Des téléphones mobiles qui marchent aprés un crash d’avion…

La presse en parle:

http://www.huffingtonpost.fr/2014/03/11/disparition-boeing-telephones-personnes-a-bord-emettent-tonalite_n_4939571.html?utm_hp_ref=france

http://mobile.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/03/11/malaysia-airlines-le-mystere-des-portables-des-passagers-qui-sonnent-encore_4381225_3216.html

http://rue89.nouvelobs.com/2014/03/11/pourquoi-les-telephones-appartenant-passagers-boeing-disparu-sonnent-ils-vide-250584

en me citant bien sûr ….

Franc record d’affluence au Salon du livre de Souvigny !

 La bonne fréquentation du salon s’explique, certes grâce au beau temps qui régnait sur Souvigny, mais aussi par la cote d’amour permanente du livre chez la population de la région. Le besoin de lire s’est donc fait sentir. Soulignons par ailleurs, la diversité des thèmes présents cette année, à savoir le roman, la poésie, la littérature jeunesse, la science fiction, les livres d’histoire, scientifiques et politiques, qui sont à n’en pas douter à l’origine de cette réussite.

 

Beaucoup de visiteurs, surtout chez les jeunes, se sont intéressés au clown présent qui à égayé la journée en confectionnant avec des ballons des chapeaux et des objets sculptés très originaux. N’oublions pas également les peintres présents cette année, ainsi que des chanteurs dédicaçant à cette occasion leurs CD.

 

À cette veille d’élection municipale, le salon a également été le théâtre d’un ballet politique dans un climat serein et courtois. Nous remercions la mairie actuelle pour avoir organisé un apéritif à 11 h qui a contribué au succès de la manifestation.

 

Les artistes présents ont profité de cette rencontre pour resserrer des liens d’amitié et se sont engagés à être présents lors du prochain salon.

 

L’association remercie tous les partenaires de cette manifestation qui démontrent un réel dynamisme dans le domaine culturel de Souvigny.

 

À l’année prochaine !

 

 

 

À propos du Salon du livre de Souvigny  sur Allier : l’Association  « Lire avec moi «  a organisé le 9 mars un 2ème Salon du livre à Souvigny.

Contact : Catherine Monteil-Font, Association Lire avec moi, Les choux verts, 03210 Souvigny sur Allier. Par mail : katmfont@gmail.com ou par téléphone au 06 61 52 19 55

Monique-Marie Ihry et Bruno Salgues au salon du livre de Souvigny

Nous serons présent, mon épouse et moi-même au salon du livre de Souvigny Sur Allier le dimanche 9 mars 2014 a la MJC

Mon épouse y présentera principalement deux romans

Bellucio, editions du net,
http://www.leseditionsdunet.com/search.php?search_query=ihry

pour ma part, je présenterais un livre politique

Avenir d’un redressement, editions du net
http://www.leseditionsdunet.com/search.php?search_query=salgues

Voici le programme de la manifestation et les autres auteurs présents

SALON DU LIVRE
ORGANISÉ PAR LIRE AVEC MOI

Dim 9 mars 2014 de 9h30 à 18h
MJC de Souvigny (Route de Moulins)


salgues salon du livre avenir d'un redressement

L’affiche du salon du livre de Souvigny, présence de Bruno Salgues et Monique-Marie Ihry


invité d’honneur :
Stone de Stone et Charden

Les autres auteurs présents :
Alby Arielle Méli-Mélo
Gouleret Nicole Divine éclaircie
Chappe Benjamin L’exile de la princesse Bambou
Livet Sylvie J’apprends à positiver
Michaud-fievet Martine Saperlipopette et la sorcière
Cousteau Elie Le hussard flamboyant
Jeanbrau Francis Mosaïque
Blondelon Dégénération future
Blanc Marjorie Les dessous froissés
Duval Pierre Périple en terres d’Ajna
Laz Georges Pour un enfant espéré c’est vivre
Rodien Guy Maguy
Montel Annick Fleurs sauvages
Montiel-Font Catherine Le chat Ronron
Chaussidière Patrick Pauvre Bougre
Chossiere Le secret de Marie
Ihry Monique-Marie Mythomania sur le net
Salgues Bruno Avenir d’un redressement
Jean-Pierre Brinet La buse
Theys Jean Luc Première et dernière enquête

 

 

Comment faire pour retrouver la démocratie

Organiser de vrais débats

 

Pour éviter les peurs, ces outils doivent permettre d’organiser des débats où la transparence est la règle, où chacun prend une position, où l’on ne peut reprocher à quiconque d’avoir cette idée. Mais pour débattre utilement, il faut associer à ces outils de la communication et de la connaissance, d’où la nécessité de disposer d’apprentissages sur les éléments du débat. Comment débattre décemment sur le thème du gaz de schistes ou sur le repos hebdomadaire si un certain nombre d’informations ne sont pas connues ?

 

À cette nécessité du débat, il faut rajouter la revendication centrale de publicité et de transparence du pouvoir. Cette transparence du pouvoir pendant le temps de gouvernance n’est pas antinomique avec le respect de la vie privée. Ce point est assez délicat. La transparence touche les actes de gouvernance, le respect de la vie privée des hommes et des femmes.

 

De plus en plus, il apparaît nécessaire de dissocier la notion de système démocratique de celle d’État. Ce sont tout d’abord des revendications locales (catalans, basques, bretons, écossais …) ; ou bien les revendications sont liées à des re-découpage comme celui de l’ex-Yougoslavie. Mais c’est aussi une acceptation de la multiculturalité nécessaire, donc la protection des minorités. Cela signifie que la démocratie devra davantage s’exercer sur des échelons locaux.

 

La mise en place de débats est un commencement qui peut être la source d’une participation future à l’action (politique).

 

Il faut également débattre pour changer de comportement. Autrement dit, comment mettre fin à la situation où l’on a substitué « une politique du mode de vie à une politique du niveau de vie » ? (Roustang, 1982, 1987, 2002).       Est-ce une idée « écologique » ?

 

 

Avoir des actions constituantes

 

La construction de nouvelles structures de gouvernance imposera à la fois de l’harmonisation, de l’équilibre et de la liberté, tout en profitant des différences de chacun. Penchons-nous sur un exemple récent qui est celui de la relation existant entre les exigences citées. Harmonisation ou différences : un débat actuel ; le repos dominical n’est pas laïc, il est catholique ! Depuis l’époque des Romains, vers 300, ou en 1400 après J.C.[1],  selon les sources, le repos hebdomadaire est une avancée sociale d’équilibre et de liberté qui daterait de 1906 ! Désire-t-on réellement un état laïc ?

Les grands sujets

 

Nous ne traiterons ici que deux exemples : celui du genre et celui de l’organisation territoriale.

 

Homme femme : mode d’emploi

 

L’exclusion des femmes du pouvoir politique ou de certaines fonctions économiques est inacceptable. Mais à l’inverse, l’ouverture de certaines professions aux hommes n’est pas encore tout à fait réalisée. Pire, d’autres professions appartenant au domaine de la médecine et de l’éducation se féminisent à outrance. Quel sens pour un système éducatif dans lequel un étudiant arrive au Baccalauréat sans avoir eu à faire à un homme comme enseignant !

 

Organiser ensemble les territoires

 

L’agencement territorial a été organisé par les politiques. Le débat démocratique sur le territoire a été confisqué dans les PLU[2], les SCOTS[3]  et les Plans de Prévision des Risques. En ce qui concerne ces plans, le citoyen ne participe pas à leur élaboration. En revanche, pour leur validation avant adoption, il est proposé au citoyen de venir donner des idées au cours des débats, idées dont il ne sera pas tenu compte par la suite, sauf peut-être pour des citoyens regroupés ou non dans des associations et qui deviennent très bruyants ! Ils utilisent alors les mêmes méthodes que les politiques, c’est-à-dire les outils de la société du spectacle de Debord.

 

Changer de modèle politique

 

Le projet politique consiste donc à faire disparaître le triplet « Peur, Prévention, Preuve » et le remplacer par le triplet « Pulsion, Plaisir, Puissance ».

 

Pulsion

 

La formation des citoyens à la vie de la cité est depuis longtemps la clé. Mais cela passera également par un ré-enchantement, lequel sera complémentaire.

 

Plaisir

 

Il s’agit de donner du plaisir dans des territoires agréables, et donc d’en finir avec la manie d’interdire. Les villes ont bordé leurs trottoirs de plots dans le but d’empêcher les voitures de se garer. C’est que je nomme la « bittomania » et qui coûte dans certaines villes aussi cher que la construction d’une ligne de tram ! Au lieu de dépenser pour interdire, dépensons pour faire plaisir.

 

Puissance

 

Il s’agit d’utiliser la puissance de chacun, de la mettre en valeur et de mettre en avant les capacités au sens de Aymarta Sen. Cette action conduit à de nouvelles réflexions sur lien entre l’innovation et la croissance. Cela reviendra sans doute à réfléchir à de nouvelles formes de croissance qui ne sont pas seulement « pibiennes[4] », mais également relationnelles[5]. C’est la même logique que l’on retrouve dans la pédagogie de « conscientisation » du Brésilien Paulo Freire et de Monseigneur Romero archevêque de San Salvador.

 

Réorganiser le vivre ensemble : LE politique

 

Pour que cela fonctionne, il faudra organiser ou plutôt réorganiser le vivre-ensemble : le politique. Dans un premier temps, il faudra passer à des politiques positives, aux antipodes des politiques sécuritaires et des politiques fondées sur « la manie d’interdire ». Pour cela, il s’agit d’apprendre à l’école « LES politiques » pour éviter d’être obligé de mettre en place les interdictions. Puis, il faudra faire en sorte que les acteurs participent aux choix et expriment leurs volontés.

 

Prenons l’exemple des plages. Pour ces dernières,  il est possible d’imaginer des cartes qui expliquent les comportements à adopter dans différentes zones de la plage ; ainsi, les familles, les homosexuels, les naturistes, les sportifs et les amateurs de musique, pourraient profiter d’une partie de cet endroit commun et ainsi éviter l’interdiction par le biais de panneaux géants où est inscrit par exemple : « Interdit de jouer au ballon, musique interdite, … ».

 

L’organisation qui se crée est en général vécue comme subversive par la pouvoir en place. Avant la chute du mur de Berlin, les acteurs politique du capitalisme agitaient le torchon rouge du communisme. « Mais les pauvres que je viens de rencontrer au Guatemala, les Indiens misérables ne savent rien de Karl Marx. Ce qu’ils veulent c’est défendre leurs droits, leur dignité d’hommes et de femmes, leur culture, leurs terres. C’est pour cela qu’ils se sont organisés; mais le seul fait de s’organiser alors qu’ils ne disposaient jusque là d’aucun droit, est déjà subversif. En leur attribuant de plus l’étiquette de ‘communistes’ on les désigne comme ennemis.[6] »

Surveiller LA politique devenue transparente

Il s’agit de mettre en place une surveillance inversée de LA poltique. Cette surveillance de l’action des acteurs politiques n’a de sens que si la transparence existe. La « Self-gouvernance » est une approche dans laquelle on cherche à faire en sorte que les citoyens se gouvernent eux-mêmes sur certains points. Il s’agit souvent de structures nouvelles qui cherchent à répondre à un besoin. L’exemple des crèches parentales, dont l’égérie est Solange Pasaris, est assez exemplaire. Face à la pénurie des crèches publiques pour la garde d’enfant dans les villes, des citoyens se sont organisés pour garder à tour de rôle leurs propres enfants ainsi que ceux des autres. Ils se sont associés à des services émanant de professionnels de la petite enfance et regroupés sous le nom d’association des collectifs de parents et de professionnels. À ce sujet, il faut faire attention à la dérive de la co-construction sous contrainte qui est plutôt de l’ordre de la manipulation et du faux-semblant. Dans ces approches comme celles des crèches, par l’intermédiaire d’associations ou de collectifs[7], il est proposé à des citoyens de construire une solution aux problèmes qu’ils soulèvent. Cependant les contraintes sont telles que seule la solution du décideur est possible.

Organiser LA politique

 

Pour organiser LA politique, on peut le faire grâce aux nouveaux outils construits en utilisant les technologies de communications. Nous montrerons rapidement comment utiliser cette vision et ces technologies dans nos démocraties confisquées par les médias, la représentation, les attentes sécuritaires et le pouvoir de l’argent.

En utilisant les technologies de communication

 

L’évolution des systèmes techniques de communication permet de dépasser la e-democratie et la e-participation, deux approches qui sont les formes les plus fréquentes présentes dans les organisations, des villes,  des régions et des pays les plus avancés. Elle  permet également d’aller vers du e-selfgouvernement. Cette approche ne peut être limitée aux seules structures politiques, elle peut aussi être introduite dans des entreprises avec des statuts coopératifs.

 

Ce texte n’a pas pour ambition de décrire précisément la solution technique. Il faut noter en premier lieu que cela impose de s’aligner sur ce qui est devenu une nécessité, soit la coopération des individus entre eux. Il faut bien comprendre que cette coopération est en place lorsque les individus utilisent les logiciels sociaux. Nous proposons trois outils qui ne sont que des reprises de solutions déployées à l’étranger.

 

Modèle

Contenu

e-démocratie Les acteurs votent le plus souvent, non seulement pour élire des personnes, mais également pour faire des choix.
e-participation Les citoyens ou les parties prenantes contribuent à permettre les définitions des solutions.
e-selfgouvernement Les décisions sont co-produites et aussi co-administrées. 

Tableau 1 : Modèle de démocratie électronique

 

 

La e-démocratie consiste à favoriser les votes plus fréquents et par conséquent à les rendre moins coûteux.

 

Pour atteindre le e-selfgouvernement, il faudra construire une plateforme qui soit à la fois technique et citoyenne.

 

En réutilisant les expériences étrangères

Tout ceci existe dans des pays comme le Japon. Ces solutions ont été mises en œuvre suite aux tremblements de terre.

 

Tout ceci est rendu possible grâce aux technologies de l’information et seulement si les acteurs s’approprient ces dernières en termes d’usage.

 

Pour atteindre le e-selfgouvernement, il faut construire une plateforme dont l’approche se décompose, dans le cas d’une gouvernance urbaine, selon le schéma ci-dessous :

 

 

 

 

 

 

 

 

Figure 1: Modèle de plateforme citoyenne

En guise de conclusion, réfléchissons plutôt sur les dépenses publiques que sur les recettes fiscales

 

Il s’agit de répondre à une demande de connaissances et de pratiques. Prenons l’exemple suivant : Combien coûte un rond-point ? Un rond-point coûte environ 2 millions d’euros. En comparaison, équiper une classe en multimédia communicant avec des sièges confortables et des tables ergonomiques représente une somme de 100 000 euros, ce qui fait que la construction d’un rond-point équivaut à 20 classes équipables.

 

C’est peut-être pour cette raison que l’introduction de ces pratiques n’est pas ou est peu réalisée dans l’enseignement.



[1] La date diffère selon les sources utilisées.

[2] Plan Local d’Urbanisme

[3] Schéma de Cohérence Territoriale

[4] Nous entendons par là une croissance fondée sur le PIB (Produit Intérieur Brut), qui est la somme des valeurs ajoutées par les acteurs économiques et la production émanant des fonctionnaires.

[5] Je n’apprécie pas le terme de décroissance qui apparaît dans beaucoup de publications, bien que je sois en phase avec de nombreuses idées présentes dans ces approches.

[7] Il suffit de prendre garde à ce que ces collectifs ne virent pas au communautarisme et qu’ils soient donc « ouverts ».

Extrait d’une communication

6éme rencontres
Actualité de la Pensée de Marx et nouvelles pensées critiques
Les 4, 5, 6 décembre 2013 à l’Université Montesquieu (Bordeaux4)
« Demain le monde !? Horizons de civilisation »
Amphithéâtre « Manon Cormier », près de l’IEP (Sciences_Po Bordeaux)
et  le 7 décembre au 15-17 Rue Furtado à Bordeaux (Près Gare St-Jean)

L’exemple de servicisation : Komatsu

L’exemple de la société Komatsu[1] est emblématique, car il a permis à cette entreprise de devenir le leader et donc de détrôner Caterpillar.

 

Komatsu a équipé ses camions et ses pelleteuses d’équipements pour suivre les opérations à distance et permettre le management de la flotte. L’offre nommée Komtrax est une application mobile, compatible avec iPhone, iPad et les Smartphones Android. Elle permet donc de gérer à distance, de façon proactive et en tout temps, un parc d’équipements mobile de la société (camions, pelleteuses, équipements de chantier. Parmi les données relevées, notons les heures d’utilisation (SMR), la consommation de carburant, des codes d’alerte  en particulier des pannes, le suivi des déplacements  et des itinéraires, ainsi que la localisation par GPS.

 

 

 

 

Ce texte doit beaucoup a mes discussions avec Yoshio Tanaka, Professeur de dynamiques des technologies au  département du  Management des Technologie (MOT), Université des sciences de Tokyo au cours du Global Forum « Shaping the Future 2013, Driving the digital future, strategies to grow stronger communities and businesses », les 28 et 29 octobre 2013, Palazzio dei Congressi della stazione Marittima, Trieste, Italie.



[1] Komatsu est une marque déposée. Komtrax est une marque déposée de Komatsu America Corp., qui est un concessionnaire autorisé de Komatsu Ltd.

Réfléchir au pouvoir pour plus de démocratie

Réfléchir au pouvoir

 

La relation entre le pouvoir et les formes de relation

 

Machiavel et Foucault nous invitent à réfléchir à la notion de pouvoir. Le pouvoir est une relation et se nourrit de nos informations de relation.        Le pouvoir dépend de nous, il est avide des informations de positionnement que nous générons. Enfin, le pouvoir produit des informations valorisantes qui nourrissent nos peurs. Ces informations sont diffusées par les médias sous forme d’information morte dans le but de renforcer ce sentiment de peur et donc notre dépendance.

 

Cependant, le pouvoir ne survit que parce que nous acceptons de prendre part à cette relation. Or, la caractéristique des outils de communication moderne et notamment les médias sociaux, est que ces derniers sont centrés sur la relation et construits comme tels, avec des moteurs de mise en relation. Facebook, Viadeo ou Linkedin fonctionnent parfaitement de cette façon et ont l’inconvénient de ne pas nous révéler comment le moteur de relation est construit.

 

La condition : s’émanciper de la peur

 

Certaines formes de pouvoir ne peuvent survivre si les citoyens s’émancipent de la peur. C’est le cas des régimes totalitaires qui ont été combattus par des résistances. C’est également la signification de l’occupation des lieux de la démocratie comme c’est le cas en Ukraine. Une société saine est alors définie comme une société qui est capable de mettre fin à la peur pour obtenir une société de liberté et de sécurité véritable.

 

La phase de construction

 

Lorsque l’on est dans une phase de construction, il faut non seulement débattre, mais aussi comme le propose Tony et Hardt, mettre en place un processus « constituant » qui organise de nouvelles structures et institutions et rend obsolètes ou inopérants les anciens systèmes.

 

Il est urgent de mettre en place des processus de construction, ou encore, il convient de trouver des solutions car :

 

•          les pouvoirs en place ne sont pas capables d’élaborer une solution politique à la crise économique qui date de 2007 ;

•          les pouvoirs en place sont incapables de mettre en œuvre des réformes structurelles et institutionnelles, alors même que ce message est le principal message issu des agences de notation. Ces agences sont décriées tant et plus pour leur immixtion dans les actes des gouvernants et les atteintes à la démocratie, mais tous les politiques les regardent avec attention.

 

Actuellement, les mouvements observés sont limités tout d’abord à l’expression de besoins plus urgents que cohérents. Les questions du « on a faim » ou celle du « on veut du travail » dépassent l’idée de mise en place des formes de gouvernance qui seront meilleures pour les citoyens. Ensuite, l’approche de ces mouvements est plus « déstitutionelle » que « constitutionnelle ». Les mouvements veulent chasser le gouvernement en place ou instituer un vote sanction aux prochaines élections. Enfin, des associations de pouvoir associant commandement et résistance se mettent en place ; les bonnets rouges alliant le patronat breton et les ouvriers que ce patronat éjecte lui-même hors du marché du travail en est un excellent exemple. Il faut être opposé aux décisions de Sarkozy, à celles  prises par Hollande, plutôt que de réfléchir au modèle industrialiste et agro-polluant de la Bretagne actuelle et aux solutions politiques pour s’en sortir.

 

Pour ces mouvements, il faut trouver des moyens de coercition autres que le droit, ce qui est en soi et fondamentalement une remise en cause des formes actuelles de démocratique. En Ukraine, le vote démocratique a validé les choix anti-européens du Président en place. Les bretons tentent de détruire les portiques de télépéage.

 

Pour sortir de cette situation, la mise en chantier d’outils  de construction qui ont recours à des technologies de communication apparaît de plus en plus utile.

 

 

Extrait d’une communication

6éme rencontres
Actualité de la Pensée de Marx et nouvelles pensées critiques
Les 4, 5, 6 décembre 2013 à l’Université Montesquieu (Bordeaux4)
« Demain le monde !? Horizons de civilisation »
Amphithéâtre « Manon Cormier », près de l’IEP (Sciences_Po Bordeaux)
et  le 7 décembre au 15-17 Rue Furtado à Bordeaux (Près Gare St-Jean)

Les points clés de la servicisation

Nous traiterons dans cette partie des points clés de la servicisation ainsi que des évolutions actuelles dans ce domaine.

 

 Visualisation et virtualisation

Les deux points principaux de la « servicisation » sont la visualisation et la virtualisation qui sont deux techniques liées aux technologies de l’information et de la communication.

 

La virtualisation qui était impliquée dans le processus de « servicising », n’est pas suffisante pour mettre en place une servicisation. Il faut disposer aussi de processus de visualisation et de gestion des données, ce dernier processus se décompose en des technologies de « data mining » et des technologies de fourniture de contenu. Nous ne discuterons pas ici la différence de logique que l’on voit naître entre « Open data », « Big data » et « Long-life data ».

 

 

 Les Évolutions récentes

 

Pour développer la « servicisation », les Japonais ont créé un groupe d’étude avec des industriels, des consultants, des universitaires et des membres des administrations autour de l’Université de Technologie de Tokyo. L’idée est de réfléchir au sujet de comment faciliter l’innovation.  Ce groupe a conclu à l’importance du développement des Technologies de l’information et de la communication (TIC) ainsi que de celui de leurs infrastructures associées. La Commission européenne s’est également intéressée à ce sujet.

 L’Université de technologie de Tokyo

 

L’approche proposée par l’Université de technologie de Tokyo est enseignée dans deux Masters. Elle se décompose en trois blocs de formation :

 

-       Management de la technologie et de sa dynamique

-       Management de la propriété intellectuelle

-       Management des affaires et économie industrielle

 

Le projet SPREE

 

La Commission européenne a financé le projet SPREE (Servicizing Policy for Resource Efficient Economy) dans le cadre du Seventh Framework Program (FP7), projet qui consiste à analyser comment passer d’une société de vente de biens à celle d’une fourniture de services. Une des conclusions de ce groupe est de constater le rôle vital des infrastructures ainsi que leurs normalisations.

 

Ce texte doit beaucoup a mes discussions avec Yoshio Tanaka, Professeur de dynamiques des technologies au  département du  Management des Technologie (MOT), Université des sciences de Tokyo au cours du Global Forum « Shaping the Future 2013, Driving the digital future, strategies to grow stronger communities and businesses », les 28 et 29 octobre 2013, Palazzio dei Congressi della stazione Marittima, Trieste, Italie.

De l’information-relation à l’information vivante en démocratie

 

Différents types d’information doivent être mis en œuvre pour procéder à la mise en place des outils électroniques de la démocratie. Chacune d’entre elles dispose de caractères particuliers.

 

Information de relation

 

Comme il a été observé dans les révolutions arabes, la nouvelle société est a-territoriale, mais elle propose des heures et des lieux de « regroupement ». Les outils électroniques ont permis la création de ces relations. Force est de constater que les hommes politiques essayent de casser les liens, dans le seul objectif de se maintenir au pouvoir, souvent sous le couvert de la sécurité. L’outil électronique sert  à générer une information de relation.

 

Information de positionnement

 

Dans un premier temps, les mouvements en question ont vu la nécessité de reconstruire ou de reconquérir des lieux. Malheureusement, ce sont le plus souvent des points focaux. Il s’agit alors de mettre en œuvre des informations de positionnement. Ce type d’information fait l’objet d’un débat important dans le sens où ces outils permettent une traçabilité, traçabilité liée au fait que se sont des outils d’inscription comme le propose Ferraris.

 

Information valorisante

 

Dans un deuxième temps, il faut en finir avec le mythe de la bonne gestion. Le bon déficit des finances publiques proposé « au nez » et « au doigt mouillé » d’un fonctionnaire devra être réexaminé ou disparaître[1]. Le débat actuel sur les « déficits » est intéressant car il s’agit en outre d’une bonne gestion imposée… Les indicateurs de bonne gestion sont le signe de réussite lorsque les objectifs sont atteints. Les questions sont alors, simples. Au titre de quoi ? De qui ?

 

 

Guy Abeille, chargé de mission issu de l’Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique (ENSAE) raconte comment il a été l’inventeur de ces 3 %. Il travaillait à l’époque au ministère des Finances, dans l’aile Richelieu du Palais du Louvre, et son chef de bureau était  Roland Galouzeau de Villepin[2] (ENSAE, lui aussi). Fin 1981, il a été chargé avec son chef de bureau par François Mitterrand d’établir un critère économique utilisable dans ses discours.  Il avoue que cette règle ne repose sur aucune théorie économique mais permettait à François Mitterrand de faire barrage à des ministres trop dépensiers. Selon une de ses interviews, « on a imaginé ce chiffre de 3 % en moins d’une heure, il est né sur un coin de table, sans aucune réflexion théorique. Mitterrand avait besoin d’une règle facile qui puisse être opposé aux ministres qui défilaient dans son bureau pour lui demander de l’argent. [...] On avait besoin de quelque chose de simple. 3 % ? C’est un bon chiffre, un chiffre qui a traversé les époques, cela faisait penser à la Trinité ». Dans un article publié sur La Tribune en 2010, ce même Guy Abeille avoue qu’ « en aucun cas il n’a titre à servir de boussole ; il ne mesure rien : il n’est pas un critère ». Dans une autre interview citée par Atlantico « 1 % aurait été trop maigre, 2 %, trop ‘plat’, ‘tandis que trois est un chiffre solide’ », précise la Tribune. Ce taux, ainsi sorti d’une soirée de réflexion  est entré dans les critères du traité de Maastricht en 1992.

 

Pour en savoir plus : http://www.atlantico.fr/pepites/deficit-public-regle-3-est-coup-soir-496410.html#v0Gpw3kJkS8olVjs.99

 

Encadré 1: Origine de la règle des 3 %

Parmi les actes des gouvernants, ce sont assurément les choix d’infrastructure qui s’avèrent être les attentes les plus fortes.  Bien souvent, le citoyen observe la mise en place de solutions qui ne lui conviennent pas sans avoir d’action possible. Le plus délirant, ce sont les panneaux qui ont été placés à côté de ces travaux en cours sur lesquels on peut lire : « Pour améliorer votre sécurité, le … limite votre vitesse », ou encore « Pour améliorer vos trajets quotidiens, nous supprimons la seconde voie », ou bien par ailleurs « On travaille pour votre qualité de vie : aménagement du cimetière ». Ces phrases exaspèrent le citoyen qui a souvent le réel sentiment d’être pris pour un imbécile.

 

L’information valorisante, celle issue des gouvernants et du management n’est pas la seule qu’il s’agit de produire. Ce terme d’information valorisante est proposé par Romano Alquati et désigne une forme d’information descendante, laquelle renvoie aux panneaux évoqués précédemment et qui en font partie.

 

Information morte versus information vivante

 

Matteo Pasquinelli nous propose de faire la distinction entre l’information vivante –  information qui doit être transformée – et l’information morte qui est cristallisée dans les machines et les procédures. Les médias traditionnels comme la presse et la télévision produisent essentiellement de l’information morte. Le médiatisé est gavé d’informations mortes, elles le suffoquent et l’empêchent de produire de l’information vivante. L’enjeu des formes nouvelles de démocratie utilisant l’électronique est de mettre en avant, puis d’utiliser et valoriser cette information vivante, sans aboutir à une société de surveillance encore plus forte.



[1] C’est notamment le cas pour la règle des 3 % imposés au niveau européen.

[2] Il s’agit du cousin de Dominique de Villepin, homme politique plus connu.

 

Extrait d’une communication

6éme rencontres
Actualité de la Pensée de Marx et nouvelles pensées critiques
Les 4, 5, 6 décembre 2013 à l’Université Montesquieu (Bordeaux4)
« Demain le monde !? Horizons de civilisation »
Amphithéâtre « Manon Cormier », près de l’IEP (Sciences_Po Bordeaux)
et  le 7 décembre au 15-17 Rue Furtado à Bordeaux (Près Gare St-Jean)

EMS, ODM, « fabless », …..non non, ce n’est pas des fables mais de la réalité

Enterprise Manufacturing Services

 

Les Enterprise Manufacturing Services (EMS) se sont développées avec la croissance de la logique « fabless » ou entreprises sans production dont le promoteur français a été Serge Tchuruk.

 

   Le « fabless »

 

Le terme « fabless » a été lancé en juin 2001 par Serge Tchuruk. Dans une conférence organisée par le Wall Street Journal, le numéro un d’Alcatel[1] lance le terme « fabless » pour évoquer le futur de son entreprise. Cette contraction des termes anglophones « fabrication » et « less » (traduit en français par ‘sans’) avait alors surpris et avait été qualifiée de « bombe ». Ce concept d’entreprise sans usine qui a eu son heure de gloire est remis au goût du jour actuellement.

 

La logique « Fabless » a été décriée et présentée comme une façon déguisée d’éviter aux grands groupes de licencier des salariés. En ce qui concerne Flextronics, l’unité de fabrication des téléphones mobiles Alcatel située à Laval (Mayenne) en France a été vendue en 2001 à Flextronics. Cette unité comptait alors 830 salariés. La décision de fermeture du site a été présentée au comité d’entreprise en octobre 2005, les licenciements se sont achevés au cours de l’année 2006. L’ancienne usine de Matra, devenue Nortel-Matra, puis Nortel à Châteaudun, a finalement été reprise par Flextronics en août 2005. Jabil a repris la production des PABX Alcatel en Europe et a fait l’acquisition en 2002 du site industriel de Brest qui comptait 1 200 personnes, l’usine n’avait plus quant à elle que 185 salariés.

 

  Les ODM

 

Les Original Design Manufacturer (ODM)  réalisent des activités de conception, validation, distribution et/ou service après-vente. Plus récemment, les EMS proposent souvent en complément leurs services. Certains EMS ayant fait le choix de devenir des ODM sont devenus des « marques propres » ou à part entière ; citons notamment les deux entreprises taïwanaises ACER (informatique) et HTC (téléphones mobiles).

 

 Les EMS de l’électronique

 

En ce qui concerne les Enterprise Manufacturing Services (EMS), elles se sont développées dans l’électronique du fait de la montée en puissance de l’Asie dans ces domaines. Dans ce cas, les EMS sont des Electronic manufacturing services (EMS). On en distingue deux sortes :

 

- elles fabriquent seulement des circuits imprimés (Printed Circuit Board Manufacturer  du nom anglais de PCB (Printed Circuit Board) ou circuits imprimés ,

- elles produisent de l’assemblage de circuits imprimés et des  sous-ensembles (PCBA, A pour Assembly). Les donneurs d’ordre sont alors nommés Original Equipement Manufacturer (OEM).

 

Actuellement, ces sociétés d’électronique constituent un élément  important des filières de production utilisant l’électronique.

 

 

 

 

Les « Electronic Manufacturing Services » les plus connus sont :

 

Actia Group

All Circuits (issu de MSL et de l’activité EMS de Sagem Communications)

Asteelflash (France)

Benchmark Electronics

Celestica

Enics (Suisse)

Eolane (France)

Flextronics (qui a racheté Solectron)

Jabil

Hon Hai Precision Industries (ou encore Foxconn), le leader

Lacroix Electronics (numéro trois  français)

New Kinpo Group

Plexus

Sagem Industries

Sanmina-SCI

Selha

Shenzhen Kaifa Technology

Tronico

Universal Scientific Industrial Co., Ltd. (USI)

VIDEOTON Holding (Hongrie)

Zollner Elektronik Group (leader Allemand)

 

Encadré  : Les EMS

 


[1]  Alcatel, devenue Alcatel-Lucent depuis sa fusion avec l’américain en 2006, a certes conservé des usines, par exemple à Eu (Normandie) ou Calais (Nord). La société comptait 80 000 salariés dans le monde, contre plus du double en 1995 avant le plan.

Les tentatives de solution pour maintenir la démocratie

Nous nous proposons de regarder les conséquences des beaux discours sur la démocratie participative, mode de démocratie associé ou non à des technologies modernes de communication. Nous nous situons ici dans la lignée de Guy Debord, lequel, dans son essai Commentaires sur la société du spectacle, met en avant l’arrivée d’un « spectaculaire » intégré qui est le mélange du spectaculaire diffus (démocraties occidentales) et du spectaculaire concentré (stalinisme, fascisme et nazisme). Ce ne serait que l’aboutissement d’un capitalisme qui est la mise en œuvre de la légitimation d’une vision unique de la vie via des outils de communications (Debord, 1988).

La démocratie participative en échec

 

L’échec tout relatif de la démocratie participative est à mettre en parallèle avec l’explosion des discours qui l’on accompagnée. Une des raisons de cet échec a été la difficulté ou l’absence de volonté pour mettre en place les outils associés. Une autre raison est qu’elle répond peu aux attentes des citoyens et se faufile dans les mythes de la démocratie. Le psychologue Hervé Bokobsa y retrouve la peur, la prévention et la société de la preuve (Bokobza, 2006, Salgues, 2013). La peur est à l’origine de cette société sécuritaire qui fait l’essentiel du contenu des médias, la peur est fondée sur des impressions, des suggestions. La prévention consiste alors dans la mise en place de moyens de sécurité. Notons cette vérité patente, la vidéo-surveillance n’empêche pas les crimes ; elle les déplace, ou facilite la vie des policiers par le biais d’une hausse du taux d’élucidation. La preuve est attendue mais elle fait l’objet de deux « malheurs ». Ou elle n’arrive jamais, mais ce n’est pas grave aux yeux de ceux qui détiennent le pouvoir, car l’action est mise en place ; ou bien elle existe mais elle est dévoyée. L’affaire du Médiator est typique de l’échec de l’État dans le domaine de la santé publique. Les règles sont respectées. Il faut prouver que le médicament est utile, c’est un fait ; et ensuite, si des acteurs en détournent son usage, qu’advient-il ?

 

L’e-sollicitation

 

L’évolution des systèmes techniques de communication permet de mettre en place une e-sollicitation qui est l’avancée la plus fréquente des organisations, des villes,  des régions et des pays les plus avancés. À la fin des années 90, les exemples de Thouars et d’Agde ont été les plus décrits dans la presse. Il s’agit de mettre au point et d’utiliser des outils de dialogue orientés du citoyen vers les gouvernants. Là et hélas, le syndrome de l’ampoule grillée a frappé ! Les Maires n’ont pas été réélus et les fonctionnaires locaux ont été décriés.

 

Qu’en est-il ? Un citoyen qui s’aperçoit qu’une ampoule ne s’allume plus dans un réverbère situé dans la rue considère que ce fait est plus important pour lui que le débat et les choix politiques en cours. Il fait remonter cette information importante pour sa vie locale via le site de la Mairie ou de la Collectivité territoriale. Malheureusement, elle n’aboutit pas à la bonne personne, cette dernière avertit le bon service, lequel envoie le « bon de réalisation » au prestataire[1] choisi par les élus qui répare la dite lampe dans un délai certes raisonnable,  mais non immédiat. C’est ce délai que le citoyen espérant avoir une réponse immédiate à sa demande n’accepte pas et cela conduit à la sanction de l’élu et à de vives critiques auprès des fonctionnaires ! Le début de la transparence n’a pas été couronné de succès. Par ailleurs, l’exemplarité de l’action du Maire d’Agde menée auprès des gitans alors qu’il tentait de leur inculquer des règles de vivre-ensemble et de les former a été vivement critiquée par l’opposition de l’époque, comme si l’opposition désirait que cette population reste dans le registre des parias. Cette transparence révèle des hypocrisies et du non-dit, lesquels sont eux-mêmes parfois et malheureusement la source de la mise en place d’autres formes de politique ou de réglementation que nous aborderons par la suite (exemple de la « bittomania urbaine[2] », ou encore de la montée d’extrémisme.

 

L’État-procédure

 

Le mythe de la « e-democratie » s’est vu transformé par l’État créateur des procédures. Chaque gouvernement nous annonce la simplification de la vie administrative par des procédures informatisées. Cela fonctionne, si et seulement si vous rentrez dans les cases. Ces dernières masquent des actions non démocratiques et sont très utiles pour le maintien de structures ou d’hommes au pouvoir. D’autant plus que dans ce cas, ce n’est pas le gouvernant qui va faire une erreur mais la machine. Citons également ce système qui permet d’accueillir des entreprises performantes mais dont il faut,  pour l’utiliser ce dispositif, disposer d’un code SIRET, ce qui exclut de fait les autres entreprises européennes. Signalons aussi dans le même registre, l’impossibilité pour les entreprises ne disposant pas d’un établissement en France de répondre à des appels d’offre européens lancés par notre pays, ou bien encore le rejet systématique par les administratifs des réponses dans lequel apparait un citoyen européen  non français car leur logiciel ne sait pas les traiter[3] !

 

Les outils techniques associés permettent de donner du pouvoir à des personnes de faible niveau. L’exemple des agents de sécurité dans les aéroports en est l’un des exemples les plus pertinents. Ces outils techniques permettent de passer du statut de gouvernement à des actions réalisées par les sociétés privées[4].  Ils transforment la relation avec le citoyen en « gestion », ce qui conduit parfois au pire : la marchandisation.

 

À ceci s’ajoute l’utilisation par la société consumériste de la peur à des fins commerciales. Signalons la phrase de Zygmunt Bauman qui affirme que le consumérisme se fonde sur un désapprentissage. Illustrons-là par le biais de l’exemple suivant. Il s’agit d’une agence immobilière du Sud de la France qui construit des lotissements avec gardien et services payants de sécurisation et annonce dans sa plaquette et sa publicité urbaine de 4 mètres sur 3 : « Il faut bien lutter contre la démission de l’État qui ne protège pas ses citoyens ». Beau programme !

 

L’État adore la procédure et l’informatique sait (mal) faire, donc tout va bien !

 

Comment utiliser la vision de Toni et Hardt dans nos démocraties confisquées par les médias, la représentation, les attentes sécuritaires et le pouvoir de l’argent ? Bien entendu, dans le but de faire autrement. Cela impose que l’on  s’aligne sur ce qui est devenu une nécessité, soit la coopération des individus entre eux. Les citoyens utilisent les réseaux pour eux, pour leurs relations. Facebook, etc. sont des outils vedette en la matière.

 

La  réalisation reste complexe. Il s’agit de modifier le rôle des médias d’une part. Autrement dit, comment dissocier le pouvoir normatif des médias des autres formes de leur pouvoir ? Sinon, le citoyen va se trouver en face du message suivant : « Tout le monde fait cela, pourquoi pas toi ? », ce qui contribuera à revenir à l’individualisme néolibéral d’une armée de pingouins-hommes aux ordres des injonctions marchandes et gouvernementales. Ensuite, il faut lutter contre ce que Negri et Hardt nomment le pouvoir répressif, celui qui est souvent issu des attentes sécuritaires.

 

Pour cela, il faut concevoir une théorie de l’évasion. Les technologies de sécurité nous rendent visibles, donc vulnérables. D’où la nécessité de se rendre invisible, d’où les débats sur l’identité numérique, laquelle a été immédiatement mise sur la table par les politiques libéraux qui désirent mettre en place des interdictions.



[1] La réduction du nombre de fonctionnaires à souvent conduit à la disparation du fonctionnaire, employé payé au minimum qui faisait ce travail. Il a été remplacé par une entreprise privée qui en général agit sur bon  de commande. À titre d’exemple, La ville de Sète vient de signer un Partenariat Public Privé (PPP) avec le groupement Citelum-Sogetralec pour la gestion et la modernisation de l’éclairage public. Le coût total pour la ville est de 58 723 700 € TTC à rembourser sur vingt ans, à raison de 2,5 millions d’euros par an dont environ 1,5 millions de matériel et 1 millions d’emplois, ce qui correspond en coût complet à environ l’emploi de 20 fonctionnaires.

[2] Il s’agit d’installer des plots ou bittes d’amarrage sur les trottoirs et d’autres lieux afin d’empêcher les véhicules de passer ou de se garer.

[3] Les logiciels informatiques de marché public imposent aux personnes physique l’introduction de leur numéro de sécurité sociale et elle refuse par exemple et par conséquent le numéro d’identification d’un habitant du pays car son numéro ne commence pas par 1 ou bien 2 !

[4] Le nombre de ces agents privés est tenu secret officiellement, et ce pour des raisons de sécurité. Le nombre révélé pendant la grève de décembre 2011 serait de 10 000 agents. Selon un rapport de 2006 (www.aeroportsdeparis.fr, Sûreté aéroportuaire intitulé « La qualité au service du client », 20 avril 2006), à Roissy, 180 personnes employées du groupe Aéroport de Paris en assurent la coordination.

 

Extrait d’une communication

6éme rencontres
Actualité de la Pensée de Marx et nouvelles pensées critiques
Les 4, 5, 6 décembre 2013 à l’Université Montesquieu (Bordeaux4)
« Demain le monde !? Horizons de civilisation »
Amphithéâtre « Manon Cormier », près de l’IEP (Sciences_Po Bordeaux)
et  le 7 décembre au 15-17 Rue Furtado à Bordeaux (Près Gare St-Jean)