt des actionnaires et non dans celui de l’emploi. C’est pour cela que la rémunération des grands managers est réalisée avec des « stocks option », donc des actions de l’entreprise, ainsi, cherche-t-on davantage à augmenter la valeur de l’entreprise que l’emploi.

La mondialisation a affaibli la classe ouvrière et les classes moyennes en Europe. Les capitalistes vont chercher des emplois ailleurs. Une seconde révolution a été celle de la mondialisation financière, des masses des capitaux qui cherchent de la rentabilité financière. Ces capitaux se déplacent parmi les entreprises et les pays. Ainsi, la gestion des entreprises s’est-elle orientée selon les intérêts de la finance. Des bulles  financières naissent lorsque la valeur des actions devient différente de la valeur réelle des entreprises.

À ce stade, Henri Sterdyniak introduit la distinction entre les pays qui se « débrouillent » bien, très compétitifs, ils accumulent des excédents. D’autres sont déficitaires comme les pays du sud de l’Europe. Enfin, citons la Chine ? qui place ses excédents dans la dette aux États-Unis, dette issue des ménages pauvres ? qui a subi la crise des subprimes en 2008.

Selon Henri Sterdyniak,  l’épisode de 2010 est assez original et a contribué à la dégradation des finances publiques. Il a fallu aider les banques, puis soutenir l’activité, ce qui a conduit à des budgets en déficit.

La stratégie de faire des politiques d’austérité qui devaient rétablir les finances publiques s’avère un échec. Moins de dépenses publiques, moins d’impôts sur les riches sont les éléments de politiques d’austérité très coûteuses, car elles ont déprimé l’activité. Les classes dirigeantes n’ont pas tenu compte des leçons de la crise. Les entreprises continuent à être gérées vers les actionnaires. Les leitmotivs de ces politiques sont simples : il faut aussi réduire les dépenses publiques, il faut accepter des baisses de salaire pour être compétitifs.

En Europe, la protection sociale est développée, il existe un Droit du travail. Mais cette Europe est dominée par une technocratie libérale et fédéraliste qui veut prendre la totalité des pouvoirs. Le pouvoir passe à des organismes non élus telle la banque centrale européenne. Les points clés de la politique sont : pression pour faire baisser les impôts sur les entreprises, laisser jouer la concurrence et privatiser avec tout ce que cela impose face aux modèles nationaux. Mais l’Europe ne s’est jamais remise de la crise, le taux de chômage est important.

En Espagne, au Portugal et en Italie, une politique est imposée en échange de l’aide pour « mettre ces pays dans le droit chemin ». L’Europe est incapable de s’organiser pour que les pays aient une croissance satisfaisante. En Grèce, en échange de l’aide des pays européens, l’Europe impose des mesures horribles, réduction des salaires, des retraites, privatisation, fin de la couverture universelle maladie. La conséquence immédiate est la  paupérisation de ses habitants. En France, le gouvernement de gauche n’a pas réussi à impulser une politique de gauche. Il s’en est suivi une augmentation des impôts de 30 milliards et de nouveaux impôts sur le capital. Par ailleurs, une partie de ces fonds a été également prise sur les autres populations. Pour atteindre une réduction de 50 milliards de dépenses publiques, il a fallu accepter une baisse des pouvoirs d’achat.

C’est à partir de ce constat que  « les économistes atterrés » ? regroupement auquel appartient Henri Sterdyniak ? ont décidé d’écrire un nouveau manifeste. « Il faut changer », tel est le cri de ce nouvel ouvrage d’Henri Sterdyniak. La société a le choix, on n’est pas condamné par des voies économiques types. Comme il y a différentes options possibles, on peut avoir des systèmes de santé solidaires ou non, on peut opter pour une école gratuite ou des formations payantes. Il y a des décisions sociales à prendre et l’on n’est pas obligé de laisser le marché choisir. C’est pour cette raison qu’il faut faire ces choix sociaux démocratiquement

Henri Sterdyniak rappelle l’importance de la démocratie car il y a en l’occurrence des votes ouverts. Pour lui, la démocratie est menacée, d’une part parce que les moyens de communication sont aux mains des puissances d’argent, les journaux sont achetés par les chefs d’entreprise. D’autre part, ils sont menacés par les constructions politiques officiellement indépendantes, mais qui le sont aussi du vote démocratique. La Banque Centrale Européenne est pour lui l’exemple le plus regrettable.

Les économistes atterrés proposent de s’intéresser à quinze chantiers. Le précédent ouvrage était fondé sur dix fausses évidences. Ces chantiers sont guidés par cinq valeurs fortes : la démocratie, l’égalité, l’intervention publique, l’initiative des citoyens et l’écologie.

Henri sterdyniak met en avant le chantier de l’écologie : contrainte lourde. On ne peut pas continuer à gaspiller les ressources, il faut que les activités économiques prennent en compte les contraintes tout en prenant le risque que l’ajustement ne se fasse pas ; la solution peut être le rationnement par le prix. L’auteur cite l’exemple du prix de l’énergie duquel en résulte que seuls les plus riches pourront voyager et se chauffer. Il se heurte au discours dominant selon lequel ce sont les entreprises qui savent faire. Volkswagen truande les essais car c’est moins coûteux que de faire des voitures propres. C’est une preuve que les choix que font les entreprises et le marché n’ont pas pour but de satisfaire des besoins fondamentaux. C’est plus rentable de faire des modes et des produits qui durent peu que de faire de « bons produits ».

Ainsi, une solution serait de donner davantage de poids aux clients. Il faut mobiliser les consommateurs pour changer les entreprises. De plus, il faut faire l’effort de connaître ce qui est vraiment utile pour aller vers une société sobre et solidaire. Ainsi, l’économie sociale et solidaire, les banques coopératives, l’économie du partage devraient se développer. Ces évolutions remettront en cause le capitalisme traditionnel. Henri Sterdyniak nous propose de faire attention à une trop grande dérégulation. Les sites web de type uber et airbnd permettent des réponses politiques de type : « Vous gagnerez moins, mais vous pourrez gagner de l’argent en louant votre appartement et votre voiture ».

L’économiste nous rappelle que les gens ont plus besoin de crèches que d’agences bancaires. Il nous propose de réfléchir aux besoins non-marchands que seul le service public rend : éducation, culture santé. Il propose également reconnaître les avantages du bien public.

Le chantier de l’égalité est un autre point abordé par l’auteur. Il fustige les raisonnements suivants : « S’il y a des inégalités, cela pousse les pauvres à travailler », « Ce qui fait marcher la machine, c’est la concurrence ». Pour Henri Sterdyniak, ce qui fait fonctionner les entreprises, c’est la mobilisation de tous. Il signale au contraire le gâchis prodigieux de l’inégalité. En France 20 % des enfants grandissent dans l’univers de la pauvreté. La lutte pour l’égalité est un point essentiel du combat à mener.

Henri Sterdyniak trace les contours d’une nouvelle politique. Il faut financer la transition écologique, développer les transports en commun, améliorer l’habitat. Cela demande de l’investissement, et par conséquent réorienter le système bancaire et financier. Séparer les banques de dépôts et d’affaires est nécessaire afin de s’assurer que les dépôts financent les collectivités locales et les entreprises qui créent de l’emploi ; il convient également de lutter contre la spéculation.

L’Europe, c’est un grand rêve, on a le choix entre plusieurs positions. La première consiste à laisser l’Europe aux mains de la technocratie qui impose des règles, comme par exemple le traité transatlantique. Cette Europe conduirait à une unification des normes qui se feraient par des organismes au bon vouloir des industriels ; ces normes permettraient aux entreprises de remettre en cause les services publics au nom de la concurrence et donneraient la possibilité aux entreprises de porter plainte contre les actions de l’État. La deuxième voie consisterait à renoncer à l’Europe sous le prétexte l’Euro est la monnaie d’une zone déséquilibrée avec les pays du Nord qui imposent des politiques d’austérité. Sterdyniak privilégie une troisième voie consistant à changer l’Europe en refusant tout d’abord toute nouvelle évolution vers davantage de pouvoir, et ce, tant qu’elle ne change pas de politique. Peut-être faudra-t-il mettre en place des situations de crises en Europe pour changer la manière dont cette dernière fonctionne. Il faut disposer d’une politique industrielle, d’une Europe sociale, et ce avec une harmonisation fiscale. L’Europe est l’instrument qui peut réaliser le changement.  Cependant, l’Europe actuelle n’est pas dans la capacité de le faire, cela passe par le combat politique et idéologique.

En guise de conclusion de son propose préliminaire, Sterdyniak rappelle que la rationalité, ce n’est pas le néolibéralisme. La rationalité c’est mettre au premier plan une transformation écologique, économique et sociale.

Parmi les questions posées dans la salle, une d’elles s’interroge sur le fait que l’on ne voit pas l’élan des peuples qui était attendu dans le premier livre de l’auteur. La France a maintenu un système social généreux. Peut-être pouvons-nous penser que le cynisme des dirigeants consiste à se dire que dans ce système social les gens iront au combat sur le plan syndical et politique. Mais, de fait,  le combat continu est gouverné par l’idée qu’il faut maintenir le modèle social. La France est un espace avec un effet de redistribution fort qui devient un filet de sécurité. C’est également un frein à la « rebellisation » des personnes.

 

Une autre série de questions concerne le rôle des économistes atterrés. Ces économistes essayent de peser à Bruxelles pour des choix différents. C’est notamment le combat pour la taxation des transactions financières. La commission n’est pas un organisme neutre. Ainsi, donner davantage de pouvoir à l’Europe est un problème. Lorsque l’Europe à tous les pouvoirs, cela peut être dangereux pour les peuples. Par exemple, personne ne contrôle la Banque Centrale Européenne. De plus, l’Europe ne fait pas assez contre les paradis fiscaux. Il y a eu une très forte volonté pour nous amener à ce qui est l’Europe actuelle.

Interrogé sur le problème des inégalités, Henri Sterdyniak affirme que ce dernier devient de plus en plus important. Même les milliardaires américains s’en inquiètent. Le travail disparaît, nous sommes dans une société de progrès avec moins de main d’œuvre. Henri Sterdyniak cite Waren Buffet : « La guerre des classes existe et nous l’avons gagnée ». Cela répondait à un projet des années 80 qui avait pour finalité de revivifier le capitalisme. La stratégie est claire et avec deux composantes. D’une part une composante matérielle : on investit en Chine et non aux États-Unis. Par ailleurs il y a une composante idéologique : le privé, c’est mieux que public. Il nous propose un exemple. En 1970, le système bancaire français est très largement public, banques à capitaux publics, contrôle fort de l’État. Mais, depuis la fin des années 70, les lois Debré, puis la loi Beregovoy, ont mis en place la concurrence sous l’influence des Anglais. De plus, la dette des états est devenue des titres publics qui s’échangent sur les marchés financiers.

L’auteur termine par ce qu’il considère comme étant l’une des caractéristiques du capitalisme, en l’occurrence la croissance des inégalités et un développent du précariat. Seule la France a maintenu un impôt élevé sur les patrimoines. L’avenir du travail est une vraie question, tout comme celle du travail inutile. Selon Henri Sterdyniak, beaucoup d’emplois sont dans ce cas. Il y aurait deux solutions : avoir en permanence une masse de chômeurs, ou redistribuer, rémunérer un peu plus. C’est un choix social. Il est également possible de développer des activités non-marchandes.

 

L’avenir est : davantage de coopération ! Tel a été son mot de conclusion.

 

Pour en savoir plus :

Manifeste d’économistes atterrés. Crise et dettes en Europe. Dix fausses évidences, 22 mesures en débat pour sortir de l’impasse, Paris, Les liens qui libèrent, 2010, ISBN 2918597260

Le nouveau Manifeste des économistes atterrés, 15 chantiers pour une autre économie, Paris, Les liens qui libèrent, 2015, ISBN : 979-10-209-0139-2

 

Conférence transcrite par Bruno Salgues, non vérifiée par le conférencier

Comment changer le comportement des gens ?

Parmi les challenges du monde digital global  relatif au contenu et à la créativité, notons celui de la création de contenus aptes à faire changer de style de vie des personnes.

 

De manière spontanée, on pense à ce type de changement avec des objectifs marketing, mais il est aussi très important de construire des contenus  en relation avec des raisons de santé publique ou encore la création de contenus destinés à des programmes de prévention en matière d’accidents de la route pour les jeunes conducteurs. Dans ce dernier cas, les contenus seront construits avec les éléments issus d’analyses d’accidents et pourront prendre la forme de jeux. Les slogans « C’est quand vous mangez dans votre voiture que les accidents arrivent » ou « c’est quand vous conduisez en utilisant votre mobile dans la voiture que les accidents se produisent » ne seront plus des messages sous forme publicitaire sinon les résultats de la « découverte » et  des « connaissances acquises » par ceux qui vont utiliser ces nouveaux outils de l’Internet.

 

Autre exemple, un projet consiste à faire en sorte que les gens soient plus « verts » dans la vie en Inde  afin d’éviter d’augmenter le taux de pollution urbain. La méthodologie a été utilisée de manière identique.

 

Ces nouveaux outils fondés sur des jeux et des simulations sont plus efficaces en termes de politique publique que les messages publicitaires classiques.

 

Le Patient Certificate Scheme (PCS) est donc une approche nouvelle. Il s’agit de permettre aux personnes de devenir plus conscientes des risques afin que ces dernières prennent les mesures nécessaires pour leur santé ou pour favoriser un comportement plus social. Le but est de promouvoir le bien-être de tous à long terme, mais avec une productivité accrue et dans un monde meilleur, ce qui est en soi une équation complexe.

 

Il s’agit d’une boîte à outils qui se nourrit d’informations sur mesure,  de modes de communication incitatifs. Cette approche met l’accent sur l’individu. Elle lui présente de nouveaux moyens pour générer des motivations personnelles. Ce sont des nouvelles façons de se servir des informations et des technologies de communication (TIC) dans le but de renforcer la responsabilisation de chacun et de changer les comportements destructifs qu’adoptent certains. LearnforLife est une entreprise soutenue par PCS Ltd. Elle est chargée de préparer, organiser, lancer et mettre en œuvre les outils et les actions.

 

Source : Présentation d’Ingrid Anderson au Global Forum, Shaping the Future 2013, Driving the digital future, stratgeoes to grow stronger communities and businesses, 28 et 29 octobre 2013, Palzzio dei Congressi della stazione Marittima, Trieste, Italie

 

Pour en savoir davantage : Patient Certificate Scheme, LearnforLife®,  Postal adress: PO Box 298, 201 22 Malmö, Sweden, Tel :  +46-(0)40-176502, Fax :  +46-(0)40-176501, mail :info@patientcertificate.com, site web : http://www.patientcertificate.com/

Qui desservir avec le numérique à haut débit?

Deux propositions sont mises en avant : les bailleurs sociaux et les zones de montagne.

 

Gaël Serandour, de la Caisse des Dépôts, souligne la transformation des métiers des territoires, cela est sûrement plus important que le qualitatif. Dans le logement social, il faudra qu’il y ait une démarche pour faciliter le déploiement et donc convaincre les bailleurs sociaux. Avec le numérique,  c’est aussi un des domaines de la caisse des dépots, les bailleurs sociaux reçoit 10 milliards d’euros de prêts.

 

« Les gens de la montagne ! »  répond Henri Nayrou, Président de l’ANEM. L’enjeu est clair selon lui. Les habitants de ces zones ne sont pas des sous-citoyens qui doivent « mettre la main à la poche » pour avoir  la télévision, la téléphonie et maintenant Internet. Cela devient inadmissible. D’autant plus que 5 millions d’habitants vivent en ces lieux et plus de 13 millions qui s’y rendent. Les besoins sont là ! La solution se décline en trois points : une indispensable montée en débit, une cohérence nationale et par ailleurs l’existence de solutions de financement. Selon lui il y a urgence à mettre en place une politique de péréquation.

 

Ces deux exemples relatifs aux logements sociaux et la montagne imposeront de se poser la question politique : comment repenser le lien social avec le numérique ?

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Quel développement pour les usages des TIC en ruralité ?

Marco Diani, sociologue au CNRS, se pose la question du développement des usages sous la forme suivante.

Comment faire en sorte que dans cette phase de développement numérique, on n’en reste pas à faire des vœux pieux et des constats d’installation des réseaux ? Il commence par une remarque : l’opposition territoriale ne passe pas par l’opposition ville/ruralité. D’où une seconde interrogation : que veut dire la ruralité avec le haut débit ? Il se propose donc d’évaluer les nouveaux profils professionnels, les nouveaux contenus qui sont susceptibles d’apparaître. En d’autres termes : quels sont les nouveaux élus du numérique ?

 

Il suggère de traiter ces questions en répondant à quelques points.

 

  1. Nous manquons terriblement d’initiatives et de connaissances  en matière de contenu. Que va-t-on mettre dans ces réseaux ?

 

  1. Tout cela devrait augmenter les interactions ainsi que les pouvoirs venant d’en bas ? Que fait-on avec cette nouvelle forme de pouvoir ?

 

  1. Il convient d’observer l’énorme déficit à apprendre à utiliser. Un grand nombre de personnes n’utilisent donc pas ces technologies. Il s’agit donc de se poser la question de la digitalisation des activités, en particulier pour ce qui est des populations dites traditionnelles, les 30% « d’illettrés ».

 

  1. « Isolement versus présence humaine dans le numérique », y compris dans le domaine public. Que fait-on avec des guichets virtuels ?

 

  1. Quelle est la place de la technologie, forme d’interaction, contenu ?

 

  1. On ne peut se diriger vers le monde numérique en ordre dispersé. Des milliers d’expérimentations sont lancés, peu de coordination sont mises en place et les bilans sont rares.

 

  1. L’absence d’ouverture internationale est certainement une faiblesse.

 

  1. Quels sont les intérêts d’une démocratie des flux, forme de consultation presque constante, rôle de l’immédiateté, forme nouvelle de populisme (empowerment qui a mal tourné !)

 

Pour Marco Diani, les nouvelles formes de relations au numérique doivent être analysées et c’est ce qui importe. Elles créent de nouveaux territoires. Ce sont des nouveaux territoires du « numéralitique », affirme-t-il en créant à cette occasion un néologisme.

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Quel modèle pour la société du numérique ?

Gilles Babinet a donné son opinion dans le domaine du numérique en commençant par une position marquée. « Je ne suis pas sûr que pour la France, il faut utiliser le modèle californien, il faut s’intéresser à la société que nous voulons construire ». Il voudrait également éviter le modèle coréen, qui ne créé pas un pays heureux, car la société doit se remettre à penser. Il pose alors quelques questions pour préciser sa pensée.

 

Veut-on construire une éducation qui traumatise les enfants ? On sait que le partage permet d’apprendre plus rapidement. Pourquoi ne pas l’introduire ?

 

Comment repenser l’enseignement supérieur, pourquoi ne pas construire des cafés éducatifs et ainsi permettre au moindre village d’avoir  accès  à la connaissance ?

 

Veut-on créer des hospices automatisés et intégrer une société « jeuniste » excluant les personnes âgées que nous ne voyons pas, ou créer au contraire des échanges intergénérationnels ?

 

Quelle société de consommation voulons-nous ? Société consumériste qui gaspille ? Quelle économie locale ?

 

Il faut faire en sorte que les débats existent, l’utopie est perdue. Ce qui est important, c’est la réalité.

 

Pour Gilles Babinet, il y aura une réforme et c’est la fin de l’emploi salarié comme mode de travail unique  Il faut re-comprendre la réalité de l’emploi. On doit observer ces modèles qui constituent des niveaux de cohérence qui deviennent acceptables. C’est ce que font des communautés en Suède ou au Japon

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui  s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Les évolutions des besoins numériques pour la santé

Pour Élisabeth Hubert, la notion « d’établissement à domicile » qui est celle de l’Hospitalisation à Domicile (HAD) ne concerne pas seulement des infirmières qui passent chez le patient, mais aussi des métiers comme la coordination et l’assistant social. La HAD, c’est 300 établissements en France, 12 000 patients en charge, une durée moyenne de séjour équivalente à 30 jours. Ces solutions ont été permises par un assouplissement de la réglementation, il y a dix ans. Ainsi, il existe un financement par l’assurance maladie sans forfait hospitalier. L’approche est en train d’évoluer avec la mise en œuvre d’une logistique de matériel et de produits à manipuler qui devient complexe, tel est le cas de la chimiothérapie à domicile par exemple.

Les HAD préparent « le coup d’après », concernant les patients dont la santé s’améliore ou qui sont dans une situation plus difficile.

 

Trois contraintes des outils numériques sont mis en avant par Élisabeth Hubert : tout d’abord, disposer d’une information fluide et autant que possible  immédiate, ensuite rendre irréprochable la traçabilité des actes, enfin, mettre en place une coordination efficace des acteurs. Elle met en avant quelques limites actuelles telles que la complexité de l’interopérabilité des SI (Systèmes d’information), ceux conçus pour le monde hospitalierne communique pas avec ceux du  monde libéral. Elle souligne enfin que tous les départements ont accès à la HAD, ce qui est un succès.

 

Docteur Blanchard, réseau en Normandie et en Languedoc-Roussillon, exemple de l’utilisation dans le suivi de plaies aidé par la télémédecine. Les deux difficultés principales du projet ont été la présence obligatoire des médecins en France et la nécessité d’utiliser les réseaux en mobilité. La solution utilise une tablette connectée en 3G. L’outil a été mis  en place récemment depuis septembre 2013, il s’articule autour d’un couple médecin/infirmière. Cette solution fait apparaître de nouveaux métiers, celui de la coordination et celui de l’infirmier expert. Pour le Docteur Blanchard, il faut aussi des formations, il prône une évolution de la formation initiale. Il rappelle que la meilleure formation qui soit est la téléconsultation !

 

Norbert Paquel souligne deux points : la multitude d’intervenants dans les actes de santé et la faible communication entre les fabricants de logiciels, puis entre ceux-ci et les clients. C’est pour cette raison qu’il faut que le marché de la santé accepte la notion de norme. Actuellement, il n’y a pas de commission  de normalisation de la santé, ce qui est regrettable.

 

Pour Jacques Cinqualbre, « la télémédecine, cela fait bouger les lignes ». C’est à la fois rapprocher les métiers de santé et permettre d’éviter un déplacement sur deux. Pour les 800 patients greffés à Strasbourg, cela correspond à plus de 720 000 km d’économie de transport, soit le trajet terre-lune.

 

Selon Élisabeth Hubert, l’organisation de l’offre de soin ne pourra plus être la même que dans le passé. Le problème est que les établissements de santé de demain ne seront plus ceux d’aujourd’hui. Pour elle, les établissements hospitaliers seront spécialisés sur les soins à haute valeur ajoutée. Ainsi, faudra-t-il les imaginer avec un « schéma technique » qui est très différent de celui d’aujourd’hui. À cela s’ajouteront d’une part une exigence de sécurité et de qualité, et par ailleurs la réalité qui fait que le domicile devient un lieu de soin. Puis, la profession devra adapter les outils techniques avec une offre de soins, ce qui n’est pas encore le cas. « On a tous les outils techniques, ils existent, mais il y a encore des trous », affirme-t-elle. « On a voulu construire une cathédrale avec un DMP (Dossier Médical Personnel), les GCS (Groupement de Coopération Sanitaire) en région ont aussi construit des cathédrales », c’est là que se situerait l’erreur selon Élisabeth Hubert.

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Connaître les besoins en télésanté

La  DATAR a préparé un Kit pour connaître les besoins de débit de télécommunications en termes de santé. Plusieurs éléments sont apparus.

 

Le besoin en débit symétrique est plus important que la réalité actuelle.

 

Un niveau de qualité de service est nécessaire, qualité associée à une disponibilité effective haute.

 

La proposition est celle d’un accès à plus de 100 mégabits pour les hôpitaux centraux, les hôpitaux locaux pouvant se limiter à 20 mégabits réels. Dans les deux cas, un taux de  disponibilité 99,9 % est nécessaire. Les

Ehpad et les maisons de santé physique nécessitent une connexion rapide.

 

La DATAR propose de répertorier les actes et les besoins associés. Il s’agit de répondre au besoin, de ne pas être 100% fibre, mais de prendre en compte les technologies disponibles.

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Comment financer le très haut débit ?

Le coût du très haut débit pour la Région Midi-Pyrénées serait de 1,7 milliard d’euros et de 20 milliards d’euros pour la France. La région propose la mise en place d’une contribution analogue à celle de l’électricité, comme le FACE qui est le fonds de péréquation de 2 % en ville et de 0,4 % en campagne et qui permet de mettre en œuvre « la fée électricité » dans les campagnes.

 

Pour Gérard Amigues, il faut des solutions pour répondre rapidement ! Que l’on cesse le combat entre les « pro-fibre » et les autres technologies. Pour prendre un exemple, si on installe le satellite, cela crée des demandes qui auront des besoins plus importants plus tard. Ces besoins justifieront le déploiement de la fibre.

 

Que cela soit dans le domaine de la santé, de l’éducation et des services de proximité, il faut aller vers la fibre, mais il ne faut pas oublier les solutions alternatives.

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org

Comment desservir en haut débit ?

Différentes solutions techniques existent en dehors de la fibre optique.

 

Philippe Legrand de Nomotech, a présenté la solution radio qui permet à des zones  grises d’avoir des prises raccordables à 250 euros. La boucle locale radio en France dessert 80 000 abonnés en France.

 

Jean-François Bureau d’Eutelsat, rappelle que la société dispose du satellite le plus puissant avec 80 gigabits au total par tranches de 20 mégabits en réception et 6 mégas en émission. Le satellite coûte 350 millions d’euros, il peut raccorder 2 millions de clients potentiels, mais ne dispose actuellement que d’environ 100 000 abonnés.

 

Arteria, filiale de RTE, a été créée pour développer les antennes et la fibre sur les lignes haute tension depuis 2002. Ainsi 20 000 km de liaisons électriques sont équipés, dont 600 000 km d’équivalent fibre installés. L’idée est de mutualiser les infrastructures avec d’autres utilisateurs.

 

NordNet est fournisseur de détail satellite via Eutelsat. Il offre des solutions comme « Connect école » qui permet de relier des écoles rurales.

 

Source : Ruralitic 2013, Université d’été des territoires numériques qui s’est déroulée au Centre de Congrès d’Aurillac (Cantal),  les 11 et 12 septembre 2013, http://www.ruralitic.org