Archives pour la catégorie Société de la connaissance

Ecole de l’Internet (EEMI) : un délire mais un vrai besoin!

Certains industriels ont installé lundi 6 juin l’EEMI.

De grâce, ne l’appelez pas école de l’Internet

En 1995, un groupe d’industriels expliquait que le réseau Internet n’avait pas d’avenir

En aout 1997, à Hourtin, Lionel Jospin annonçait la création des écoles de l’Internet sous la pression de certains « intellectuels professeurs nimbus » du secteur. Un décret et des directives ont suivi. L’école de l’Internet de Lille (consacré au textile) de Bourges (à la sécurité), de Grenoble (Arts), de Castres (Santé et Automotive), Marseille (Logistique) n’ont pas vu le jour ou sont mort-nés ! Toujours la pression des mêmes industriels !!!!!

2011. Et les voilà!  Ces industriels font la promotion de l’EEMI ! Je salue tout de même cette initiative quelques années plus tard. Le parisianisme a frappé, La banlieue ou la province a été aussi préférée à Paris comme si tout était mieux dans cette ville !

En 1973, Lannion (France) et Schenzen (Chine) étaient des ports de pèche qui avaient le même nombre d’habitants. Tous deux avaient pour vocation de devenir des zones consacrées aux technologies de l’information avec la bénédiction des industriels et des gouvernements respectifs. Aujourd’hui Shenzen à 11 millions d’habitants dont 5 millions de migrants (en l’occurrence plus que les étrangers en France), arrose le monde entier d’électronique, abrite le siège de plusieurs géants mondiaux comme ZTE. Les résultats financiers 2009 de ZTE se situent au premier rang du secteur, avec un chiffre d’affaires de 8.820,7 millions de dollars. Cette société dépose environ 4000 brevets par an et dépense plus de 10% de son CA en recherche, dont plus de la moitié dans les universités et écoles locales. Cette somme, environ 400 millions d’euros,  est a comparer  aux 150 millions d’euros du budget de l’Université du président de la CPU (Conférence du président d’Université) dont 80 millions de salaires.

PS : Je faisais partie de ces intellectuels professeurs nimbus ……


PS2 : Je crée en ce moment une école TIC et Santé

Le leader actuel du DMP en mode hospitalier!

Pour ceux qui croient que le DMP sera Google/Microsoft, les plus grands hopitaux on fait d’autres choix

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Pour en savoir plus : http://www.epic.com

Rénovation du Chaudron de St Etienne: une tournure de plus en plus politique !

Le poids de la politique dans la rénovation du stade de St Etienne m’attriste…. Le projet a été dévoilé officiellement le 22 octobre, « nombre de détracteurs tirent à boulets rouges sur le président de Saint-Etienne Métropole, la collectivité qui préside aux destinées du Chaudron », écrit le journal local le progrès. .

Je lis plus loin : « Finalement, le débat est lancé au détour, en fait, d’une délibération sur le Plan pluriannuel d’investissement 2011-2014, où figure une ligne budgétaire 58 millions pour la rénovation du stade Geoffroy-Guichard ».

Au même moment, mes collègues canadiens m’indiquent que la ville de Toronto relance un plan annuel de recherche en e-santé de 70 millions de dollars canadien, soit à peu près la même somme en euros !

Bon entre la science pour la santé et l’hygiénisme par le sport en fauteuil pour 41000 personnes, mes choix sont faits, mais cela ne semble pas être les même que les politiques de la Loire. Notons qu’avec cette somme, une école d’ingénieur est financée pendant plus de 10 ans, bâtiment et salaires des enseignants compris ….

Renaissance Numérique, réinventions des solutions!

Sous le titre

 

Renaissance Numérique a l’honneur de vous convier au lancement de l’opération « Rentrée 2.0″

Renaissance numérique

 

Regardons de plus près…

 

L’opération « Rentrée 2.0″, visant à équiper des écoles et des foyers en matériel informatique reconditionné….

 

Le parisianisme a encore frappé ! Et ceci avec 7 ans de retard. Regardons la situation dans l’hexagone.

 

D’abord, il y a d’autres régions qui font du reconditionnement et depuis longtemps. La région bourgogne le fait depuis plusieurs années et a été pionnières avec une banque locale. Le cg25 et la ville de Besançon (ville 5 @) ont distribué des ordinateurs reconditionnés depuis 2003. Le projet a été présenté au public le 11 septembre 2003. Alors, 7 ans après, les parisiens découvrent le monde!  Ils essayent de tirer la couverture à eux avec un titre alléchant ! x 2.0 !

Le reconditionnement des machines était dans le programme de l’ONG Française, webforce., en 2001 Cettre ONG est reconnue « ecosoc » auprès de l’ONU!  Elle est aussi membre de l’UIT (Union Internationale des Télécommunications).

 

D’autres régions,  comme Paca ou Aquitaine, ont réfuté cette solution, le cg13 et le cg40 ont préféré équipé les écoles en neuf ….car moins COUTEUX!

 

Alors ….. « faire du neuf avec du vieux ou imposture intellectuelle » (1)

(1) La personne que je cite se reconnaitra! Merci à elle…..

Webforce,  2Avenue Eccles , 11100 Narbonne, site web: http://www.webforce.org/

Renaissance Numérique, mail : contact@renaissancenumerique.org, site web : www.renaissancenumerique.org, twitter : http://twitter.com/RNumerique

Yaoundé : Symposium TIC Afrique 2010

Le Consortium d’Appui aux Actions pour la Promotion et le Développement de l’Afrique (CAPDA) organise du 20 au 23 Juillet 2010 au Hilton Hôtel de Yaoundé-Cameroun avec le soutien de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) et le gouvernement camerounais, le symposium TIC Afrique 2010 sur les  stratégies d’intégration et d’usage des TIC dans le Développement Urbain, la formation et la gouvernance en vue d’un développement durable. Ce symposium devra débattre des stratégies d’intégration et d’usage des TIC dans l’éducation, le développement urbain, la formation et la gouvernance. L’objectif du symposium est de fédérer les parties prenantes locales des TIC en vue de les amener à participer  au processus de lutte contre la pauvreté par la réduction de la fracture numérique. Il s’agira en fait de scruter les TIC à l’œuvre dans les dynamiques entre le développement urbain et la gouvernance en Afrique, dynamiques qui créent une nouvelle ère de communication, d’interaction et de synergie. Les TIC constituent en effet, de puissants outils cognitifs offrant de nouvelles possibilités d’ouverture et d’apprentissage. Toutefois, leur utilisation dans le développement urbain mérite d’être étudiée par les chercheurs africains dans les contextes spécifiques du continent afin de s’en référer pour influencer les dialogues politiques et les processus d’intégration.

Aussi, les panélistes porteront-ils un regard critique sur le potentiel d’utilisation créative des TIC pour questionner les habitudes, changer les mentalités, et approfondir les pratiques en relation avec le développement urbain et l’environnement socio-politique.

 

Pendant trois jours, le CAPDA organisera un séminaire de renforcement des capacités de la société civile (20/07/2010 au siège de l’AUF Afrique Centrale), des conférences, des ateliers et des segments de haut niveau animés par des personnes de renommée nationale et internationale.

 

Ø  Des Ministres :

 

Jean Pierre BIYITI BI ESSAM, Ministre des Postes et Télécommunications

Pr Laurent ETOUNDI NGOA, Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat

 

Ø  Des personnalités du secteur public, du secteur Privé et de la société civile :

 

Pr Marianne Tremblay, Directrice EPFL United Arab Emirates

Pr Charles BOYOMO, Directeur ESSTIC Cameroun

Bruno SALGUES,  Directeur d’Etude, Chargé du projet TIC et Santé  Institut TELECOM France

Laurent ONGUENE AWANA, Directeur du CENADI, Cameroun

Vincent TCHIENEHOM, Journaliste

Dr Olivier NANA NZEPA, Responsable du département TIC-ESSTIC

Laurent  GIUSEPPE-RENZO D’ARONCO, Responsable des Affaires Economiques et des TIC, CEA-BSR. Yaoundé

M. Abdoulaye SALIFOU, Directeur Délégué AUF A/C et Grands Lacs

M. Gaston MEKA, Directeur de la coopération CAMWATER

Cameroun

Roger Justin NOAH, Directeur Sanaga Technologies, Cameroun

M. Alexis KWONTCHIE Responsable Campus Numérique  AUF Afrique Centrale

M. Jacques MOUGANG, Ingénieur Informaticien CENADI

William TALLA, Ingénieur des Télécoms

 

Seront ainsi conviés :

 

Ø  les collectivités Territoriales Décentralisées,

Ø  les représentants des gouvernements intéressés par les TIC,

Ø  les structures diplomatiques et consulaires,

Ø  les universitaires et experts du domaine,

Ø  les grandes écoles et laboratoires de recherche,

Ø  les partenaires de la coopération internationale,

Ø  les membres de la société civile,

Ø  les femmes chef d’entreprise, PME/PMI,

Ø  les entreprises impliquées dans le secteur des TIC,

Ø  les artistes, écrivains et autres créateurs…

 

Le Consortium d’Appui aux Actions pour la Promotion et le Développement de l’Afrique (CAPDA) est une ONG basée à Douala, il participe à des initiatives de concertation et d’échanges entre plusieurs partenaires. Sa mission principale est la conduite des activités d’éducation au développement, la promotion d´entreprises artisanales novatrices susceptibles de favoriser l´émergence d’une dynamique locale et durable. Sa finalité consiste à sensibiliser et à informer les jeunes, les femmes, les artisans ou promoteurs de microprojets et les collectivités locales pour une prise de conscience sur l’importance du développement en milieu urbain et rural, par le biais des initiatives individuelles et collectives.

 

Contacts et informations :

 

Michel TCHONANG LINZE

Coordinateur Général  CAPDA

Coordonnateur Régional Afrique Centrale Réseau Panafricain pour les TIC et Développement (ACSIS)

BP: 15 151  DOUALA – CAMEROUN

Tel: (237) 77 75 39 63 /22 12 94 93 / 33 40 46 49

 Fax: (237) 33 40 46 49

Email : capdasiege@gmail.com  /   forumtic2005@yahoo.fr

Site : www.capda.net

Le débat de la qualité par l’information dans la santé

Vincent Leroux rappelle que l’informatique ne constituerait que 1,5% des dépenses hospitalières. Mais faut-il parler d’atteindre un niveau de plus de 3% comme certains politiques l’annoncent ? La Suède est à 70% de télé-prescription. « Il faut accepter le fait qu’Internet modifie la santé ». Actuellement, 500 000 cartes de professionnels de santé « médecin » circulent en Europe, 600 000 cartes de professionnel de santé (tous confondus) en France dont plus de 200 000 médecins.

Face à ces changements, Vincent Leroux rappelle alors quelques règles essentielles.

Première règle, la qualité et sécurité des systèmes d’information participent à la qualité, la performance, la sécurité des pratiques de soins. Il faut en effet raisonner en terme de qualité globale.

Les anciennes pratiques conviennent à l’ancienne technologie, les risques sont maîtrisés, mais introduire de nouvelles technologies ne permet plus de maitriser les risques, telle est la deuxième de ces règles fondamentales. La conclusion est alors évidente : il faut associer de nouvelles pratiques à ces nouvelles technologies. Il faut donc modifier les organisations.

Pourquoi formaliser le métier de responsable de sécurité de système d’information ? D’abord pour gérer ces changements, donc assurer la qualité et aussi gérer des éléments essentiels de ces organisations : disponibilité, intégrité et preuve.

Sources :

Conférence-débat consacrée à la thématique « Qualité et sécurité des systèmes d’informations en santé », organisée par l’école centrale, centrale santé le jeudi 17 décembre de 8h30 à 11h à la Maison des Centraliens, 8 rue Jean Goujon, Paris 8ème

Texte rédigé avec la collaboration de Michèle Barbusse et Pascale Segard

Les défis de la santé imposeront le passage au numérique …

Michel Gagneux, de l’ASIP Santé « Agence des Systèmes d’Information Partagés de santé » (http://www.asipsante.fr/) propose une analyse selon quatre défis : défi de l’efficience, de la qualité, de l’accès, et enfin, défi démographique. Pour lui ces défis conduiront nécessairement au numérique.

Les défis …..

Le défi de l’efficience est une nécessité face à l’augmentation des dépenses de santé. Ceci est une difficulté car notre système est « hôpitaux centré » et que la tendance sera de ramener de plus en plus les malades hors des unités de soins.

Le défi de la qualité des soins est des plus importants, le système est loin de la perfection. Il génère 150 000 hospitalisations évitables, environ 8% des dépenses de santé suite à des défauts de pratique.

Le défi de l’accès aux soins dans tous les territoires est la conséquence des difficultés de réguler l’offre médicale, sur le territoire.

Le défi démographique provient du vieillissement de la population et de l’accroissement des risques de la dépendance. Yannick Motel du LESISS (Les Entreprises des Systèmes d’Information Sanitaires et Sociaux, http://www.lesiss.org/) insiste même sur les deux effets démographiques. D’un coté, une demande croissante liée à la vieillesse et de l’autre, l’espérance de vie qui augmente. La France dispose de moins de 200 000 médecins, dont 120 000 médecins libéraux, mais 5 % de médecins sont partis en retraite, et 2% sont arrivés sur le marché. Cet effet de ciseaux est redoutable. S’ajoutent les impacts financiers. En effet, la France est le deuxième pays en ce qui concerne les dépenses mondiales de santé après les Américains et avant le Suisses.

Un environnement favorable à l’informatisation de la santé …

En ce qui concerne l’informatisation, les marges de progression existent. En effet, moins d’un hôpital sur quatre est doté d’un dossier informatisé. « Tout est donc à faire ». Pour Yannick Motel du Lessis, les difficultés ne sont pas techniques mais financières et économiques, j’ajoute qu’elles sont organisationnelles.

En effet, les perspectives d’avenir sont plus positives avec les agences qui devraient permettre la concertation, ce qui semble le cas de la nouvelle ASIP. Les industriels s’organisent. Ainsi, le Lessis et le Gixel sont des organisations de la Fieec (fédération), qui pèsent une vingtaine de milliards de chiffre d’affaires. Les praticiens commencent à voir les technologies comme moyen d’améliorer la qualité des soins. Le « patient empowerment » monte en puissance. Le Lessis a lancé « Interop santé » pour permettre les échanges entre les systèmes d’information de santé, ce qui passe nécessairement par la mise en œuvre des référentiels de santé. Tous ces éléments font que l’environnement est favorable pour la mise en place d’outils informatisés pour la santé.

En résumé, nous avons au même moment, une volonté politique forte, une mobilisation de l’ensemble des acteurs, et des changements possibles et nécessaires dans les organisations de santé. « Allons-y ! ».

Quelles solutions ? Réponse 1 : définir une nouvelle offre de soins

Face à ces défis, les spécialistes assistent à la fois à une tendance à la segmentation de la pratique médicale avec une prédominance du curatif sur le préventif. Le tropisme hospitalier est une constante et se traduit par une insuffisante liaison entre la médecine ambulatoire de la médecine hospitalière, à laquelle s’ajoute la difficulté de réguler l’offre de soins.

Il serait possible de construire des maisons de santé, des bus santé … mais aussi on peut imaginer de nouvelles organisations en utilisant des technologies pour changer les modes d’organisation. Sur ce point, rien n’assure que la situation s’améliorera …

Piecheski, Grenoble rappelle une triste réalité : il y a 15 millions de personnes malades à la maison contre un peu plus de 400 000 lits hospitaliers. Il faut se faire à la réalité : les malades se situent dans les réseaux de soins et donc chez eux. Les problèmes de confidentialité seront donc plus importants chez les malades. La prise en charge de personnes dépendantes est une réalité quotidienne ou le tiers de confiance ne peut pas être un médecin, mais la personne qu’elles voient tous les jours. Celles-ci sont alors les seules « tiers de confiance » possibles. Elles sont le plus souvent dans les catégories les moins formées des professionnels agissant dans la chaîne de soin. Ces personnes ont de forts besoins en formation. Il en découle une conséquence importante, la formation mange l’essentiel du budget des réseaux de soins, d’autant plus que les malades puissent se servir des outils informatisés et s’en servir à bon escient.

Quelles solutions ? Réponse 2 : passer à l’ère numérique

Face à ces difficultés structurelles, traduction des défis, les technologies de l’information et de la communication constituent des potentialités formidables. Force est de constater que ces outils ont été insuffisamment intégrés dans le monde de la santé. De plus, les systèmes d’information actuels de santé sont globalement fragmentaires. En effet, seuls 20% des établissements français possèdent un dossier électronique.

Si le passage à l’ère numérique devient indispensable, cela pose quelques problèmes comme l’interopérabilité et la cohérence des systèmes d’information. Pour avoir du succès, un espace de confiance doit être créé. Pour cela, un bon niveau d’usage de l’investissement public sera nécessaire pour disposer d’une offre de services incitative pour les acteurs et propre à développer des usages. Celle-ci pourra s’appuyer sur une offre industrielle solide, innovante et stimulante.

De plus, le patient va s’affirmer comme un acteur majeur dans la maîtrise de sa propre santé. Deuxième problème, ce qui va caractériser les systèmes, c’est l’échange. Les aspects concernant la confidentialité de ces données, la traçabilité des données, la capacité à habiliter les professionnels de santé et l’information de leur part vont devenir déterminants. Dans ce cas, cela touche directement, non pas les technologies de l’information et de la communication mais les processus qui restent au centre de la discussion.


Sources :

Conférence sur le thème « De Nouveaux Métiers en Management de la Santé : Conséquences de la dématérialisation des données de santé », organisé par l’Institut Supérieur de la Santé et des Bioproduits d’Angers (ISSBA), Université d’Angers dans le cadre du Master 2 Management et Sécurité des Systèmes d’Information de Santé (MSSIS), le vendredi 18 décembre 2009 de 14h30 à 17h30
Conférence-débat consacrée à la thématique « Qualité et sécurité des systèmes d’informations en santé », organisée par l’école centrale, centrale santé le jeudi 17 décembre de 8h30 à 11h à la Maison des Centraliens, 8 rue Jean Goujon, Paris 8ème

Texte rédigé avec la collaboration de Michèle Barbusse et Pascale Segard

Etre interdisciplinaire dans la mondialisation

Ana Lucia Gazzolla, directrice exécutive de l’Institut Inhotin et ancienne présidente de l’UFMG (Université Fédérale de Minas Girais) s’est lancée dans une de ses conférences dans un plaidoyer pour la culture, y compris la culture scientifique.

 

Elle pose en introduction deux problèmes. Le premier consiste à situer la culture dans la mondialisation et dans la localisation de celle-ci. En passant, elle se livre à une critique de la marchandisation et l’accord général des services qui veut introduire l’enseignement dans la sphère marchande. Le second problème provient de la situation particulière du Brésil. Dans un pays qui possède 15 millions d’analphabètes, et où 50% de l’enseignement est privé, le problème de l’accès à la connaissance est réel.

 

Ana Lucia Gazolla cite Ortega Y Gasset, « la culture, c’est ce qui protège du massacre vital ». Pour elle, le problème consiste à passer la frontière de la connaissance, qui se situe dans la zone d’incertitude, c’est celle de la formalisation. A l’inverse, elle se plait à rappeler que la culture n’est pas seulement les discussions, ou l’écriture mais les sciences et technologies. Pour elle, ces objectifs ne peuvent être atteints qu’avec des politiques publiques volontaristes et généreuses qui dépassent la seule régulation que les états mettent en place en général.

 

Ana Lucia Gazolla nous propose de consolider les actions interdisciplinaires ou plutôt transdisciplinaires, « ce sera bénéfique » dit-elle. Elle cite alors quelques exemples, la question de l’environnement et de l’éducation à l’environnement en est un. Elle voit la nécessité de proposer des doctorats en bioinformatique. Mais il ne faut non plus négliger la relation au marché et à l’économie, il y a des besoins d’incubateurs et d’instruments pour faire arriver l’innovation au marché. Des processus d’agrégation et de mise en valeur des processus  produits sont indispensables selon elle, c’est aussi de mettre en place des systèmes d’innovation. C’est aussi un problème de culture, mais de culture institutionnelle. C’est ainsi que de nouvelles connaissances vont créer de nouvelles cultures  y compris institutionnelles. D’autres questions sont nécessaires à investiguer comme celle de l’applicabilité de la technologie, qui passe par des interrogations sur les normes et les modèles de développement.

 

Pour Evablo Vilela, secrétaire adjoint de l’Etat de Minas Girais à la Science, technologie et enseignement supérieur,  il sera nécessaire de mettre en œuvre des politiques non seulement qui font en sorte qu’il y ait diffusion des connaissances dans la population mais qui aussi le garantisse.  L’essentiel est l’actualisation, de faire des avancées permanentes dans les connaissances.

 

Les universités ne sont pas capables de répondre car elles font de l’intellectualisme passif. L’université est trop hégémonique. « Il faut déstabiliser » dit  Ana Lucia Gazzolla. Ainsi, il faut reconstruire la connaissance en gérant la déstructuration précédente. C’est une transformation, pas un démantèlement, mais il s’agit de répondre aux défis de la déstabilisation graduelle.

 

Il faut transformer la culture de la spécialisation par une culture interdisciplinaire, cela passera par des débats, des débats et des débats, dit-elle…

 

Intelligence, solidarité doivent remplacer les comportements hégémoniques !

Source : Conférence d’Ana Lucia Gazzolla, directrice exécutive de l’Institut Inhotin à Belo Horizonte, le 26 juin 2009

Billaut est passé sur le billard mais il revient….

Ouf, presque deux mois sans nouvelle

mais il est là de nouveau, Jean Michel est bien vivant!

Si vous voulez en savoir plus: http://billaut.typepad.com/jm/

Bon rétablissement à mon « copain ticagitateur »

Discours de Bruno Salgues pour l’ouverture de SIANA Brésil

Bonjour,

Permettez-moi de vous remercier de votre accueil à tous, les réalisateurs de SIANA, le département de communication de l’UFMG et la compagnie de théâtre Luna Lunera, équipe Brésilienne de SIANA que j’ai appris à mieux connaître depuis mercredi matin… Mais aussi, tous nos partenaires USIMINAS, OI, Vallourec Mannesman Brésil, comite Minero de l’année de la France, Culture France, le Palais des Arts, Governo do Estado de Minas Gerais, Instituto Inhotim, Prefeitura Municipal de Belo Horizonte, sans qui SIANA n’aurait pas lieu…. Remercions aussi tous les artistes qui ont pris du temps pour SIANA Brésil. Je ne ferai pas la liste des personnes car je risquerais d’oublier quelqu’un…

Je souhaiterais remettre à l’équipe de Oi Futuro, ce cadeau, il représente l’histoire d’une norme qui s’appelle le GSM pour Groupe Special Mobile, qui est le nom original de cette technologie qui a été créé par quelques fonctionnaires entre 1981 et 1988, que l’on prenait à cette époque pour des fous et des artistes… Les grands cabinets d’audit et de conseil de l’époque prévoyaient une taille de marché de 70 000 mobiles pour l’an 2000 dans les deux grands pays européens que sont la France et l’Allemagne, ; A cette date, il y en avait 50 millions ! Une erreur totale de prévision pour ceux qui se disaient « experts en technologie » ! En 2009, 2 humains sur 3 sur la planète ont un téléphone mobile dans la poche. Quel succès pour cette technologie de fous et d’artistes !

[ Remise de l’ouvrage]

Cet ouvrage est maintenant obsolète, c’est pourquoi, il vaudra mieux le destiner au Musée de OI Futuro. Il est l’un des premiers ouvrages écrit sur ce sujet

Cet exemple me permet de donner un  des objectifs de SIANA, tracer l’avenir en faisant se rencontrer des artistes, des ingénieurs et des managers… Que les ingénieurs et les technocrates n’explorent pas seul le monde que nous prépare les technologies numériques. La force des artistes est de porter un regard critique sur ce monde.

SIANA est avant tout, un laboratoire pour le futur ! C’est aussi pourquoi je suis heureux d’être ici à OI Futuro. L’art doit ouvrir sur des réflexions, c’est le leitmotiv de Siana, faire de l’art pour définir le futur ! Doit-on alors croire en Andy Warhol « Gagner de l’argent est un art, travailler est un art et faire de bonnes affaires est le plus bel art qui soit. »
 

SIANA Semaine des Arts Numérique, dont la première édition a eu lieu en 2005, est un partenariat entre une école de management et d’ingénieurs TMSP, la ville d’Evry représentée ici par Hervé Perard, maire adjoint d’Evry et le théâtre de l’Agora, scène nationale d’Evry. SIANA a été créée avec cette volonté de rencontres, de discussions, d’échanges comme je souhaite qu’elle ait lieu ici a Belo Horizonte comme à Nanchang en Chine dans quelques mois. Le dialogue est important, pour se comprendre et il se place dans le présent. Là encore, je ne peux résister à utiliser une citation de  Pablo PICASSO, qui a été un des premiers artistes de la mondialisation présent en France, comme au japon ou au Brésil « Il n’y a en art, ni passé, ni futur. L’art qui n’est pas dans le présent ne sera jamais »

Il y a un fait important dans SIANA, c’est que les artistes expliquent leurs œuvres, c’est aussi pour cela que l’on organise des workshops ou les « élèves » apprennent à utiliser des outils, la encore, je souhaite faire la citation  d’un philosophe français, Alain, qui à  écrit dans son livre Minerve ou De la sagesse  « Le petit mot «Je ferai» a perdu des empires. Le futur n’a de sens qu’à la pointe de l’outil. Prendre une résolution n’est rien; c’est l’outil qu’il faut prendre. ». C’est l’outil numérique qu’il nous faut prendre, quitte à revisiter son imaginaire. SIANA nous a permis d’explorer les interactions entre la mobilité et la globalisation en 2007. Pour 2009, nous avons eu envie d’explorer le thème de l’imaginaire des technologies numériques, car chacun, artiste, ingénieurs et managers est porteur d’une vision du monde par le numérique…

Je terminerai ce discours par une petite blague, une citation de Paul Auster, auteur moins connu, dans son ouvrage « Moon Palace », « Une fois qu’on a goûté au futur on ne peut pas revenir en arrière ». Cet auteur né aux Etats-Unis a passé une grande partie de sa vie en France il est plus connu pour son autre ouvrage, la cité de verre, qui est l’œuvre qui parle du futur qui convient de lire…

Alors, souhaitons que SIANA, une invitation à la rencontre, une invitation à écouter, une invitation à la réflexion, soit le lieu de naissance de nouvelles technologies et que SIANA devienne aussi populaire que possible et que le Minas Girais soit un des porteurs de ce succès !